Amandine Muret Béguin, céréalière engagée dans la promotion de l’agriculture française
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Pour Amandine Muret Béguin, l’agriculture est une histoire de famille. Après un détour par l’enseignement agricole, la jeune femme a rejoint son frère sur les terres cultivées par ses grands-parents, puis son père et son oncle, à Sailly (Yvelines). Interview de la céréalière – présidente depuis un an des Jeunes agriculteurs (JA) Île-de-France ouest – qui témoigne de son parcours et de la place des femmes dans un métier longtemps perçu comme masculin.

Quel regard portez-vous sur votre parcours ?

C’est un projet qui a mûri au fil du temps. L’agriculture, c’est une histoire de famille. Mes grands-parents étaient déjà agriculteurs. Pour autant, je me suis toujours dit que ce serait mon frère, le garçon de la famille, qui reprendrait l’exploitation de mes parents. Je me suis donc orientée vers le para-agricole.

Après un baccalauréat agricole en sciences et technologies de l'agronomie et du vivant (STAV) au lycée agricole de Sully (Magnanville), j’ai effectué un BTSA productions végétales dans le même établissement, puis une licence professionnelle en management des organisations agricoles, à l’Institut universitaire et technologique de Brest. Au fil de mes stages, je me suis rendue compte que j’étais parfaitement capable de me lancer en tant qu’agricultrice... sans pour autant sauter le pas aussitôt.

Pendant dix ans, j’ai enseigné l’agronomie au lycée de Sully (Magnanville). Peu à peu, j’ai commencé à parler de mon projet d’installation et j’ai été soutenue par ma famille. C'est ainsi que j'ai rejoint mon frère sur l'exploitation familiale en 2017. Nous produisons du blé, de l’orge, du colza, des pois…

Mon mari, également agriculteur, est en cours d’installation en polyculture. Au mois de mai, notre projet de circuit court va voir le jour : les clients pourront venir chercher directement sur la ferme des pommes de terre et autres produits grâce à un système de casiers automatiques.

Comme vous, de nombreuses femmes sont à la tête d’exploitations agricoles et ont des responsabilités syndicales. Que constatez-vous ?

Il est primordial que les femmes lèvent les interdits qu’elles se posent, comme cela a été mon cas, pour concrétiser leurs projets d’installations.

Mon activité aux Jeunes agriculteurs m’a permis également de me rendre compte que les femmes étaient de plus en plus nombreuses à accéder au rôle d’exploitantes agricoles. 

Il y a encore beaucoup moins de femmes dans le milieu céréalier que dans celui de l’élevage. Pour autant, la profession se féminise de plus en plus, grâce notamment aux innovations techniques et au matériel qui facilitent les tâches physiques.

Les femmes ont toujours été présentes dans l’agriculture, mais elles n’avaient pas de statut, de rang sur l’exploitation, et n’étaient donc pas comptabilisées.

Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier ?

Avant tout, c’est un métier d’extérieur qui varie en fonction des saisons : semi, récolte…

Toutes les années sont différentes avec leurs aléas climatiques. Chaque jour, le cours des céréales change. Nous sommes constamment obligés de nous adapter.

Par ailleurs, je rencontre de nombreux professionnels dans le cadre de mes activités de syndicat. J’apprécie tous ces échanges, d’apprendre sans cesse de nouvelles choses. Mes fonctions de présidente des Jeunes agriculteurs Île-de-France ouest me permettent de valoriser au quotidien l’agriculture française.

L’agriculture offre des métiers tellement riches qui requièrent beaucoup de connaissances. Pour moi, c’est le plus beau métier du monde. Il faut croire en nous et en toutes les personnes qui pratiquent l’agriculture, aider à l’installation des jeunes. Les agriculteurs sont formés, ils savent de quoi ils parlent. C’est un métier de passion.