Assemblée générale du CGAAER sur le bien-être animal
L'assemblée générale du CGAAER réunie le 7 février dernier était consacrée au bien-être animal.

ANSES
Didier Guériaux, membre du CGAAER, a introduit l'assemblée générale du CGAAER avec l’avis de l’ANSES de 2018 qui pose une première définition du bien-être animal. Si, au travers de la notion de protection animale, l’homme a bien géré la sensibilité physique de l’animal, la conscience de ce dernier (ou sensibilité psychique) est-elle suffisamment prise en compte par l’élevage et, notamment, l'élevage intensif ?

Francis Wolf, philosophe et professeur émérite à l’ENS, a décrit une évolution « animaliste » de la société sous l'effet, en occident, d'une moindre influence des religions monothéistes (l’homme n’est plus positionné entre dieux et animaux), l’écroulement des utopies révolutionnaires et la science du XXIe siècle (siècle de la biologie). Après avoir précisé les limites entre les abolitionnistes (végans) et les partisans du bien-être animal (et de l’écologie en général), il a développé le fait que les animaux ne sont pas porteurs de droit mais que l’homme a des devoirs envers eux dans le cadre d’une réciprocité relative des relations.

Alain Boissy, directeur du Centre national de référence en bien-être animal et directeur de recherche à l’Inra, a souhaité « objectiver la subjectivité des animaux. Les liens entre émotion et cognition sont réels, ce qui nécessite de tenir compte du point de vue de l’animal pour comprendre son bien-être. Après avoir rappelé les éléments constitutifs des « cinq libertés » et de l’avis de l’ANSES de 2018, il a développé les approches de la mesure du bien-être animal en élevage. Il a aussi évoqué les limites actuelles de la science, notamment l’étendue des contenus de conscience qui restent à explorer, en fondant beaucoup d’espoir dans le développement des nouvelles technologies et de l’informatique.

Loïc Evain, chief veterinary officer (CVO) et directeur-général adjoint de la DGAL, a présenté les stratégies européennes et françaises en matière de bien-être animal, en particulier la stratégie nationale initiée en 2016 et qui associe toutes les parties prenantes (hors abolitionnistes).

Viviane Moquay, présidente de la section « Alimentation et santé » du CGAAER, a conclu l’assemblée générale en présentant les travaux récents et en cours au CGAAER (abattage sans étourdissement, surveillance vidéo en abattoir, gestion de la douleur en élevage) avant de conclure les travaux en indiquant que le respect du bien-être animal, au même titre que la réduction de l’usage des produits phytosanitaires, est un enjeu de société majeur pour l’agriculture du XXIe siècle.