Quand amender avec des « déchets verts » retient l’eau dans les vignobles
GIEE « MC Sols Arc »
Utiliser les résidus de tailles de haies, de tontes de pelouse, de feuilles et autres déchets verts pour améliorer la fertilité naturelle du sol des vignobles : c’est le projet d’un groupe de viticulteurs des Côtes-de-Provence AOP. En deux ans, ils ont recyclé près de 10 000 tonnes de matières végétales. Plus le sol est riche en matières organiques, plus il sera résistant aux épisodes météorologiques violents (pluies diluviennes, sécheresses successives).

Elles apportent une fertilité aux sols en nourrissant le sol dans le temps : vers de terre, divers invertébrés et microorganismes. Ceci permettant par la suite d’améliorer le taux de matières organiques des sols et d’augmenter la porosité naturelle…
Face à la diminution des élevages et au manque de fumier, les viticulteurs de l’Association des vignerons de la Sainte-victoire ont formé un collectif afin de trouver de nouvelles sources de matière organiques. Reconnu par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, le groupement d’intérêt économique et environnemental (GIEE) « MC Sols Arc » (Méthodes culturales pour la sauvegarde des sols de l’Arc) réunit 17 viticulteurs.

« Dans un rayon de 25 km, les viticulteurs récupèrent auprès des déchetteries des collectivités les résidus de taille, les tontes de pelouse, etc., qu’ils enfouissent entre les rangs de vigne », explique André Doudon, animateur du GIEE et président de l'ARGENA (Association régionale de gestion et d’étude des sols naturels et agricoles). « Nous avons un partenariat avec les déchetteries de la communauté d’agglomération Marseille Provence Secteur d’Aix. Ces matières organiques ont un grand intérêt pour la vie biologique du sol. Elles apportent une fertilité aux sols en les nourrissant dans le temps : vers de terre, divers invertébrés et microorganismes. Ceci permettant par la suite d’améliorer le taux de matières organiques des sols et d’augmenter la porosité naturelle… ».

Un sol riche retient mieux l’humidité

Crédit ci-après
GIEE - Méthodes culturales pour la sauvegarde des sols de l’Arc
Christophe Blanc, membre du GIEE, utilise chaque année 30 tonnes de matières végétales par hectare pour son vignoble : « le taux de matière organique dans mes sols devenait faible. Grâce aux fragments de bois et aux divers débris végétaux, la terre est plus riche, les vers de terre se multiplient, ils creusent des réseaux de galeries qui structurent et aèrent le sol. La vigne résiste mieux aux étés de plus en plus secs, avec parfois 4 mois sans une goutte d’eau ! ».

L’appui scientifique de INRAE

Être regroupé en GIEE offre aux viticulteurs un cadre scientifique pour tester de nouvelles pratiques sur leurs parcelles. « C’est sur le terrain que l’on se rend compte des résultats d’une expérience. Les analyses de sol réalisées par l’institut de recherche INRAE, avec qui nous sommes associés, permettent de suivre l’évolution de nos essais et d’en faire profiter l’ensemble du groupe », précise Christophe Blanc.

Recycler les déchets verts : un projet de territoire

Depuis 2019, les viticulteurs ont valorisé 10 000 tonnes de déchets. « La plateforme Veolia qui joue le rôle d’intermédiaire entre les déchetteries et les viticulteurs réalise au préalable tout un travail de dépollution pour obtenir une matière végétale de grande qualité. L’objectif à terme est de ré-enrichir l'ensemble des sols de la vallée par le recyclage de ces déchets verts facilement disponibles », conclut André Doudon.
 

Le GIEE « MC Sols Arc » (Méthodes culturales pour la sauvegarde des sols de l’Arc) rassemble, en plus des viticulteurs, près d’une centaine de professionnels comme des oléiculteurs, des céréaliers et des producteurs de plantes à parfum, aromatiques et médicinales (PPAM). Il travaille avec la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et l’Ademe sur le projet Adamos (Appui au développement des apports de matières organiques pour les sols).

Pour en savoir plus sur les collectifs d’agriculteurs engagés dans la transition agroécologique, rendez-vous sur le site collectifs-agroécologie.fr