Les défoliateurs de feuillus en 2016
hanneton forestier, photo de Louis Michel Nageleisen DSF/DGAL

Les signalements de chenilles géométrides sont en franche augmentation par rapport à l’année précédente : ce sont elles qui concentrent la majorité des signalements de défoliateurs sur chênes. On les retrouve pour l’essentiel dans le centre de la France, dans une vaste zone allant du sud de la Normandie (Perche) à la vallée de la Saône, avec un maximum d’activité dans la Nièvre (figure 3). Les tordeuses étaient également présentes, avec des niveaux de populations également en hausse, mais de façon beaucoup plus éparse que les géométrides.

En conformité avec la biologie de l’espèce, le grand vol du hanneton forestier a eu lieu dans l’Oise : sa présence et ses défoliations ont été fortes de Compiègne à Beauvais. Néanmoins, des défoliations dues au hanneton (forestier ou commun), certes plus localisées et moins intenses, ont également eu lieu dans le sud de la Sologne, dans la forêt de Moulière, à côté de Poitiers et dans le camp militaire de Fontevraud (Maine-et-Loire).

Le bombyx disparate (Lymantria dispar) a continué ses défoliations au nord du Cap Corse, mais avec une intensité réduite par rapport à 2015. Une vaste zone de taillis de chênes verts autour de Marignane (Bouches-du-Rhône) a également subi des attaques intenses de la part de l’insecte. On le retrouve également de façon plus ponctuelle à proximité de Bastia.

La chenille processionnaire du chêne (Thaumetopœa processionea) est apparue en forte expansion dans la Woëvre (Meuse), depuis le secteur de Nonsard-Lamarche jusqu’au nord d’Étain. Des pullulations persistent en différents secteurs de la Champagne humide et du Plateau Lorrain. Dans le Pays des Étangs, le niveau élevé des populations en 2015 a motivé un traitement aérien au Bacillus thuringensis sur 8500 ha au printemps 2016. Sur certains secteurs non traités, des expérimentations de lutte par biocontrôle ont été mises en place durant l’été 2016. Plus à l’ouest, la processionnaire du chêne a de nouveau généré des défoliations localisées en Île-de-France, Pays de la Loire et Hauts de France. Environ 800 ha ont été traités en Seine-et-Marne. En outre, la chenille a été mentionné de façon plus fréquente qu’à l’accoutumée dans le grand ouest de la France (Vendée, Maine-et-Loire, Mayenne). Il s’agit de pontes mais aussi de défoliations.

Même si le buis est loin de figurer parmi les essences feuillues de production, il convient de noter depuis quelques années la montée en puissance de la problématique liée aux défoliations causées par la pyrale du buis (Cydalima perspectalis). Cet insecte exotique, originaire de Chine, a commencé à poser des problèmes dans les parcs et jardins au milieu des années 2000, puis est passé en forêt : discrètement dans un premier, de façon beaucoup plus marquée en 2016. Très présent sur la basse vallée du Rhône, dans l’Ain et en Savoie, son passage laisse les buxaies sans feuilles et avec les jeunes pousses écorcées par les chenilles voraces. La survie des buxaies touchées n’est pas certaine, et leur état de santé pourrait également se répercuter sur le peuplement qu’elles accompagnent (incendies, perturbations de l’alimentation en nutriments).

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