Qu'est-ce que le glyphosate ?
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Le glyphosate est un désherbant utilisé pour détruire ce que l'on appelle communément les mauvaises herbes, ou des plantes qui poussent dans un endroit ou elle n'ont pas été installées. Le glyphosate agit en bloquant la chaîne de synthèse des précurseurs d’acides aminés essentiels pour le fonctionnement de la plante, notamment pour la photosynthèse.
Cet herbicide à la propriété d’être total (il agit sur un mécanisme que tous les végétaux possèdent pour fonctionner) et systémique (il peut se déplacer dans la totalité du système de la plante, des tissus, jusqu’aux racines).
Produit uniquement par Monsanto dans un premier temps, sous le nom commercial de Roundup, il est depuis 2000 tombé dans le domaine public. Il est désormais fabriqué et commercialisé par un grand nombre de sociétés.

En matière d'usages non agricoles, l'utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite en France depuis le 1er janvier 2017.

Comment est utilisé le glyphosate en agriculture ?

Avec plus de 9 100 tonnes de matière active consommées en France métropolitaine en 2016 (données Base Nationale des Ventes des Distributeurs), tous usages confondus, le glyphosate est utilisé, en agriculture, pour éliminer les végétaux des parcelles avant semis et sans travailler le sol, ou pour détruire la flore difficile : plantes vivaces, invasives, allergènes ou toxiques.
En grandes cultures, le glyphosate est utilisé majoritairement entre la récolte d’une culture et le semis de la culture suivante.

Les études disponibles sur le glyphosate

Le 10 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), placé auprès de l’Organisation mondiale de la santé, a publié un rapport concluant que le glyphosate devait désormais être classé cancérogène probable pour l’homme (classement 2A du CIRC). L’agence estimait notamment qu'il existe des preuves démontrant une association entre l'exposition au glyphosate et le développement de cancers tels que le lymphome non hodgkinien et le cancer du poumon.
La Commission européenne a proposé de renouveler l’autorisation du glyphosate dans l’Union Européenne pour une durée de 5 ans. La France s’est prononcée contre cette proposition, avec d’autres États membres.
L’Anses a été saisie par les ministères en charge de la Consommation, de la Santé, du Travail, de l’Écologie et de l’Agriculture, ainsi que par les associations de consommateurs UFC-Que Choisir et CLCV, afin de proposer au niveau européen des mesures appropriées lors de l’examen du projet de décision de renouvellement de l’approbation.

L’Anses a confié l’instruction de cette saisine à un groupe d’experts spécialisés en toxicologie, cancérogénèse, mutagénèse et épidémiologie, qui indique que :

  • le niveau de preuve de cancérogénicité chez l’animal et chez l’homme ne permet pas de proposer un classement 1A ou 1B (cancérogène avéré ou présumé pour l'être humain) dans le cadre de l’application des critères du règlement (CE) n°1272/2008 (CLP) ;
  • la classification en catégorie 2 (substances suspectées d'être cancérogènes pour l'homme, CLP) peut se discuter, sans que l’Agence ne puisse se prononcer en l’absence d’une analyse détaillée de l’ensemble des études.

Compte tenu de ces résultats, l’Agence estime nécessaire que le classement du glyphosate soit rapidement revu par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

En 2017, l’Institut national de la recherche  agronomique (Inra) a remis aux ministres concernés son rapport sur les usages et les alternatives au glyphosate dans l’agriculture française. Ce rapport répond à plusieurs objectifs : analyser les usages du glyphosate, identifier les alternatives possibles avec leurs incidences économiques et organisationnelles ainsi les difficultés spécifiques à certaines filières ou modes de production.  Il propose enfin des mesures d’accompagnement de la transition vers des systèmes de production sans glyphosate.
Consultez le rapport de l'Inra