Séminaire des plateformes d’épidémiosurveillance, le 22 mars 2022
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30 mars 2022 Info +

Séminaire des plateformes d’épidémiosurveillance, le 22 mars 2022

Le 22 mars 2022 s’est déroulé, dans le cadre de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, le séminaire sur les Plateformes d’épidémiosurveillance mises en œuvre en France par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Ce séminaire organisé à Paris a été l’occasion de présenter ces espaces collaboratifs multi-partenariaux dédiés respectivement à la surveillance épidémiologique en santé animale (Plateforme ESA), à la surveillance épidémiologique en santé végétale (Plateforme ESV) et à la surveillance de la chaîne alimentaire (Plateforme SCA).

Les Plateformes contribuent à l’efficience de la surveillance épidémiologique sur notre territoire pour une meilleure prévention des risques sanitaires, depuis la production primaire jusqu’au consommateur. Au travers d’un contrat One Health, les partenaires des trois Plateformes* s’engagent dans un objectif de surveillance plus intégrée et contribuent ainsi à renforcer une approche globale de la santé, à l’interface entre celle des animaux, des plantes, de l’Homme et de leur environnement.

Cette journée, réunissant un ensemble d’acteurs européens et français, publics et privés, partenaires ou non des Plateformes, s’est déclinée en trois temps.

La première séquence a été consacrée à l’illustration des travaux des Plateformes menés dans une approche collaborative ; surveillance des virus influenza porcins, du dépérissement de la vigne ou encore surveillance des Salmonella en filière de production de fromages au lait cru.

La table ronde qui a suivi a permis d’apprécier dans quelle mesure, par leur mode de gouvernance et leur organisation, les trois Plateformes contribuent à la démarche « Une Seule Santé ». Les panelistes de différents secteurs d’activité ont dressé de belles perspectives ; développer l’approche par unité épidémiologique afin de ne pas se contenter d’une approche par maladie ; continuer à décloisonner les secteurs d’un point de vue méthodologique en s’inspirant des expériences et concepts développés dans les autres secteurs ; s’intéresser au compartiment eau de façon transversale entre les santés environnementale végétale, animale et  humaine ; enrichir l’approche pluridisciplinaire avec celle des sciences sociales pour, par exemple, mieux prendre en compte la dimension d’acceptabilité sociétale des dispositifs de surveillance.

La seconde séquence du séminaire a permis de découvrir d’autres organisations en matière de surveillance au sein des États membres ; la surveillance de la santé animale et des zooanthroponoses en Allemagne, le système de partage inter sectoriel des données pour une meilleure surveillance de la santé publique aux Pays-Bas ou encore la surveillance de la bactérie Xylella fastidiosa dans la région des Pouilles qui s’attaque aux végétaux. Une table ronde réunissant des partenaires français et européens institutionnels et privés, a ensuite relevé les enjeux et les intérêts d’une organisation multi-acteurs qui permet de mutualiser les expériences, les données et les coûts pour améliorer l’efficience de la surveillance sanitaire.  Le partage de données qualitatives entre acteurs nécessite une gouvernance adéquate afin de faire advenir l’approche FAIR de la donnée ; repérable, accessible, interopérable et réutilisable. La flexibilité des dispositifs de surveillance et leur capacité d’adaptation à la détection d’émergences a aussi été mise en avant. La formation des acteurs, ainsi que le coût de l’intelligence collective ont été objet de discussions, la collaboration nécessitant le financement de structures de coordination solides et pérennes. 

Enfin, au travers d’une discussion sur la surveillance de demain, les besoins du terrain ont été exprimés et ont sollicité des réponses parmi les panelistes porteurs de projets de recherche européens ; la recherche offre des perspectives en matière analytique pour disposer d’outils plus rapides et moins coûteux pour la détection des agents pathogènes ou des contaminants ; différents travaux permettent également de mieux prioriser, dans le temps et dans l’espace, les objets à surveiller.

La Commission européenne a conclu ce séminaire par un fort message d’encouragement pour une surveillance sanitaire reposant sur la responsabilisation de tous les acteurs, comme le permet la gouvernance originale des Plateformes d’épidémiosurveillance.

*autres ministères, organismes de recherche, agences sanitaires, instituts techniques, organisations professionnelles, laboratoires

Les présentations sont disponibles sur les sites des Plateformes :