Le Conseil national de l’alimentation publie de nouvelles recommandations sur la sobriété en emballages alimentaires et un retour d’expérience de la crise Covid-19 pour le système alimentaire
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Le Conseil national de l'alimentation (CNA) a adopté lors de sa séance plénière du 7 juillet 2021 deux nouveaux avis issus de groupes de concertation menés en 2020-2021. Le Président du CNA, le député Guillaume Garot, a rappelé que « le CNA a su poursuivre ses travaux dans un contexte de crise sans précédent, et est en mesure de proposer des recommandations concrètes et cruciales pour les transitions du système alimentaire que nous devons collectivement porter ».

« Sobriété en emballages alimentaires – Développement du vrac et autres pistes d’action » (Avis n°88 du CNA)

Le CNA a été saisi par ses ministères de rattachement, dont le ministère de l’agriculture, sur la question générale de la sobriété en emballages alimentaires. Un groupe de concertation, présidé par Dominique Gombert, s’est réuni depuis février 2020. Il a rendu deux premiers avis sur les emballages plastiques des fruits et légumes et sur la substitution des contenants plastiques en restauration collective. Il vient de rendre un troisième et dernier avis qui se focalise plus particulièrement sur la question de la vente en vrac. Il présente également des pistes de réflexion plus générales sur la sobriété en emballages et notamment sur le réemploi et l’écoconception.

Il s’agit par ailleurs du premier avis du CNA qui intègre un dispositif de participation citoyenne, mis en place en complément de la concertation des parties prenantes habituellement réunies au CNA. Les résultats des débats citoyens sont venus nourrir les réflexions du groupe de concertation du CNA sur les emballages alimentaires. 96 propositions citoyennes ont ainsi été recueillies et portées à connaissance du groupe début 2021.

Toutes les propositions ont fait l’objet d’une analyse, d’une réponse et d’une justification de la part du groupe (annexes 6 et 7 de l'avis). Cet échange a par ailleurs permis au CNA d’enrichir son travail de formulation de recommandations à destination des décideurs.

Plus de 70% des recommandations formulées dans l’avis 88 du CNA ont un lien avec le débat citoyen. Ces propositions sont repérables via des pictogrammes dans l’avis.

Le CNA et les citoyens ayant participé à la démarche participative rappellent la nécessité d’un engagement de tous les acteurs du secteur de l’alimentation pour une réduction effective et significative de l'utilisation de certains emballages ou contenants alimentaires.

Concernant la vente en vrac, l’ambition doit être :

  • de réduire la consommation des emballages les plus défavorables pour l’environnement au cours de leur cycle de vie, tout en maîtrisant les risques sanitaires et en préservant l’information des consommateurs ;
  • de révolutionner les mentalités et les pratiques afin d’opérer le changement d’échelle attendu dans le développement de la vente en vrac ;
  • de mettre en œuvre des modalités de fonctionnement de la vente en vrac qui permettent d’aboutir à de réels avantages en matière de préservation de l’environnement et de lutte contre le gaspillage alimentaire.

Pour y répondre, le CNA propose de s’appuyer sur une information et une sensibilisation des consommateurs, de s’assurer de la mobilisation de tous les acteurs de la chaîne alimentaire et de l’État, que le vrac soit économiquement accessible à qualité équivalente, ainsi que d’évaluer l'impact des différentes modalités de vente en vrac sur le gaspillage alimentaire. Le CNA fait un ensemble de recommandations opérationnelles pour décliner ces objectifs. Il propose également des pistes de recommandations sur la sobriété en emballages en général.

« Retour d’expérience de la crise Covid-19 – Période du premier confinement national » (Avis n°89 du CNA)

Le CNA s’est saisi, à l’été 2020, de la conduite d’un retour d’expérience de la crise Covid-19 sur la période du premier confinement national. L’avis n°89 est issu des réflexions d’un groupe de concertation présidé par Jean-Luc Angot, Président de l’Académie Vétérinaire et de la 7ème section « Prospective, Société, International » du CGAAER, et modéré par Catherine Darrot, Maîtresse de conférence en sociologie rurale. Il a réuni les membres du CNA, ainsi que les représentants de l’ordre et des syndicats vétérinaires, de l’Académie de médecine et du CESE.

L’analyse de la crise, les auditions d’experts et les retours d’expérience des membres du groupe de concertation ont dans un premier temps conduit à l’élaboration d’une chronologie partagée de la crise. Les travaux ont ensuite montré que le déclenchement de la crise Covid-19 a mis au jour les risques, les inégalités et les fragilités inhérentes aux systèmes alimentaires en France et dans le monde. Toutefois, la crise a également fait entrevoir des systèmes alternatifs à même d’assurer la continuité de l’approvisionnement de certaines filières sur le territoire. Ces transformations, réalisées dans un contexte de crise, renforcent la nécessité de re-questionner le fonctionnement des systèmes alimentaires, afin de développer des modes de produire, de distribuer, de transformer et de consommer plus durables.

Plusieurs problématiques majeures, interrogeant le système alimentaire dans son organisation, à l'échelle à la fois nationale, européenne et mondiale, sont ainsi mises en avant par le CNA :

  • La nécessité de développer et de mettre en pratique l’approche One Health à tous les niveaux de la chaîne alimentaire ;
  • La mise en évidence d’inégalités dans l’accès à une alimentation compatible avec un système alimentaire durable, invitant à développer une réflexion sur le droit à l’alimentation et la démocratie alimentaire ;
  • La nécessité de renforcer la souveraineté alimentaire en France.

La mise en évidence de ces problématiques a conduit le CNA à se donner pour objectif commun partagé, à travers cet avis, le développement d’une alimentation compatible avec un système alimentaire durable. L’avis n°89 définit ainsi la notion de « système alimentaire durable » et propose des recommandations pour atteindre cet objectif.

Le CNA formule en ce sens deux niveaux de recommandations :

  • des recommandations pour aller vers une évolution systémique, pour une plus grande durabilité et résilience des systèmes alimentaires suite à la crise Covid-19 (moyen/long terme) ;
  • des recommandations pour aller vers une meilleure gestion de crise, qui se décomposent en huit pistes d'action pour une meilleure réponse des systèmes alimentaires face aux crises et/ou aux situations de confinement (court terme).

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