Mission d’évaluation de la voie Écoles normales supérieures (ENS) du concours commun d’accès aux Écoles nationales vétérinaires
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Quelle pertinence et quel coût pour le double cursus Écoles normales supérieures (ENS) - Écoles nationales vétérinaires (ENV) ?
Rapport de mission de conseil n°25049
Novembre 2025
Enjeux
Le double cursus ENS – ENV vise à former des « normaliens vétérinaires », titulaires d’un double diplôme en biotechnologies et pathologie clinique des animaux. Il est destiné à former des chercheurs vétérinaires de très haut niveau et capables d’accéder à des domaines professionnels allant de la recherche fondamentale à des postes d’encadrement de haut niveau.
Les coûts sont représentés par les frais de fonctionnement et par la rémunération accordée à ces fonctionnaires stagiaires pendant quatre années d’études, puis pendant leur doctorat d’État.
Une attention particulière est portée aux trajectoires des étudiants, pour évaluer si les débouchés professionnels justifient les coûts et correspondent aux attentes de l’État.
Méthodologie
La mission a analysé les textes réglementaires et les référentiels, collecté des données statistiques et auditionné les élèves, les anciens élèves, les acteurs institutionnels et des employeurs.
Résumé
La mission a constaté que la majorité des diplômés s'orientent vers la recherche ou l'enseignement supérieur et que, sur la base du panel restreint de bénéficiaires du double cursus arrivés au terme de leurs études, le taux de concrétisation en recherche fondamentale et en postes de haut niveau est de quasiment 90 %. Les employeurs et les maîtres de thèse auditionnés ont tous décrit ces recrues comme des profils rares, avec un haut niveau de connaissance, détenteurs d’une grande maturité et ayant des capacités précieuses d’adaptabilité et d’interdisciplinarité.
Malgré quelques points de fragilité juridique et quelques carences dans la définition et le déroulé du processus, la mission conclut à la nécessité de maintenir le double cursus, en tant que voie d’excellence bénéfique à l’État.
Elle recommande :
- la clarification et la formalisation des attentes du ministère chargé de l’agriculture, en lien avec les ENS et les ENV ;
- l’ouverture sur une large gamme de métiers à haut potentiel pour légitimer et valoriser la double compétence ;
- le maintien du parcours unique « recherche et clinique », pour réaliser les cinq années d’études vétérinaires requises par la réglementation et le référentiel européen de l’Association européenne des établissements d’enseignement vétérinaire (AEEEV) ;
- l’optimisation de l’architecture du double-cursus en intégrant les quatre ENV dans sa réalisation et en l’ouvrant aux normaliens « étudiants » qui n’ont pas le statut de fonctionnaires stagiaires ;
- l’instauration d’un dialogue régulier avec les ENS pour réaliser un suivi commun du double cursus et envisager les évolutions futures.