Les coulisses des inspections au port du Havre
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Les produits alimentaires d'origine animale en provenance de pays tiers sont obligatoirement soumis à un contrôle vétérinaire lors de leur arrivée dans l'Union européenne. En France, ce contrôle est réalisé par le service d'inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (SIVEP). Au Havre, ses équipes sont mobilisées pour contrôler les produits alimentaires qui arrivent dans les terminaux du port. Ils mettent tout en œuvre, dans le cadre des règles européennes, pour assurer la sécurité sanitaire des aliments importés dans l’Union.
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Une équipe pluridisciplinaire
L’équipe du SIVEP du Havre est composée de 24 agents, dont quatre vétérinaires officiels, deux encadrants et 18 inspecteurs dont 15 sont plus particulièrement chargés de contrôler les produits d’origine animale. Leur mission : contrôler et garantir la conformité des produits d’origine animale qui entrent dans l’Union européenne via la France par la mer, aussi bien pour la consommation humaine que pour l’alimentation animale. Chaque agent intervient selon sa spécialité : le vétérinaire supervise les décisions portant sur la sécurité sanitaire, tandis que les inspecteurs scrutent l’aspect, la traçabilité et la conformité des cargaisons. Leur travail exige rigueur, vigilance et bonne connaissance de la réglementation européenne, dans un environnement en perpétuelle évolution.
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75% de produits issus de la mer
Le poste de contrôle gère chaque année près de 20 000 dossiers d’importation. 75 % des produits sont issus de la mer : poissons sauvages, filets de cabillaud, crevettes venues d’Équateur et de Chine, ou encore bouchées asiatiques prêtes à consommer venues de Thaïlande ou du Vietnam. Cette diversité reflète les modes alimentaires et les grands flux mondiaux. La majorité des produits arrivent sous forme congelée, conservés lors de trajets en bateau qui peuvent durer jusqu’à trois semaines.
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L’expertise des agents du SIVEP pour déceler les anomalies
Chaque importation fait l’objet d’un triple contrôle : documentaire, d’identité, et physique selon des fréquences adaptées au risque. Le contrôle documentaire vérifie la conformité des certificats sanitaires, la traçabilité et la composition des produits, même si la part animale peut être infime. Par exemple, le poisson dans une sauce contenant seulement 0,3 % de poisson doit être certifié. Lors du contrôle d’identité, l’équipe s’assure que la marchandise présente correspond bien aux documents fournis. Enfin, le contrôle physique s’appuie sur l’œil exercé des inspecteurs : couleur, aspect, température, tout est scruté à l’aide d’outils adaptés. L’échantillonnage et les analyses en laboratoires, inscrits dans le cadre des plans de surveillance et de contrôle (PSPC), permettent un suivi régulier des risques biologiques ou liés à la présence de contaminants chimiques.
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Rupture de la chaîne du froid : un des grands risques du voyage maritime
L’un des grands motifs de refus à l’importation est la rupture de la chaîne du froid : les bateaux n’étant pas « branchés » pendant leur traversée, leurs systèmes de réfrigération peuvent présenter des défaillances, avec pour résultat un mauvais maintien de la température. Les agents du SIVEP ont une solide expérience pour le déceler : des crevettes à la tête noire, des cartons humides ou un chargement affaissé peuvent être le signe d’une décongélation-recongélation des produits pendant le trajet, provoquant un risque sérieux pour la santé des consommateurs.
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La Plateforme TRACES-NT
Au Havre, chaque dossier d’importation est renseigné dans la plateforme électronique TRACES-NT, utilisée par tous les postes de contrôles frontaliers des Etats membres de l’Union européenne. Ce système centralise les informations : nom de l’importateur et de l’exportateur, description de la marchandise, lieu de production, conclusion des contrôles et acceptation ou refus de l’importation. Si un lot est refusé à l’un des ports ou aéroports de l’UE, l’information apparaît immédiatement sur la plateforme, évitant que ce lot non conforme soit introduit par un autre point d’entrée. TRACES-NT permet aussi à la Commission européenne d’adapter la fréquence des contrôles en fonction des alertes sanitaires, et d’exiger des vérifications renforcées sur un produit ou une entreprise ciblée.
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Foyers de grippe aviaire au Brésil : vigilance redoublée
L’actualité influence le quotidien du SIVEP : par exemple, en mai 2025, la détection d’un foyer de grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) au Brésil a mis les services en alerte. Les autorités françaises devaient pouvoir certifier que les produits de volaille brésiliens n’étaient pas issus de la zone contaminée, grâce à des contrôles documentaires renforcés et à l’analyse des certificats sanitaires.
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En cas de refus, une procédure très encadrée
Lorsqu’un produit est jugé non conforme au poste de contrôle frontalier, il est soumis à un protocole strict. La marchandise est consignée dans un entrepôt agréé, sous surveillance sanitaire. L’opérateur est informé par écrit, avec une motivation précise du refus. Plusieurs issues sont possibles : la réexportation vers le pays d’origine, la destruction pure et simple du lot en cas de risque pour la santé publique, ou une remise en conformité si cela est possible. Tous les frais liés au stockage, au retour ou à la destruction sont à la charge de l’importateur.
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