« Notre ambition : associer culture bio et ambition agro-écologique »
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr

Valérie Savary est directrice du lycée agricole des Sabres situé dans les Landes. Depuis 15 ans, cet établissement est un pionnier de la transition agro-écologique et de l'agriculture en conservation des sols. Témoignage.

« Au début des années 2000, l'exploitation du lycée a entrepris une conversion en agriculture biologique. Plusieurs années de transition ont été nécessaires pour convertir nos 70 hectares à une culture sans pesticides ou engrais chimiques. Nous avons fait le choix d'y aller progressivement, parcelle par parcelle, afin d'appréhender le plus justement possible les changements induits sur notre exploitation. Une culture sans glyphosate demande un travail plus précis et attentif. Une telle transition n'est pas des plus faciles, d'autant plus que nous avons choisi d'associer culture bio et ambition agroécologique. Nous étions alors les seuls en région Aquitaine, avant de faire des émules dans d'autres départements.

Partir d'une remise à plat globale de son système d'exploitation

Il a fallu commencer par prendre du recul sur ce que nous faisions jusqu'alors sur la ferme, requestionner nos pratiques, nos habitudes... Pendant cette période de transition, nous avons pu nous appuyer sur le Réseau des fermes DEPHY pour partager et échanger sur de bonnes pratiques avec d’autres agriculteurs.

Quand on fait le choix de passer à des pratiques agroécologiques, comme l'agriculture de conservation des sols, l'objectif est de mieux valoriser les écosystèmes présents dans les sols pour permettre une agriculture plus durable, moins gourmande en intrants mais faisant l'affaire côté rendements. On ne fait plus de labour, on limite au maximum tout travail mécanique du sol, et pour ne jamais laisser le sol « nu » , on sème des couverts végétaux en interculture.

Ces couverts végétaux remplissent plusieurs fonctions. D'abord ils atténuent l'érosion, le ruissellement, le développement des mauvaises herbes. Ensuite, ces plantes -le plus souvent des légumineuses comme la luzerne ou la féverole - captent l’azote de l’air et le restituent dans le sol, qui est ainsi enrichi naturellement.

Concrètement, chaque année, nous semons une culture principale, différente d’une année sur l’autre. Par exemple, l’hiver dernier (2017) nous avons semé du triticale. Aussitôt la moisson finie nous avons nettoyé la parcelle au déchaumeur à disques et, pour l’interculture, nous avons choisi un couvert végétal de légumineuses associées à de la moutarde et de l'avoine. Ce couvert végétal a rempli ses fonctions jusqu'au printemps 2018. Ensuite nous l’avons détruit avec un broyeur pour semer notre tournesol, qui a été la culture principale de 2018. »