Évaluation du programme national pour l’alimentation et du programme national nutrition santé
Partager la page
Dans la perspective de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (Snanc), le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) et l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) ont évalué le 3e Programme national pour l’alimentation (PNA) et le 4e Programme national nutrition santé (PNNS). Leurs constats soulignent la nécessité d’une approche plus lisible et ambitieuse.
Rapport de mission interministériel d’évaluation n°24079
Décembre 2025
Enjeux
La loi Climat et résilience de 2021 prévoit que la Snanc s’appuie notamment sur le PNA et le PNNS. Cette évaluation vise donc à éclairer les prochaines programmations en analysant les réalisations antérieures au regard d’enjeux sanitaires, économiques et sociaux majeurs tout en intégrant mieux la dimension environnementale et climatique.
Méthodologie
La mission a réalisé une évaluation globale du PNA et du PNNS en s’appuyant notamment sur les bilans réalisés par les ministères pilotes des programmes. Les travaux ont ensuite été approfondis sur des objectifs considérés comme à enjeu. Pour cela, la mission a rencontré un large panel d’acteurs nationaux représentant les administrations et opérateurs de l’État et les autres parties concernées. Elle a effectué des déplacements en régions Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, au plus près de la mise en œuvre des actions, ainsi qu’à Bruxelles pour rencontrer des représentants de la Commission et des parties prenantes européennes.
Résumé
Alimentation et nutrition sont à la croisée d’enjeux essentiels. Elles ont un impact majeur sur la santé, l’environnement et le climat. Elles représentent également des secteurs d’activité cruciaux pour l’économie, l’emploi et la souveraineté. Elles possèdent enfin une dimension socio- économique forte liée à l’accessibilité de l’alimentation et à la nécessité de préserver un niveau de vie satisfaisant aux acteurs des filières agricole et agroalimentaire.
Les constats issus des plus récentes données sont inquiétants. On observe une hausse régulière du surpoids, de l’obésité et de maladies chroniques comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires, pour lesquelles l’alimentation est un déterminant majeur.: En 2024, plus de 18 % des adultes, soit près de 10 millions de personnes, et environ 4 % des enfants sont en situation d’obésité Cette situation s’accompagne de fortes inégalités dans l’accessibilité économique ou géographique à une alimentation de qualité. En outre, les systèmes alimentaires représentent le 3è poste d’émissions de gaz à effet de serre et ont un impact fort sur l’environnement.
En s’appuyant sur le bilan des actions réalisées, la mission recommande de :
- Renforcer les actions visant à améliorer la qualité de l’offre alimentaire, notamment en limitant les teneurs en sel, sucres, graisses et additifs dans les aliments et en soutenant fortement l’agriculture biologique ;
- Limiter la consommation d’aliments ultra-transformés et leur promotion publicitaire ;
- Prendre en compte le risque chimique associé à l’alimentation (pesticides, contaminants environnementaux, emballages plastiques, perturbateurs endocriniens) ;
- Disposer de données chiffrées collectées régulièrement (offre et consommation alimentaires, état de santé de la population) afin d’évaluer l’impact de l’action publique ;
- Viser la mise en place dans chaque région d’une instance de coordination des acteurs intervenant dans le champ de l’alimentation pour optimiser la déclinaison territoriale des deux programmes ;
- Œuvrer à la pérennisation des projets alimentaires territoriaux (PAT), l’un des acquis notables du PNA, par la sécurisation de leur financement et de leur animation, tout en veillant à leur évaluation régulière ;
- Réduire les inégalités nutritionnelles, sociales et territoriales sur le territoire métropolitain et ultramarin ;
- Sécuriser l’aide alimentaire en nature de produits sains et durables pour les publics les plus précaires et soutenir les expérimentations de monétarisation de l’aide ;
- Intégrer pleinement les risques climatiques et environnementaux dans les deux programmes ;
Privilégier une gouvernance commune des deux programmes et réaffirmer la Snanc comme une stratégie chapeau de l’ensemble des programmes contribuant à ses objectifs.