Sécheresse : objectif 100% pâturage pour le troupeau du Gaec Prim’Lim
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
Installée au sud de Loire, la famille Restoux est à la tête d’un élevage de 85 vaches laitières. En raison de la sécheresse, l’alimentation du troupeau a été revue : moins de maïs ensilage et plus de pâturage.

« En Charente-Limousine, les effets de la sécheresse se font sentir sur les rendements du maïs ensilage, qui est utilisé habituellement pour nourrir les vaches laitières », explique Pierre Restoux, 25 ans, installé depuis 1 an avec ses parents.

Face à cet aléa climatique, le Gaec Prim’Lim entreprend dès 2012 d’augmenter les surfaces en pâturage des 200 hectares de l’exploitation. « Une vache dans une prairie récolte elle-même sa nourriture et fertilise les terres, alors que pour cultiver, récolter et redistribuer du maïs ensilage, il faut du carburant et de la main-d’œuvre. De plus, l’herbe riche en protéines végétales, évite le recours au soja extérieur », indique Pierre Restoux.

Des prairies nourrissantes pour les vaches

Pour passer à un système 100% pâturage, il faut choisir des plantes adaptées aux caractéristiques du terroir et au régime alimentaire des vaches. Les prairies sont composées de plantain, de fétuque, ou encore de trèfle blanc, une ration alimentaire diversifiée, essentielle pour la santé des vaches.

« L’objectif est de rendre les prairies nourrissantes le plus longtemps possible. Il faut trouver des espèces à la fois résistantes au froid et à la chaleur pour que l’herbe soit disponible dès la sortie de l’hiver jusqu’au milieu de l’été, quand l’eau vient à manquer. Par exemple, lorsqu’il n’y a plus de ray grass en juillet, il reste encore la chicorée pour nourrir les vaches. Cependant, elles ont tendance à sélectionner les jeunes pousses au détriment des plantes moins appétissantes, qui peuvent alors devenir invasives. C’est pourquoi, nous les changeons de parcelle tous les deux jours. Ainsi, la prairie se régénère tout au long de l’année et s’autorégule avec la seule présence du troupeau », détaille Pierre Restoux.

Développer le paturâge présente de plus de nombreux avantages pour le système global de l'exploitation : Le Gaec a pu diminuer les coûts de mécanisation liés à la production de maïs ensilage, diviser par quatre les achats de soja nécessaire à l’apport de protéines, et alléger le travail à l’étable (paillage, nettoyage), puisque les vaches sont à la prairie pendant 7 à 8 mois.

Un recours limité aux antibiotiques

Depuis une dizaine d’années, le troupeau fait l’objet d’un travail de sélection génétique. « Notre troupeau est issu d’un croisement de trois races de vache : des Prim’Hostein, des Montbéliard et des Rouge suédoise. Lorsqu’elles pâturent, les vaches peuvent parcourir jusqu’à un kilomètre par jour, elles sont petites et légères, un atout lorsque les prairies sont humides et meubles en début de saison. De plus, elles sont résistantes aux maladies, ce qui évite le recours aux antibiotiques », conclut Pierre Restoux.
 

Le Gaec Prim’Lim, c’est aussi :

  • 600 000 litres de lait produits annuellement ;
  • 30 000 litres de lait transformés en glace et vendus localement (Glace de la ferme) ;
  • 50 vaches allaitantes (production de viande) ;
  • 3 associés et 2 salariés.

 

  • Depuis une dizaine d’années, le troupeau fait l’objet d’un travail de sélection génétique. Les vaches sont issues d'un croisement de 3 races : des Prim’Hostein, des Montbéliard et des Rouge suedoise. Elles sont plus petites, légères, et habituées à marcher dans des prairies vallonnées. Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
  • Transformation sur place du lait en crème glacée. Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
  • Transformation sur place de la crème glacée en pâtisseries. Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
  • Vaches allaitantes de race Limousine élevés sur les prairies de l'exploitation. Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

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