Alimentation : se rendre au marché favorise l'apprentissage de pratiques plus durables
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
Comment sensibiliser les publics à des pratiques de consommation plus durables ? Si certains Français semblent d’ores et déjà acquis à cette cause, d'autres y sont moins sensibles. Parmi les outils qui favorisent l'apprentissage figure… le marché.

À Grabels, près de Montpellier, les élus ont créé un marché dit « de plein vent », c'est-à-dire en extérieur, à la fin de l'année 2008. L’objectif de départ était de renforcer le lien social, de permettre aux habitants de cette cité-dortoir d'accéder plus facilement à des produits frais et diversifiés, tout en rémunérant décemment les producteurs. Les élus ont collaboré avec l’Inra, aujourd’hui Inrae, pour créer un marché original, co-géré par la collectivité, les exposants et les consommateurs, et valorisant les produits locaux en circuits courts par un système d’étiquetage simple, basé sur un code couleur (Ici.C.Local).

Une étude sociologique révèle que la fréquentation de ce marché a permis aux clients d'adopter des pratiques plus durables.

L'étude menée entre 2013 et 2015 a recueilli les témoignages de 35 clients, peu ou pas sensibilisés à l’alimentation durable avant de fréquenter le marché de Grabels, et qui expliquent porter une attention nouvelle à la saisonnalité des produits, affirment ne plus acheter de produits frais en supermarché, ou encore limiter leur consommation de viande, en privilégiant la qualité. Le marché de Grabels fonctionne comme un dispositif de transmission de nouvelles pratiques alimentaires plus durables, qui s’appuie sur les échanges avec les producteurs, entre les clients et/ou la confiance dans le système d’étiquetage, organisé et contrôlé localement. Et la logique perdure même au-delà, puisque les clients initient ensuite leurs proches.

 

Pour plus d'informations, consulter l'article « Les circuits courts alimentaires, un levier pour une consommation plus durable ? Le cas d'un marché de plein vent », de Yuna Chiffoleau, Grégori Akermann et Arielle Canard, paru dans la revue « Terrains & travaux », ENS Paris-Saclay, n°31, 2017, pages 157 à 177.