Dans les coulisses de fabrication du Bulletin de Santé du Végétal



Conseillère spécialisée dans la production végétale, Karine Barrière intègre la chambre d’agriculture de Corrèze en 2007. Depuis 2010, elle contribue chaque semaine à l’élaboration du Bulletin de Santé du Végétal (BSV) vigne et fruits rouges de la région. Dans un entretien, elle nous explique la recette de fabrication de cet outil qui établit, en temps réel, les risques et seuils de nuisibilité des récoltes.


Quel est votre rôle dans l’élaboration du BSV?

Je suis animatrice suppléante et observatrice des BSV Limousin vigne et framboise. Quand les titulaires sont absents, je participe à l’élaboration du BSV Limousin. Dans tous les cas, je corrige la version éditée et je me rends sur le terrain afin d’observer l’état des parcelles.

De l’observation à la publication, quelle est la recette de fabrication du BSV?

Par exemple pour le BSV vigne, tous les lundis, j’observe sept parcelles de référence à l’aide d’un protocole strict, puis je rentre les informations récoltées dans une base de données informatique. Ces parcelles sont choisies selon des critères géographiques et recoupent les cépages les plus courants dans notre région. J’observe notamment des vignes de Chardonnay et de Cabernet Sauvignon.

Sur chaque parcelle, j’évalue l’état de cinquante ceps. J’essaie de déceler les symptômes de maladies, la présence de ravageurs et d’auxiliaires. J’observe également plusieurs feuilles à la loupe pour détecter d’éventuels acariens. C’est une tâche très minutieuse, qui requiert de la rigueur mais qu’il faut effectuer assez rapidement : le BSV est publié dès le mardi matin et envoyé par mail aux agriculteurs.

Pourquoi est-il si important d’être réactif?

La vigne évolue très vite, tout comme la présence de champignons ou de ravageurs sur une parcelle. Le bulletin de la semaine est une photographie à l’instant T, l’idée est de coller à la vie du végétal. Huit jours après, l’état de la vigne peut être complétement différent. Les agriculteurs se fondent en partie sur les résultats du BSV pour traiter ou non leurs parcelles, c’est pourquoi nous devons être précis et réactifs.

Une fois le BSV publié, procédez-vous à des recommandations techniques?

Oui, dans les deux heures de la parution du BSV, je suis en mesure de publier une préconisation collective sous forme de bulletin technique. Il insiste également sur la prophilaxie, c’est-à-dire sur les mesures à prendre pour prévenir une maladie.

Témoignage


BSV : ce qu’en pense Joël Soursac, viticulteur en Corrèze

J’ai décidé de recevoir le BSV car c’est une sécurité avec l’effet de groupe des observateurs sur tout le territoire viticole. Il me permet de mieux cibler les risques, puis j’attends avec impatience le Bulletin technique qui m’aide à prendre la décision d’intervenir ou pas.

Voir aussi :

Réseau d’épidémiosurveillance : déjà 13 000 parcelles observées

L’objectif du BSV

 

Voir aussi