Bulletin de biovigilance - printemps 2016

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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

La Biovigilance se poursuit dans Ecophyto II

Cette cinquième campagne du réseau de suivi des effets non intentionnels (ENI) des pratiques agricoles sur l’environnement débute dans un nouveau contexte : celui du plan Ecophyo II publié le 26 octobre 2015, comportant des outils performants et innovants, renforcés par la loi d’avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt du 13 octobre 2014.

Cette loi précise notamment : « En complément de la surveillance biologique du territoire prévue à l’article L. 251-1 du Code rural et de la pêche maritime, l’autorité administrative veille à la mise en place d’un dispositif de surveillance des effets indésirables des produits phytopharmaceutiques sur l’homme, sur les animaux d’élevage, dont l’abeille domestique, sur les plantes cultivées, sur la biodiversité, sur la faune sauvage, sur l’eau et le sol, sur la qualité de l’air et sur les aliments, ainsi que sur l’apparition de résistances à ces produits. » Ce dispositif de surveillance, dénommé phytopharmacovigilance (PPV), considère, entre autres, les résultats du réseau de suivi des ENI des pratiques phytosanitaires sur la biodiversité en milieux agricoles, appelé biovigilance.

C’est dans ce contexte, que le groupe de travail en statistiques sur la biovigilance créé en 2015 et piloté par Pascal Monestiez, directeur de recherche à l’Inra d’Avignon en statistiques appliquées à l’écologie et à l’environnement, poursuivra son travail d’analyses durant l’année 2016. Les données collectées depuis 2012 par le réseau des 500 parcelles seront ainsi étudiées de près par des statisticiens, puis interprétées avec l’appui d’agronomes, écologues, biologistes et experts de la protection des plantes, collaborateurs de ce groupe de travail. Il en résultera une première communication dès l’automne 2016.

L’ensemble des professionnels chargés du suivi des ENI, ainsi que la DGAL et les scientifiques partenaires, ont pu apprécier lors d’une réunion nationale à Paris le 16 février 2016, la grande qualité des rapports publiés en régions par les animateurs des réseaux, et communiqués auprès des observateurs et agriculteurs impliqués dans la réalisation des suivis. Ces bilans annuels valorisent non seulement la surveillance de la flore spontanée, des vers de terre, des oiseaux et des insectes coléoptères, mais ils traduisent également l’intérêt marqué des acteurs de terrain pour l’observation d’indicateurs de biodiversité au sein des exploitations agricoles et de leur environnement.

A cet égard, la réalisation de l’atlas paysager des 500 parcelles du réseau ENI Biovigilance se poursuit cette année sous la responsabilité de Gérard Balent, directeur de recherche en écologie du paysage à l’INRA de Toulouse. Cet travail essentiel permettra de déterminer l’effet du paysage sur la biodiversité mesurée, grâce à l’identification de filtres environnementaux, de facteurs d’habitat, de facteurs de gestion et de métriques paysagères (structuration, composantes du paysage).

Ce numéro de Biovigilance présente la seconde partie des résultats d’observation des indicateurs de biodiversité initiés dans le précédent bulletin. Il synthétise les données obtenues au niveau national sur les oiseaux et les coléoptères, comme cela avait fait en 2015 pour la flore spontanée des bords de champs et les vers de terre. Ces informations peuvent être communiquées en régions, sous réserve de bien rappeler qu’il s’agit de « résultats en cours de vérification » et qu’il ne peut y avoir « aucune conclusion à ce stade ».

La Biovigilance se poursuit dans Ecophyto II : Ce bulletin délivre notamment des informations techniques, des recommandations relatives aux protocoles d’observation, etc...
 Il précise également  les types de travaux engagés  en matière de valorisation nationale des données ENI et donne des informations sur la  version 2 de l’application nationale de saisie des données de biovigilance.