16 mars 2026 Publication

Mission d’appui à la restructuration des caves coopératives viticoles

  • Anne Sander
  • Benoît Bonnefoi

Les caves coopératives viticoles, un modèle d’avenir conditionné à leur restructuration.
Une mission du CGAAER formule des recommandations pour contribuer à restaurer leur performance.

Rapport de mission de conseil n°25066

Décembre 2025

Enjeux

De nombreuses caves coopératives viticoles sont en grande difficulté, avec pour conséquence des réductions d’effectifs, une baisse de la rémunération des adhérents et un fort endettement pouvant entraîner des tensions de trésorerie aux échéances. Dans ce contexte, une mission d’appui a été confiée au CGAAER afin d’analyser la structuration des caves au sein des régions viticoles, de diagnostiquer leurs fragilités et d’identifier des leviers d’action pour qu’elles redeviennent performantes et appréhendent mieux les marchés.

Méthodologie

Les travaux de la mission se sont basés sur des entretiens avec les acteurs locaux, régionaux, nationaux et européens de l’écosystème viti-vinicole. La mission a rencontré les représentants des caves coopératives viticoles de toutes les régions viticoles en se déplaçant spécifiquement en Occitanie, en Alsace, en Champagne et en Nouvelle-Aquitaine. Au total, 180 personnes ont été entendues.

Résumé

Les caves coopératives viticoles sont des acteurs majeurs dans de nombreuses régions françaises. Au nombre de 550, elles structurent les territoires, emploient 17 500 salariés et sont à l’origine, directement ou indirectement, de 60 000 emplois.

Au-delà des emplois salariés, les caves coopératives font vivre 35 000 exploitations. La santé financière des caves coopératives a un impact direct sur de nombreux métiers : négociants, courtiers, distillateurs, tonneliers, machinistes, imprimeurs d’étiquettes, professionnels du tourisme…

Depuis quelques années, elles doivent faire face à des difficultés économiques résultant d’une forte baisse de la consommation domestique de vin, d’une production soumise à des aléas climatiques intenses et répétés et de la baisse des volumes exportés. Ce phénomène n’est pas nouveau car pendant plusieurs décennies les crises viticoles se sont succédé. À chaque fois, le secteur s’est restructuré et a rebondi, ce qui pourrait laisser croire que mobiliser des mesures conjoncturelles pourrait relancer la filière en attendant que la production ou les ventes reprennent.
La situation actuelle est différente, trop dégradée, et nécessite des mesures d’accompagnement fortes, conjoncturelles et structurelles, pour engager une véritable transformation et rendre les coopératives à nouveau performantes. Le statu quo n’est pas une option, en raison d’un endettement élevé et de la difficulté d’un certain nombre d’entre elles à verser une rémunération permettant au coopérateur de vivre dignement et de couvrir ses charges.

Pour regagner en performance, les caves coopératives devront retravailler leur propre stratégie tout en s’inscrivant dans une dynamique collective.

Devant une situation dégradée, le parti pourrait être pris de renoncer au modèle coopératif. Les missionnés considèrent au contraire que, devant l’ensemble des défis mentionnés, le modèle coopératif, s’il s’adapte, apportera les clés pour permettre à l’ensemble du vignoble de se transformer et de se relever.

Pour y parvenir, la mission a formulé deux types de recommandations : celles s’adressant directement aux pouvoirs publics et celles qui relèvent davantage des professionnels.

L’ensemble des recommandations vise à :

  • faciliter la restructuration des prêts des caves coopératives par des prêts de consolidation de long terme, accordés par les banques et adossés à une garantie publique ;
  • financer des audits, qui pourront amener à des fusions de caves ou à davantage de mutualisations ;
  • soutenir les projets robustes de fusion de caves coopératives, qui englobent tous les éléments de performance et anticipent au mieux la baisse des apports en raisin, en raison d’aléas climatiques ou d’éventuels arrachages ;
  • développer des mutualisations entre différentes composantes : outils de vinification et de conditionnement, compétences en assurance-qualité, comptabilité… ;
  • structurer une stratégie commerciale, du marché à la parcelle, pour répondre aux nouvelles demandes des consommateurs et développer les ventes à l’export ;
  • investir dans les compétences : celles des collaborateurs et des administrateurs de caves coopératives ;
  • organiser un meilleur partage de la valeur à travers les accords de durabilité, une adaptation d’Égalim et la contractualisation pluriannuelle.

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