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Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr

30 mars 2026 Info +

Lutter contre l’antibiorésistance, un enjeu One Health

L’antibiorésistance est classée par l’OMS parmi les plus grandes menaces sanitaires au niveau mondial. Depuis 2011, et le lancement du premier plan Ecoantibio, les acteurs des filières animales françaises ont collectivement réussi à diminuer de façon notable l’exposition des animaux aux antibiotiques. L’usage raisonné des antibiotiques par les vétérinaires et les éleveurs reste essentiel pour limiter les résistances et préserver leur efficacité thérapeutique. Ce combat s’inscrit pleinement dans une optique One Health, ou « Une seule santé ».

Qu’est-ce que l’antibiorésistance ?

Avant de répondre à cette question, il faut rappeler que les antibiotiques sont des médicaments qui servent à soigner les infections dues à des bactéries. Depuis la découverte (par accident !) du premier d’entre eux, la pénicilline, en 1928, ils ont sauvé des millions de vies partout dans le monde. Ils ont joué un rôle de premier plan dans l’amélioration de la santé humaine et animale.

Problème : l’utilisation massive – et parfois inappropriée – des antibiotiques depuis les années 1940 a poussé les bactéries à s’adapter et à développer des mécanismes de résistance. Elles deviennent alors insensibles à un ou plusieurs antibiotiques, rendant les traitements inefficaces : c’est ce qu’on appelle l’antibiorésistance. Mais ce n’est pas tout : leurs gènes de résistance se transmettent ensuite à d’autres bactéries.

Ces dernières années, ce phénomène est devenu un enjeu majeur pour la santé publique mondiale : d’ici 2050, on estime que plus de 39 millions de personnes dans le monde pourraient mourir de maladies bactériennes résistantes aux antibiotiques.

Pourquoi ce phénomène touche-t-il l’agriculture ?

Les antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire sont indispensables au bon fonctionnement des élevages. Les éleveurs et les propriétaires d’animaux doivent néanmoins respecter les conditions d’usage des médicaments prescrits par leurs vétérinaires, qui incluent les doses et la durée, mettre l’accent sur la prévention par la vaccination et la biosécurité, et rapporter les médicaments non utilisés chez leur vétérinaire. Le bon usage des médicaments vétérinaires doit reposer sur une relation vétérinaire-détenteur d’animaux (qu’ils soient de rente ou de compagnie) solide, de confiance, qui permette un usage raisonné et optimisé des antimicrobiens et des antiparasitaires.

Depuis 2011, ces pratiques sont portées par les plans Ecoantibio successifs, qui visent à promouvoir un usage raisonné, optimisé et diversifié des antibiotiques, afin de préserver leur efficacité et de conserver un arsenal d’antibiotiques efficace et disponible pour les vétérinaires.

Le plan Ecoantibio 3 vise, en particulier, à améliorer les connaissances sur l’apparition et le suivi de l’antibiorésistance, à sensibiliser et former les prescripteurs et les détenteurs d’animaux et à maintenir un arsenal thérapeutique. Tous les ans, le ministère de l’agriculture accompagne une quinzaine de projets de recherche et/ou d’action, portés par tous les acteurs de la santé animale, grâce à une enveloppe d’environ 2 millions d’euros.

Pourquoi l’antibiorésistance est-elle un enjeu One Health ?

Tout simplement parce que les bactéries résistantes, comme la plupart des micro-organismes sur cette planète, ne sont pas cantonnées à un seul secteur. À la croisée des santés humaine, animale et environnementale, l’antibiorésistance est un véritable défi de santé publique et de santé globale, car elle circule non seulement au sein des populations humaines, entre animaux et dans nos écosystèmes, mais aussi entre les trois. La lutte contre la résistance aux antibiotiques est donc l’exemple même d’un enjeu « Une seule santé », et fait l’objet en France d’une feuille de route interministérielle pour la période 2024-2034.