L'influenza aviaire, foire aux questions
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

L’influenza aviaire est une maladie animale virale très contagieuse. Elle affecte les oiseaux chez lesquels elle peut provoquer, dans sa forme hautement pathogène, des épisodes de mortalité pouvant aller jusqu’à 100 % du troupeau et des périodes de baisses de production importantes.

L’influenza aviaire est une pathologie contre laquelle les autorités sanitaires et les professionnels doivent mettre en œuvre des mesures de lutte immédiates en vue de son éradication. Toute suspicion ou apparition de signes cliniques évocateurs doivent faire l’objet d’une déclaration aux services vétérinaires du département (Préfecture)

Plus d’infos : https://www.oie.int/fr/maladie/influenza-aviaire/

Quels sont les signes cliniques de la maladie ?

Les symptômes sont principalement respiratoires, digestifs ou nerveux, ou simplement une perte d'appétit. Lors des précédentes épizooties, les formes graves se traduisaient par une atteinte importante de l'état général des oiseaux conduisant à la mort rapide de tous les oiseaux.

Quelles sont les espèces concernées ?

Ces virus sont transmissibles à toutes les espèces d'oiseaux, domestiques ou sauvages.

Quels sont les oiseaux migrateurs qui peuvent transmettre la grippe aviaire?

Tous les oiseaux sont sensibles à l'influenza aviaire mais la surveillance de l'avifaune sauvage porte avant tout sur les familles présentant un intérêt particulier dont les anatidés (oies, cygnes, canards, ...), les rallidés (foulques, ...), les laridés (mouettes, goélands, sternes, ...), mais aussi les rapaces et les échassiers.

Comment circule le virus ?

La maladie peut être propagée entre élevages et basses-cours par l'intermédiaire :

  • de contacts directs entre oiseaux, domestiques et sauvages ;
  • de contacts indirects à travers:
    • des véhicules ;
    • du matériel ;
    • des personnes ;
    • des fientes, du lisier ;
    • des résidus d'élevage.

Les contacts directs entre oiseaux domestiques et sauvages peuvent se produire en particulier le long des couloirs de migration des oiseaux sauvages ou pendant la campagne de chasse. Le transport d'animaux, y compris le commerce international, peut assurer également la diffusion directe ou indirecte de la maladie.

Quels sont les niveaux de risque épizootique qui existent vis-à-vis de la faune sauvage ?

Le niveau de risque est défini selon les critères fixés par l’arrêté ministériel du 16 mars 2016. Il définit également des territoires à risque particulier en fonction des zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs. Trois niveaux sont prévus :

  • négligeable ;
  • modéré, les mesures renforcées de biosécurité sont imposées dans les élevages des zone à risque particulier ;
  • élevé, les mesures renforcées de biosécurité s’appliquent sur tout le territoire.

Comment est défini le niveau de risque ?

Le niveau de risque épizootique de l'IA hautement pathogène est défini par arrêté interministériel (AM du 16 mars 2016) conjoint du ministre en charge de l'agriculture et du ministre de la transition écologique, en fonction des critères suivants:

  • le nombre de cas IAHP dans l'avifaune sauvage et leur répartition dans le temps et dans l'espace ;
  • le regroupement des cas notamment à l'intérieur du territoire national et dans les couloirs migratoires des oiseaux sauvages arrivant ou transitant en  France;
  • la distance du territoire national par rapport aux cas dans les pays voisins.

Existe-t-il un vaccin ?

Les virus influenza sont très nombreux et changeant. Un vaccin dispose d’une autorisation de mise sur le marché mais uniquement pour les oiseaux de la famille des gallinacées (Gallus gallus). À ce jour, aucun vaccin adapté aux oiseaux de la famille des anatidés (palmipèdes) n'est autorisé par la Commission européenne. Par ailleurs, le vaccin évoqué ne protège pas totalement contre le groupe de souches qui circulent actuellement.

Quelles sont les mesures à prendre pour les élevages commerciaux ?

