« 1,2 milliard d’euros au service de nos agricultures, de nos agriculteurs et des consommateurs »

« La crise de la Covid-19 a rappelé l’importance stratégique de notre agriculture. La mobilisation sans faille de l’ensemble de la chaîne agricole a permis de garantir à tous les Français, dans l’Hexagone et dans les Outre-mer, un accès à l’alimentation. Grâce aux efforts des femmes et des hommes de la ferme France, produire notre alimentation sur notre territoire est un atout pour assurer notre souveraineté alimentaire. Si la chaîne a tenu durant la crise, celle-ci a aussi révélé nos vulnérabilités à même de fragiliser notre indépendance alimentaire. Le paradoxe est connu : la France est la première puissance agricole en Europe mais nous dépendons encore de trop d’importations, par exemple en protéines. La priorité du plan de relance, et les moyens déployés sont à la hauteur, est la reconquête de cette indépendance.

Après des années d’agri-bashing, la crise de la Covid-19 a permis de rapprocher les Français de ceux qui les nourrissent pour leur permettre d’avoir accès à une alimentation saine, sûre, durable et de qualité, gage de leur santé. Les Français le disent : ils souhaitent pouvoir se nourrir avec des produits frais, locaux, respectueux de l’environnement et du bien-être animal. L’agriculture et l’agroalimentaire français possèdent tous les atouts pour répondre à cette demande. Notre rôle est de permettre au plus grand nombre d’accéder à une alimentation de qualité pour que ne se développe pas un système à deux vitesses où seuls les plus aisés pourraient en bénéficier. Ainsi, les cantines scolaires, les restaurants mais aussi les initiatives pour multiplier les jardins partagés sont autant d’accélérateurs.

Pour reconquérir notre souveraineté alimentaire, notre agriculture doit résolument être celle du XXIe siècle et réussir la transition agroécologique. Face aux aléas climatiques qui se multiplient, s’adapter à l’urgence écologique est une question d’indépendance. Pour mieux respirer, progresser vers la neutralité carbone et développer les matériaux écologiques et d’avenir comme le bois, le plan de relance mettra aussi l’accent sur les forêts : nous allons planter en France des arbres dans une ampleur inédite. Le plan de relance permet d’accompagner les agriculteurs, qui sont déjà nombreux à avoir entamé cette transition et les entreprises agroalimentaires, vers un modèle plus durable, respectueux de l’environnement et économiquement robuste. Structuration des filières notamment bio et à haute valeur environnementale, investissements pour la conversion vers des équipements plus performants, nos mesures doivent permettre de changer d’échelle et de créer un choc d’innovation. Pour sortir de la dépendance aux produits phytosanitaires, ce choc d’innovation doit ainsi permettre de renforcer les efforts entrepris et de créer de nouvelles alternatives toujours plus efficaces. L’agriculture de demain ne se fera qu’avec les agriculteurs : alors que la moitié des chefs d’exploitation partiront à la retraite d’ici 2030, le renouvellement des générations est un défi qui nous engage. Notre jeunesse est une chance : les jeunes que nous formons seront les meilleurs ambassadeurs pour réussir la transition agroécologique et assurer notre souveraineté alimentaire.

Le plan de relance consacre 1,2 milliard d’euros à l’accompagnement de notre chaîne alimentaire et en premier lieu de nos agriculteurs. Plus largement, ce sont tous les Français qui en bénéficieront. Avec le développement des circuits-courts, et en lien avec les enseignes de la grande distribution, nous allons collectivement progresser vers le juste prix, celui capable d’assurer une juste rémunération à ceux qui nous nourrissent. La volatilité des prix ne fait aucun gagnant et affecte à la fois les producteurs, les consommateurs et nos industries alimentaires. Les efforts entrepris depuis 2017 vont être renforcés pour permettre à nos agriculteurs de vivre décemment de leur travail et pouvoir se projeter dans l’avenir.

Avec ce plan de relance, nous donnons les moyens à notre agriculture et à ceux qui la font d’entreprendre la reconquête de notre souveraineté alimentaire. »

Julien Denormandie