Adapter les essences d’arbres au changement climatique
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Face à des épisodes plus fréquents de sécheresse, la forêt doit s’adapter. L’Office national des forêts travaille étroitement avec la recherche, notamment sur les questions de densité et de composition des peuplements.

Le changement climatique bouscule les conditions de vie des arbres : les périodes de végétation s’allongent, les arbres sont confrontés à des attaques parasitaires, à des risques d’incendies ou de tempêtes. Les agents de l’Office national des forêts (ONF) travaillent à adapter les forêts publiques françaises au changement climatique. La gestion forestière s’est rapprochée de la recherche pour réfléchir à l’adaptation du peuplement en place et à l’installation d’une forêt plus résiliente pour demain.

L’ONF identifie aujourd’hui deux leviers de progrès : la densité de peuplement et sa composition.

  • Avec moins d’arbres, plus espacés, la pression exercée par le peuplement sur la ressource en eau diminue, ce qui a pour conséquence d’améliorer le bilan hydrique du végétal.
  • En associant des espèces avec des sensibilités différentes, la forêt augmente sa résilience face à des événements climatiques extrêmes, diminuant ainsi le risque d’une chute brutale de productivité.

En forêt de Verdun, une expérience de migration assistée

Le projet Giono est une expérience de migration assistée. Des graines de diverses provenances sont sélectionnées dans le sud de la France pour germer à la pépinière de Guémené- Penfao (Loire-Atlantique), et enfin être plantées en forêt de Verdun (Meuse).

Présentée à Paris en 2016 lors de la COP 21, cette démarche entend lutter contre la disparition des espèces menacées par le réchauffement climatique, en sélectionnant notamment des chênes et hêtres du sud de la France, exposés en première ligne au changement climatique, mais aussi adaptés à des conditions plus chaudes et plus sèches, pour les replanter plus au nord en forêt de Verdun (Meuse). L’analyse du comportement des 700 arbres plantés issus de graines récoltées permettra de mieux déployer la migration assistée de peuplements méridionaux.

Dans le Grand Est, tester des espèces plus résistances

Une expérimentation est conduite sur le sapin Bornmuller : elle vise à détecter les espèces susceptibles d'opposer une plus forte résistance et une meilleure résilience au changement climatique. Un groupe opérationnel piloté par l'ONF, en partenariat avec la délégation régionale du Centre nationale de la propriété forestière (CNPF) et les communes forestières, entend tester des essences distinctes de celles qui sont actuellement gérées dans les forêts de la région.