Les volailles des élevages commerciaux doivent faire l’objet d’une mise à l’abri conformément à l’AM du 29 septembre 2021 dès lors que des mesures renforcées de biosécurité sont imposées par le niveau de risque épizootique influenza. L’instruction technique DGAL/SDSBEA/2021-865 précise les modalités.

Pour en savoir plus sur les mesures à mettre en place.

Quelles sont les mesures à prendre pour les élevages non commerciaux ?

Les oiseaux des élevages non commerciaux, dont les basses-cours, doivent être claustrés ou mis sous filet lorsque le niveau de risque épizootique influenza l’impose.

Pour en savoir plus sur les mesures à mettre en place.

Quelles sont les mesures à prendre pour les détenteurs de gibiers à plume ou d'appelants en cas de risque épizootique élevé ?

Pour le gibier à plumes, lorsque le niveau de risque est « élevé » soit dans le lieu d'origine du gibier soit dans le lieu de remise en nature, le transport et la remise en nature du gibier à plumes sont autorisés sous conditions suivantes sur l’ensemble des territoires concernés et uniquement pour les galliformes.

  • le mouvement doit être déclaré au préfet ;
  • l’évaluation du plan de maîtrise de la biosécurité a conduit à un résultat favorable et datant de moins d’un an.
  • une visite clinique des oiseaux de l’élevage par le vétérinaire sanitaire. Celle-ci doit être renouvelée tous les 30 jours avant l’entrée en application de l’obligation de conduire l’évaluation, citée précédemment.

Pour les gibiers à plumes de la famille des anatidés (palmipèdes), un dépistage des virus influenza aviaire avec résultats négatifs des oiseaux, datant de moins de 15 jours doit être adressé au préfet avec la déclaration de mouvements qui devra intervenir avant celui-ci.

Pour en savoir plus sur les mesures à mettre en place.

Quelles sont les mesures de prévention obligatoires à mettre en place, lors du passage du territoire en risque « élevé » ?

  • mise à l’abri adaptée des volailles des élevages commerciaux et la claustration ou mise sous filet des basses-cours ;
  • interdiction de l’organisation de rassemblements et de la participation des volailles originaires des territoires concernés ;
  • conditions renforcées pour le transport, l’introduction dans le milieu naturel de gibiers à plumes et l’utilisation d'appelants ;
  • interdiction des compétitions de pigeons voyageurs au départ ou à l'arrivée de la France jusqu’au 31 mars ;
  • vaccination obligatoire dans les zoos pour les oiseaux ne pouvant être confinés ou protégés sous filet.

Ces mesures sont accompagnées d’une surveillance clinique quotidienne dans tous les élevages (commerciaux et non commerciaux). Elles ont pour but de protéger les volailles domestiques d'une potentielle contamination.

La pose de filets, dans le cadre de la mise en œuvre des mesures de biosécurité, est-elle à la charge de l'éleveur, ou bien l'État peut-il octroyer une aide financière?

Chaque éleveur est responsable de la santé de ses animaux et donc de l’application des mesures de biosécurité ( AM 29 septembre 2021), que ce soit en période de risque négligeable ou modéré/élevé.

Dans le cadre du plan de relance, 100 millions d’euros sont dédiés à l’amélioration des conditions de biosécurité des élevages de volailles et autres espèces. Les investissements pour la pose de filets sont éligibles.

Existe-t-il des dérogations à la claustration des volailles pour les petits élevages ?

L’arrêté ministériel du 29 septembre 2021 relatif aux mesures de biosécurité applicables par les opérateurs et les professionnels liés aux animaux dans les établissements détenant des volailles ou des oiseaux captifs dans le cadre de la prévention des maladies animales transmissibles aux animaux ou aux êtres humains prévoit l’obligation de mise à l’abri pour tous les établissements commerciaux, y compris les petits élevages. Le précèdent système de dérogation a été abrogé au profit d’une mise à l’abri adaptée aux espèces, âges et modes de production. Pour les gallinacés, des autorisations à la sortie sur parcours sont prévues et encadrées lorsque des problèmes de bien-être animal apparaissent.

Que se passe-t-il pour les élevages bio ou sous label, qui ont dans leur cahier des charges le fait que les animaux doivent grandir dehors ?

