Vaccination contre la DNC dans un élevage bovin
Thomas Hubert/agriculture.gouv.fr

30 mars 2026 Info +

L’agriculture au cœur de l’approche One Health

La santé des humains, des animaux et de l’environnement sont étroitement liées et interdépendantes. Pour éviter l’apparition et la propagation de nouvelles maladies animales et humaines, une approche pluridisciplinaire et globale est nécessaire : c’est le sens de One Health, ou « Une seule santé ». Par son influence sur les sols, la biodiversité, la santé animale et humaine, l’agriculture est amenée à y jouer un rôle de premier plan.

Face à la recrudescence de maladies infectieuses dans le monde, dont environ 60 % proviennent d’animaux sauvages ou domestiques, une évidence s’est imposée : la santé animale et humaine, mais aussi celle des écosystèmes naturels, sont intimement liées. Il est apparu indispensable de décloisonner ces domaines, de les aborder ensemble afin de mieux prévenir et anticiper les crises sanitaires infectieuses au niveau international : c’est l’objectif de l’approche Une seule santé, portée notamment par l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Elle est rendue d’autant plus nécessaire par la mondialisation des échanges, l’intensification des activités humaines, mais aussi le changement climatique, autant d’éléments qui favorisent la propagation des zoonoses* et de leurs vecteurs.

L’approche « Une seule santé » est l’une des priorités de la stratégie française en santé mondiale 2023-2027. Le ministère chargé de l’agriculture conduit des travaux sur les zoonoses, sur l’antibiorésistance, sur la surveillance des maladies animales émergentes, mais aussi sur la qualité sanitaire des denrées alimentaires et la protection des cultures avec l’objectif d’un accès à une alimentation de qualité, saine et durable pour tous.

Concrètement, One Health signifie décloisonner : partager les données de surveillance, harmoniser les méthodes, anticiper plutôt que subir, inciter aux changements de pratiques. C’est aussi intégrer les enjeux environnementaux : réduction de l’usage des antibiotiques, promotion de pratiques agricoles durables, soutien à la recherche d’alternatives aux produits phytopharmaceutiques. Les filières agricoles sont confrontées à une pression accrue : changement climatique, émergence de nouvelles maladies animales et végétales et nécessité d’opérer des transitions pour une production et une consommation plus durables. Les risques circulent plus vite, et les crises peuvent être plus intenses.

Une définition internationale du concept « Une seule santé » a été adoptée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’Organisation mondiale de la Santé animale (OMSA), l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), le 1er décembre 2021 : « Une approche intégrée et unificatrice visant à équilibrer et à optimiser durablement la santé des Hommes, des animaux et des écosystèmes. Elle reconnaît que la santé des Hommes, des animaux domestiques et sauvages, des plantes et de l'environnement au sens large (y compris les écosystèmes) est étroitement liée et interdépendante. »

Comment agit-on dans une optique One Health ?

Le premier enjeu, c’est l’amélioration de la connaissance : il est nécessaire de former tous les professionnels concernés à cette approche, et d’encourager la collaboration et l’interdisciplinarité. C’est la raison d’être de l’Institut One Health, qui propose une série de programmes de formation offrant des compétences interdisciplinaires et intersectorielles en matière de compréhension des enjeux, de surveillance et de gestion des risques sanitaires et environnementaux à tous les niveaux d’action, dans les secteurs privés et publics.

Sur le cas spécifique de l’antibiorésistance, classée par l’OMS parmi les dix principales menaces mondiales, les plans Écoantibio successifs ont permis, depuis 2011, de réduire de 49% l’exposition globale des animaux aux antibiotiques, limitant ainsi les risques de contamination de l’homme par des bactéries résistantes.

Lutter contre l’apparition et la propagation de maladies infectieuses nécessite une collaboration internationale : les virus et les bactéries ne connaissent pas de frontières, comme l’a rappelé la pandémie de Covid-19. Le 7 avril 2026, le One Health Summit, organisé par la France, est l’occasion de réunir pour la première fois des chefs d’État et de gouvernement du monde entier, des ONG, des scientifiques, des représentants de la société civile ou encore des banques de développement afin d’accélérer la mise en œuvre de cette approche.

* Une zoonose est une maladie infectieuse qui est passée de l'animal à l’Homme. (OMS)

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