Consommation : plus de lentilles, haricots, fèves et pois chiche dans l'assiette
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
En France, la consommation de légumes secs -lentilles, haricots, fèves, pois chiche... - a été divisée par 4 en 20 ans. Réintroduire les protéines végétales dans l'agriculture, c'est aussi donner plus de choix au consommateur pour équilibrer son alimentation. Interview de Sophie Sophie Nicklaus, directrice de recherche à INRAE et directrice scientifique du projet« Dijon, Alimentation durable 2030 ».

Pourquoi relancer la consommation de protéines végétales auprès des Français ?

Les protéines végétales ont des bienfaits pour la santé que l’on ne soupçonnait pas jusqu’à tout récemment. La recherche a montré que les protéines végétales jouent un rôle qui va bien au-delà du simple renouvellement de nos muscles, en modulant de nombreuses voies métaboliques et des régulations nécessaires à notre santé.

Les légumineuses riches en fibres présentent des protéines végétales de bonne qualité ; Santé Publique France en préconise la consommation au moins deux fois par semaine. Il s’agit de trouver un équilibre dans les régimes des Français entre les protéines animales, qui représentent 60% des protéines consommées en France, et les protéines végétales, pour maintenir un bon équilibre nutritionnel.

Quelles sont les limites à la végétalisation de notre alimentation ?

On acquiert son répertoire alimentaire comme on apprend sa langue maternelle. C’est par l’exposition répétée à des aliments variés que l’on forme ses habitudes alimentaires, sans même y prêter attention. Il faut donc éduquer dès le plus jeune âge à l’introduction d’aliments riches en protéines végétales. Cependant, il existe certaines limites car les protéines végétales peuvent parfois manquer de certains acides aminés essentiels et de micronutriments comme la vitamine B12 ou encore le Fer. C’est pourquoi un équilibre avec les protéines animales est à rechercher, en particulier dans certaines situations physiologiques qui peuvent fragiliser (femme enceinte, personnes âgées…).

Comment faciliter le retour des légumineuses dans l'assiette ?

Les protéines végétales souffrent encore d’un déficit d’image. Les légumes secs sont encore considérés comme difficiles à préparer, peu festifs... Si l’on veut ramener les légumineuses dans les assiettes des Français, il faut aussi mettre à disposition des solutions industrielles pour faciliter leur préparation et les rendre davantage consommées par le plus grand nombre. À INRAE, les chercheurs s’efforcent de mettre en valeur des cultures moins communes, comme le pois ou la féverole par exemple, dont la majorité est destinée à l’alimentation animale. Dans le même temps, pois chiches, lentilles ou haricots font aussi l’objet d’innovations dans les procédés de transformation ; les travaux de l’Institut permettront de trouver davantage de ce type de produits dans les rayons !

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