Influenza aviaire : la situation en France
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

La situation sanitaire nationale au regard de l’influenza aviaire s’améliore en France. Depuis le 17 mai 2022, aucun nouveau foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) n’a été détecté en élevage en France et, à ce jour, seuls quelques cas sont confirmés dans la faune sauvage.

Depuis août 2021, de nombreux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) ont été détectés dans la faune sauvage ou dans des élevages en Europe. Les autorités sanitaires de nombreux États membres (Pays-Bas, Allemagne, Italie…) ont notifié des foyers dans les élevages de volailles (dindes et poulets de chair, poules pondeuses). Trente-six pays sont aujourd’hui touchés par l'épizootie sur l’ensemble du continent européen.

La France n’a pas été épargnée. Un premier foyer d’influenza aviaire hautement pathogène a été détecté le 26 novembre dans un élevage commercial de poules pondeuses dans le département du Nord.

Plusieurs départements du Sud-Ouest ont ensuite été touchés avec de nombreux cas dans les Landes et les Pyrénées atlantiques, notamment.

Alors que la situation commençait à se stabiliser dans le Sud-Ouest, les foyers d’IAHP ont fortement augmenté dans les pays de la Loire à la fin février. Deux départements (Vendée et Loire-Atlantique) ont connu une diffusion rapide du virus d’IAHP et la région Pays de la Loire enregistre un nombre de foyers équivalent à plus du double de celui du Sud-Ouest. Plusieurs facteurs d’explication de cet épisode inédit par son intensité et la période à laquelle il s’est produit ont été mis en avant par l’Anses : un virus plus virulent dans cette région, des tempêtes qui ont perturbé la faune sauvage, le retour des oiseaux migrateurs et des contaminations transmises par le vent.

Une nouvelle zone d’infection s’est développée depuis fin mars dans la région du Lot, de la Dordogne, de la Corrèze, de la Haute-Vienne et du Lot-et-Garonne qui enregistre début juin 127 foyers.

Début mai, environ 16 millions d’animaux (palmipèdes et volailles) dont près de 11 millions dans le Grand Ouest (Pays-de-Loire, Bretagne) ont été abattus en France dans le cadre de la gestion de la crise 2021-2022.

Sud-Ouest

En l’absence de nouveaux foyers dans la région, des remises en place (repeuplement) sous des conditions strictes ont été rendues possibles depuis le 29 mars dernier dans la zone réglementée du Sud-Ouest. Une période d'assainissement de 3 semaines a été imposée avant la remise en place sous surveillance des animaux. Une visite clinique doit être effectuée 21 jours après l'introduction des animaux par le vétérinaire sanitaire de l'élevage. 

Pays de la Loire

Des mesures très strictes ont été prises pour préserver en particulier les couvoirs et élevages de reproducteurs, nombreux dans cette région, avec l’instauration d’une zone réglementée de 20 km autour des foyers. Une zone « pare-feu » a également été mise en place pour limiter la diffusion du virus à la Bretagne en diminuant la densité des élevages de canards sur une bande de 10 km.

Dans cette région, les remises en place ont commencé fin mai et se poursuivront au fur et à mesure de l’assainissement des différentes zones. La surveillance est maintenue plusieurs semaines sur ces territoires après les remises en place.

Abaissement du niveau de risque à « négligeable »

Face à l’amélioration de la situation sanitaire nationale au regard de l’influenza aviaire, Marc Fesneau, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, a décidé d’abaisser le niveau de risque sur le territoire national à « négligeable », à compter du 8 juin 2022. Précisée par un arrêté publié au Journal officiel, cette nouvelle étape permet de lever les restrictions en vigueur sur a très grande majorité du territoire.

Avec l’abaissement du niveau de risque à « négligeable », les volailles vont retrouver le plein air, sauf dans les zones réglementées restantes. Seules ces zones réglementées, au sein desquelles des mesures de lutte sont toujours en cours d’exécution, restent concernées par des mesures sanitaires renforcées.

Le niveau de risque avait déjà été abaissé au niveau « modéré » le 10 mai sur une partie du territoire.

Nombre de foyers et de cas confirmés en France

À la date du 10 juin 2022, la France compte 1 378 foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) en élevage, 63 cas en faune sauvage et 35 cas en basse-cours.

Les mesures générales de biosécurité restent toujours de mise et les professionnels tout comme les particuliers sont invités à les respecter.

Carte présentant la répartition de l'influenza aviaire en France

Mesures de protection en cas de foyers

Des mesures de police sanitaire sont prises à chaque fois qu’un foyer est détecté afin de limiter la propagation du virus :

  • Abattage des foyers et, si nécessaire, abattage préventif des animaux dans un périmètre défini par arrêté préfectoral pour limiter la propagation de la maladie ;
  • Nettoyage et désinfection des foyers ;
  • Interdiction des mouvements de volailles dans des zones de protection (ZP) et de surveillance (ZS) définies autour des foyers.

Lorsqu’il s’agit de cas confirmés dans la faune sauvage, des zones de contrôle temporaire (ZCT) sont mises en place.

RAPPEL : La consommation de viande, foie gras et œufs – et plus généralement de tout produit alimentaire à base de volaille – ne présente aucun risque pour l’Homme.

Mesures de prévention

L’ensemble du territoire métropolitain avait été placé le 5 novembre en risque « élevé » au regard de la progression rapide du virus de l’influenza aviaire en Europe.

Le passage de la France en risque « élevé » a entraîné l’application des mesures de prévention suivantes sur l’ensemble du territoire métropolitain :

  • Mise à l’abri adaptée des volailles des élevages commerciaux et la claustration ou mise sous filet des basses-cours ;
  • Interdiction de l’organisation de rassemblements et de la participation des volailles originaires des territoires concernés ;
  • Conditions renforcées pour le transport, l’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et l’utilisation d'appelants ;
  • Interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l'arrivée de la France ;
  • Vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Ces mesures ont pour but de protéger les volailles domestiques d'une potentielle contamination. Elles sont accompagnées d’une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux) afin de détecter au plus vite toute apparition du virus.

Dans les zones à risque élevé de diffusion (ZRD), des prélèvements avant mouvement seront réalisés et seules les personnes indispensables au fonctionnement des élevages pourront y entrer. Les professionnels de la filière « foie gras » se sont engagés à une réduction de la densité des élevages dans les zones touchées par les précédentes crises.

Les modalités de mise à l’abri ont été adaptées afin de prendre en compte les conditions de production, notamment pour les élevages plein air. Ces adaptations ont pour objectif d’assurer un haut niveau de protection vis-à-vis du risque d’introduction du virus dans les élevages, sans remettre en cause le fonctionnement de base des élevages (exemple : réduction du parcours en plein air, sans enfermement total dans les bâtiments).

Carte de France indiquant les zones de diffusions de l'influenza aviaire en France

Collaboration entre États-Membres

Face à l’ampleur de la crise actuelle, trois experts européens se sont déplacés en France entre le 5 et le 7 avril pour aider les autorités françaises à limiter la propagation du virus de l’influenza aviaire.

Les experts ont salué les nouvelles mesures mises en place par les services vétérinaires français au regard de cette situation exceptionnelle. Les efforts dans la gestion des foyers doivent se maintenir.

Les experts ont fait part de leurs recommandations aux autorités françaises, ciblées principalement sur le respect de la biosécurité au sein des élevages, des transports et des couvoirs.

 

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