Covid-19 : comment le Projet alimentaire territorial des Bouches-du-Rhône s’est-il adapté à la crise ?
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Depuis deux ans, la Métropole Aix-Marseille-Provence et le Pays d’Arles construisent un Projet alimentaire territorial (PAT) afin de mieux répondre aux attentes des citoyens et des professionnels en matière d’agriculture et d’alimentation. Cette connaissance des acteurs de la chaîne alimentaire a permis de mettre en place des mesures d’urgence pour les familles les plus démunies dès le début du confinement.

 « Deux problématiques majeures sont apparues avec le confinement », explique le service alimentation durable, économie agricole et innovations de la Métropole. « D’une part, il fallait s’assurer que les habitants puissent continuer à se nourrir, car de nombreuses personnes se sont retrouvées sans revenus. Le confinement a accru les situations de précarité. D’autre part, l’économie locale a été immédiatement touchée. Avec la fermeture des restaurants et des cantines, mais aussi des frontières, les agriculteurs ont perdu leurs débouchés. Fraises, asperges… Près de 90% des produits du territoire sont destinés à l’export ».

Solidarité avec les habitants et les agriculteurs

La mise en place du Projet alimentaire territorial a permis de réagir rapidement. « Avec différents acteurs et partenaires, comme la Chambre d’agriculture des Bouches-du-Rhône et les Marchés d’intérêt national de notre territoire, nous avons travaillé pour trouver des solutions locales d’urgence. »

C’est ainsi qu’est née l’idée des paniers solidaires. « Cette opération a rempli un double objectif : aider les familles en difficulté et soutenir l’économie locale. Nous avons acheté des légumes et des fruits aux agriculteurs mais aussi à des grossistes et des plateformes spécialisées dans la restauration collective qui ont pu ainsi maintenir des dizaines d’emplois et éviter le recours au chômage partiel. » Par ailleurs, afin d’écouler une partie des stocks, la Métropole Aix-Marseille-Provence a acheté 20 tonnes de fruits et légumes frais qui ont été distribuées par la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône.

Impulser une logique vertueuse sur le territoire

À Marseille, 120 000 personnes ont bénéficié de ces paniers solidaires, représentant 45 tonnes de fruits et légumes distribuées chaque semaine durant un mois. « Lorsque nous arrivions chaque semaine, nous étions très attendus. Ces paniers ont permis à des personnes démunies de manger des produits frais », témoigne André Bruna, maraîcher à Eyguières (Bouches-du-Rhône).

« Cette opération des 30 000 paniers solidaires est à l’image de notre projet global : faire fonctionner la solidarité, l’économie, impulser une logique vertueuse sur le territoire, être à l’écoute des acteurs pour les aider, » souligne l'équipe.
 

Quelques informations sur le PAT des Bouches-du-Rhône

Le Projet alimentaire territorial des Bouches-du-Rhône est le plus important de France en termes de superficie, d’enjeux et de population : il compte 5 000 exploitations, 145 000 hectares de terres agricoles et s’étend sur le département des Bouches-du-Rhône ainsi que sur les deux communes de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

Porté par la Métropole et le Pays d’Arles, il comporte six axes d’actions mêlant alimentation, enjeux économiques, environnementaux, sociaux et liés à la santé. Ce PAT a été labellisé par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation en février 2020.

Le PAT est notamment engagé dans la stratégie nationale de lutte contre la précarité alimentaire avec la problématique des déserts alimentaires, c’est-à-dire des zones sans offre alimentaire. Une expérimentation est en cours avec l’Agence régionale de santé, la DRAAF (pôle alimentation) et la DRDJCS (Direction régionale et départementale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale PACA) et des associations de terrain pour mettre en place des solutions locales d’urgence dans les quartiers Nord de Marseille.

Plus d’informations sur le Projet alimentaire territorial des Bouches-du-Rhône.