Culture de la vanille en agroforesterie à La Réunion - agriculture.gouv.fr

05 juillet 2023 Info +

Île de La Réunion : « L’agriculteur est un augmentateur de biodiversité »

À Sainte-Rose, sur les pentes du piton de la Fournaise, Béatrice et Quentin Donnay cultivent de la vanille et du litchi en agroforesterie, dans le respect de la biodiversité et des traditions locales. Ils sont les lauréats du prix de l'innovation des Trophées de l'agroécologie 2022-2023.

Ils le disent eux-mêmes : ils n’ont rien inventé. En 2014, lorsqu’ils se sont installés sur leur parcelle de cinq hectares à Sainte-Rose, avec le soutien du conservatoire du littoral, Béatrice et Quentin Donnay ont immédiatement cherché à retrouver les méthodes ancestrales de culture de la vanille et du litchi. « On a fait un tour des bibliothèques vivantes de La Réunion », explique Quentin, « pour retrouver la sagesse paysanne, la sagesse des terroirs ». Ils bénéficient des conditions parfaites de cette zone de l’île pour les épices et les arbres fruitiers, avec des pluies fréquentes et des sols drainants.

Des cultures en agroforesterie, sans chimie ni mécanisation

En s’installant, le couple Donnay s’est fixé un objectif : cultiver tout en préservant l’écosystème végétal qui les accueille, propre à la partie orientale de La Réunion : la forêt de bois de couleur des Bas. « On est passionnés de botanique », expliquent-ils, « on veut sauver les arbres endémiques de La Réunion, faire de la restauration écologique ». Pour cela, ils ont opté pour des cultures en agroforesterie, sans chimie ni mécanisation. En œuvrant pour la biodiversité, en gardant les sols couverts d’herbacées indigènes, ils limitent l’invasion des espèces exotiques envahissantes (EEE) comme le jamrosat ou l’avocat marron.

« Notre souci est de produire sans détruire »

Leur méthode de travail, ils la justifient par la volonté d’être en phase avec leurs convictions. « On se casse le dos, on fait toujours le meilleur pour le client. C’est une fierté, avec un peu de soleil, de la pluie, un sol, d’arriver à un tel résultat », affirment-ils. « Notre souci est de produire sans détruire. On veut laisser un terrain sain pour les prochaines générations ». C’est aussi leur indépendance qu’ils chérissent : « On ne veut pas s’endetter, être pris dans un système. On fabrique nos intrants, on est indépendants sur la génétique. On maîtrise le processus de A à Z ».

Partager leurs connaissances et leur savoir-faire

Pour leur vanille et leurs litchis, les débouchés sont divers : le marché de la transformation, les marchés locaux de La Réunion, mais aussi la métropole, avec des litchis livrés à l’aéroport le jour-même et distribués dès le lendemain à Rungis. Une diversification qui leur permet une certaine sécurité financière. Avec la nouvelle politique agricole commune (PAC,) ils bénéficient désormais d’une aide à l’hectare, comme de nombreux petits producteurs de l’île.

Soucieux de partager leurs connaissances et leur savoir-faire avec d’autres, Béatrice et Quentin Donnay sont en train de monter un groupement d'intérêt économique et environnemental (GIEE) avec d’autres producteurs réunionnais qui partagent leur vision de l’agroécologie. Leur engagement et la qualité de leur travail ont été salués par le jury des Trophées de l’agroécologie 2022-2023, qui leur ont décerné le prix de l’innovation.

La vanille de La Réunion, une longue histoire
Orchidée endémique du Mexique, la vanille est depuis toujours prisée pour ses qualités aromatiques. À partir du milieu du 19e siècle, sa production s’internationalise. La Réunion en devient rapidement le principal producteur mondial, avec jusqu’à 200 tonnes produites chaque année, avant de subir au fil des décennies la concurrence grandissante de son voisin malgache. De nos jours, l’île de La Réunion produit environ 20 tonnes de vanille verte chaque année, ce qui représente 4 à 5 tonnes de vanille noire. Environ 250 familles vivent de cette production sur l’île.

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Culture de litchi
Les litchis sont livrés à l’aéroport le jour-même de leur récolte, et distribués dès le lendemain à Rungis. - agriculture.gouv.fr
La forêt de bois de couleur des Bas, à La Réunion
Les Donnay se sont fixés un objectif : cultiver tout en préservant l’écosystème végétal qui les accueille : la forêt de bois de couleur des Bas. - agriculture.gouv.fr