Les dépérissements de pins sylvestres se multiplient, l’état sanitaire du pin sylvestre se dégrade face aux sécheresses successives
DSF / agriculture.gouv.fr

L’état sanitaire du pin sylvestre se dégrade face aux sécheresses successives

Les observations de dépérissement de pin sylvestre se multiplient depuis quelques années. Alors qu’elles étaient surtout concentrées dans la moitié sud de la France jusqu’à récemment, elles se sont beaucoup développées depuis le printemps 2019 dans la moitié nord. Les sécheresses et fortes chaleurs semblent constituer le facteur déterminant expliquant ces dépérissements et les facteurs biotiques associés sont variables et d’un impact probablement faible sur l’importance des mortalités.

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La situation actuelle :

Les phénomènes de dépérissements ont pris de l’ampleur à partir du printemps 2019. Cette situation est tout à fait évolutive puisque le phénomène n’est pas stabilisé et que des nouvelles mortalités d’arbres sont observées régulièrement actuellement. La distribution des signalements traduit bien le rôle déterminant du climat de ces années dernières puisque les pinèdes de l’ouest de la France (Normandie, Bretagne, Pays de la Loire, nord de Nouvelle-Aquitaine), moins affectée par les sécheresses, sont jusqu’alors également moins concernées par ces dépérissements.

Pour ces cas récents, il n’a pas été mis en évidence de relation claire avec les sols qui se trouvent majoritairement dans une gamme à faible réserve utile en eau disponible en période estivale (sols sableux et/ou avec plancher argileux favorisant la battance de nappe).

Certaines classes d’âges sont plus atteintes que d’autres (pinède de plus de 30 ans) mais tous les statuts des arbres sont concernés. L’isolement des parcelles et le degré d’ouverture des peuplements semblent aggraver les mortalités, avec un effet lisière remarquable.

Des symptômes différents selon la gamme d’organismes qui s’attaque aux arbres affaiblis

La gamme variable de symptômes observés traduit leur rôle assez secondaire dans les processus de mortalité et confirme le rôle majeur du climat dans l’ampleur du phénomène.

Même si la hiérarchisation de l’importance des agents biotiques dans les dépérissements actuels n’est pas chose aisée, il est malgré tout probable que la présence des buprestes (Phaenops cynea le bupreste bleu et Melanophila sp.) soit la plus déterminante. En se développant sur les troncs des pins stressés, ces insectes tuent le cambium des arbres et entrainent leur mort. Il est probable que le rôle de ce groupe d’insecte ait pris de l’importance ces dernières années.

Un pourcentage beaucoup plus faible d’arbres montre des symptômes du sphaeropsis des pins (Diplodia pinea) : rougissement des houppiers par taches. Champignon endophyte très répandu dans les peuplements, il peut devenir pathogène sous l'effet de différents stress enclenchant un déséquilibre au sein des arbres. En cas de réduction des capacités de défense de l'arbre après un stress hydrique, l'équilibre est rompu et le champignon provoque des nécroses corticales puis le dessèchement des branches ou d'une partie de la cime.

Recommandations et conseils pour les dépérissements actuels : une situation qui diffère de celle de l’épicéa

Comme il a été montré, le rôle des agents biotiques dans la majorité des dépérissements observés est souvent faible. Actuellement, les cas où les buprestes sont bien présents se multiplient mais le rôle de ces insectes dans le processus de dépérissement est sans aucune commune mesure avec le cas du typographe chez l’épicéa.

Dans le cas du pin sylvestre, il n’y a pas nécessité de détection et d’exploitation rapide des bois pour limiter le phénomène puisqu’il s’agit avant tout d’une réponse à un stress climatique avec un rôle secondaire des agents biotiques.
Le niveau de mortalité à venir est dépendant du niveau de stress physiologique actuel des arbres et des conditions climatiques de 2020.

Les décisions de gestion doivent être prises avec prudence et le gain risque/bénéfice évalué finement.
Ces événements doivent surtout faire prendre conscience de la sensibilité du pin sylvestre au climat actuel et à venir en France.

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