Les modalités de mise à l’abri ont été adaptées afin de prendre en compte les conditions de production, notamment pour les élevages plein air. Ces adaptations ont pour objectif d’assurer un haut niveau de protection vis-à-vis du risque d’introduction du virus dans les élevages.

De plus, les cahiers des charges des labels et autres signes de qualité sont temporairement modifiés autant que de besoin pour permettre le maintien des signes et labels sans perte pour les agriculteurs.

Quelles sont les mesures à prendre dans votre exploitation ou votre basse-cour en cas de suspicion d'un foyer ?

Dans le cas d'une mortalité anormale, d’une baisse de la production ou de l’apparition de symptômes anomaux, conservez les cadavres en les isolant et en les protégeant et contactez au plus vite votre vétérinaire ou la direction départementale en charge de la protection des populations (Préfecture).
Ce qui entraînera :

  • la mise sous surveillance de l'exploitation ou de la basse-cour ;
  • la réalisation de prélèvements pour analyse (sans frais pour le propriétaire) ;
  • la réalisation d'une enquête épidémiologique.

Quelles sont les mesures prévues en cas de confirmation d'un foyer dans votre exploitation ou votre basse-cour ?

La Direction départementale en charge de la protection des populations mettra en place :

  • une mise à mort sur place de toutes les oiseaux et destruction cadavre et des produits de l'exploitation ou de la basse-cour,
  • Un nettoyage et une désinfection de l'exploitation ou de la basse-cour suivis d'un vide sanitaire de 21 jours,
  • Une zone de protection (3 km autour des foyers) et une zone de surveillance (10 km autour des foyers) sont définies avec des limitations de mouvement et une surveillance des autres élevages ;
  • Une enquête épidémiologique pour identifier des éventuels liens avec d’autres établissements.

Ces abattages d’animaux sont-ils pris en charge par les autorités sanitaires ?

Oui l’abattage des animaux d’un un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène est pris en charge par l’administration.

Quels sont les délais pour lever les zones de protection ?

La zone de protection - qui est mise en place dans un rayon de 3 kms autour du foyer identifié - peut être levée 21 jours après :

  • Le dépeuplement du foyer suivi d’une désinfection préliminaire du site comprenant la décontamination des bâtiments, matériels et surfaces ;
  • La surveillance par un vétérinaire de toutes les exploitations de volailles recensées dans la zone qu’elles soient commerciales ou non commerciales.

Quels sont les délais pour lever les zones de surveillance ?

La zone de surveillance - qui est mise en place dans un rayon de 10 kms autour du foyer identifié - peut être levée à partir de 9 jours après :

  • La levée de zone de protection,
  • La surveillance par un vétérinaire des exploitations de volailles, selon un plan d’échantillonnage.

Quelles sont les mesures à prendre lors d'une chasse ?

Dans le cas d'une mortalité anormale d'oiseaux sauvages, contacter la Fédération départementale des chasseurs ou l'Office français de la biodiversité (service départemental).

En fonction du niveau de risque épizootique influenza, les rassemblements d'oiseaux (concours, expositions...) peuvent faire également l'objet de restrictions.

La France a-t-elle connu d’autres épisodes d’influenza aviaire, ces dernières années ?

Oui, depuis 2006, la France (et l’Europe) a connu plusieurs épisodes d’influenza aviaire plus ou moins importants.

2006 : virus H5N1 dans l’Ain ; 2007 : H5N1 en Moselle

2015-2016 : le Sud-Ouest est touché (H5N1). Un vide sanitaire est mis en place.

2016-2017 : épisode qui a duré plusieurs mois, jusqu’en mai 2017 (H5N8). Le Sud-Ouest est fortement touché.

2020-2021 : l’épisode (H5N8) débute à l’automne et se poursuit jusqu’au printemps. Malgré les dépeuplements préventifs, l'épidémie s’étend, touchant au total 15 départements, principalement dans le Sud-Ouest.

La France est redevenue indemne en septembre 2021 mais, le premier foyer en élevage confirmé le 26 novembre dans le département du Nord, a induit la perte de ce statut.