Vers une feuille de route nationale pour le secteur de l’agroéquipement
agriculture.gouv.fr
Lors du #SIA2020, s'est tenue une table-ronde intitulée « Agroéquipement : les nouvelles technologies au service des agriculteurs » sur le stand du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, associant les trois maillons principaux de l’agroéquipement : constructeurs, distributeurs, agriculteurs. L’occasion de faire le point des enjeux de ce secteur méconnu et hétérogène, et pourtant essentiel à la performance de l’agriculture de demain.

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, a ouvert cette séquence en insistant sur le rôle de l’agroéquipement, avec le biocontrôle, dans la transition agroécologique. L’agriculture de précision notamment a le potentiel de réduire drastiquement l’utilisation des produits phytosanitaires. « Il faut créer une véritable filière stratégique des agroéquipements » a indiqué le ministre. En effet, Didier Guillaume soutiendra le lancement d’une stratégie d’accélération dans le cadre du Pacte productif, et il a demandé à ses services la préparation d’un plan stratégique, d’une feuille de route partagée entre l’État et les acteurs de la filière.

Véronique Bellon-Maurel, directrice de l’institut convergence #DigitAg, INRAE, a lancé la discussion en indiquant les multiples facettes de l’apport des nouvelles technologies pour l’agriculture. L’agroéquipement est une réponse indispensable à la forte évolution des systèmes de production agricole, plus économes en intrants, plus diversifiés. Ces évolutions ne devront pas se centrer exclusivement sur la technologie, mais mettra aussi l’humain au cœur, et notamment via l’éducation et la formation.

Les représentants professionnels ont exposé leur vision des enjeux du secteur

Frédéric Martin, président d’Axema, l’Union des industriels de l’agroéquipement, est revenu sur le potentiel majeur des agroéquipements pour maintenir la puissance agricole française. Il a notamment insisté sur l’importance des collaborations entre recherche publique et privée pour maintenir la dynamique d’innovation.

Pascal Deschamps, président Île-de-France de Sedima, le Syndicat national des entreprises de services et distribution du machinisme agricole, d'espace verts, et des métiers spécialisés, a évoqué le rôle central des distributeurs d’agroéquipements dans leur déploiement au sein du monde agricole. Il a souligné la complexité de l’émergence de nouveaux acteurs générée par l’importance de la concentration des grands constructeurs.

Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA, intervient sur l’importance de valider les modèles économiques liés à l’usage intensif de nouvelles technologies, en particulier pour éviter le surinvestissement des agriculteurs. Il insiste également sur le fait que l’agriculteur doit rester à la fois maître et propriétaire de ses données.

Par ailleurs, pour être utilisées, ces nouvelles technologies doivent être comprises et appréhendées par les agriculteurs. Et c’est pourquoi le volet « formation » est un enjeu crucial pour les agroéquipements qui se modernisent fortement. C’est pourquoi, en écho aux questions d’emploi et d’attractivité, soulevées par l’ensemble des intervenants, Manon Thomas, élève en baccalauréat professionnel « agroéquipement » au lycée agricole de Montargis dans le Loiret, a apporté son témoignage sur sa vision du rôle des agroéquipements en tant que future responsable d’exploitation agricole.

En conclusion, Jean-Marc Callois, délégué ministériel aux entreprises agroalimentaires a remercié l’ensemble des participants et a rappelé que la participation collective de l’ensemble des maillons professionnels de la filière aux côtés de l’État était essentielle pour déployer tout le potentiel des agroéquipements au service de nos agriculteurs français.

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