Qu'est-ce que la bactérie Xylella fastidiosa ?

La bactérie Xylella fastidiosa est une bactérie mortelle pour près de 200 végétaux parmi lesquels l'olivier, l'amandier, la vigne ou encore le chêne et la lavande. Elle se propage grâce à un insecte vecteur et a été détectée pour la première fois en Europe en 2013, d'abord en Italie, puis en Espagne et en France et très récemment au Portugal. Anne Chan-Hon-Tong, en charge de la santé des végétaux au sein du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, nous explique comment se propage cette bactérie et quelles sont les mesures de protection mises en œuvre par les pouvoirs publics.

En France, la bactérie est présente dans deux régions. Tout d'abord, en Provence-Alpes-Côte d'Azur où la bactérie sévit dans une zone littorale qui couvre environ 24 communes. Il s'agit d'une zone très urbanisée dans laquelle les services de l'Etat mettent tout en œuvre pour son éradication. Cette zone, délimitée en PACA, a très peu progressé ces dernières années. Ce qui est très encourageant vis à vis des mesures qui sont aujourd'hui mises en œuvre.

En Corse, la bactérie est largement disséminée dans toute l'île et on considère aujourd'hui que son éradication n'est plus possible. L'objectif est donc maintenir l'équilibre de l'écosystème tout en préservant une activité économique. L'objectif est également de prévenir l'introduction de souches différentes de la bactérie qui ne sont pas aujourd'hui présentes en Corse et pourraient occasionner des dégâts plus importants.

Enfin, le dernier objectif est de prévenir la dissémination de la bactérie dans le reste du territoire de l'Union Européenne. Par exemple, lors des voyages internationaux, il est interdit de faire voyager, dans ses bagages, des végétaux sensibles à la bactérie.

Comment les pouvoirs publics limitent sa propagation ?

Les mesures à mettre en œuvre sont encadrées par un texte européen. En France, ce sont les services de la protection des végétaux qui sont responsables de la mise en œuvre de cette décision. Ils vont ordonner l'arrachage de l'ensemble des végétaux sensibles à la bactérie autour d'un végétal contaminé, dans les 50 mètres autour de ce végétal. Ils vont également effectuer une surveillance renforcée de l'ensemble de la zone et contrôler les mouvements des végétaux vers les zones qui sont indemnes. Il y a également des contrôles stricts dans les points d'entrée en France et en Europe des végétaux sensibles à cette bactérie. Aujourd'hui, plus de 48 000 prélèvements ont été réalisés et analysés depuis 2015.

Actuellement, grâce à la mobilisation de tous, la maladie ne progresse pas. La vigilance du grand public reste primordiale. Il est interdit de faire voyager des végétaux en provenance des zones de foyers PACA et Corse. Il est de toute façon interdit de ramener, dans ses bagages, des végétaux en provenance de tout pays extérieur à l'Union européenne.

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