« Je me considère d’égal à égal avec mes collègues masculins » : Julie Smith, étudiante ingénieure agronome en filière forêt
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Étudiante en troisième année d’école d’ingénieur agronome à Bordeaux Sciences Agro, Julie Smith, passionnée d’environnement depuis son plus jeune âge, se destine aux métiers de la gestion forestière. Elle se confie sur son parcours et partage son regard sur la place des femmes dans les études d’ingénierie agronomique, et plus particulièrement dans la filière forêt.
Pourquoi avoir choisi une formation d’ingénieure en agronomie, et plus spécifiquement la filière forêt ?
Dès le lycée, j’ai souhaité m’orienter vers les sciences, avec l’envie de travailler sur l’environnement, notamment autour de la préservation de la biodiversité et de la gestion des ressources naturelles. En me renseignant sur les différents parcours possibles, on m’a conseillé la voie ingénieur, qui offre davantage d’opportunités professionnelles.
À Bordeaux Sciences Agro, mes projets se sont affinés au fil des cours et je me suis finalement tournée vers la forêt. C’est une spécialité qui fait sens pour moi, car elle est au cœur des transitions sociétales aujourd’hui, permettant de concilier préservation de la biodiversité, stockage carbone, gestion durable de la ressource en bois, et réponse aux besoins économiques de la filière forêt-bois. Mon objectif est aujourd’hui de travailler en gestion forestière ; je pars d’ailleurs prochainement en stage de fin d’études dans une entreprise spécialisée dans la gestion forestière intégrée et durable sur les territoires.
Je me considère d’égal à égal avec mes collègues masculins. Je prends la parole, j’assume mes idées. […] Personnellement, avancer avec confiance est ce qui me permet de trouver ma place.
Quel regard portez-vous sur la place des femmes en sciences aujourd’hui, au regard de votre expérience personnelle ?
À mon échelle, je n’ai jamais vécu de discrimination liée au fait d’être une femme. Je le vois à la fois comme une chance, au regard d’expériences que d’autres peuvent raconter, mais aussi comme une forme de normalité. Pour moi, il n’est tout simplement pas acceptable de se sentir moins légitime.
Je pense aussi que le fait de ne pas envisager cette éventualité joue un rôle important. Je me considère d’égal à égal avec mes collègues masculins, je prends la parole et j’assume mes idées. Bien sûr, il est essentiel de ne pas oublier les combats passés et le chemin parcouru, mais sans pour autant stigmatiser le présent. Personnellement, avancer avec confiance est ce qui me permet de trouver ma place.
La filière forêt reste souvent perçue comme très masculine. Comment vivez-vous cette réalité ?
La forêt souffre encore d’une image très marquée : celle du forestier ou du bûcheron, seul dans sa forêt, dans un milieu historiquement masculin. Cette image a pu être vraie par le passé, mais aujourd’hui, la filière est clairement en transition. Les métiers évoluent, la pénibilité diminue, de nouveaux profils apparaissent, et cela ouvre davantage de possibilités aux femmes. Dans ma spécialité, nous sommes cette année presque à parité, ce qui montre que les choses changent.
Il ne faut pas hésiter à changer de structure. Il existe toujours plusieurs voies. L’important, c’est d’aller au bout de ses choix et de ne pas s’auto-censurer.
Quel message aimeriez-vous adresser à des jeunes filles qui hésitent à s’orienter vers les sciences ?
Je leur dirais avant tout de ne pas avoir peur et de ne jamais renoncer. Je ne me suis jamais privée d’un choix parce que j’étais une femme. Il faut oser exposer ses idées, gagner en confiance et se considérer légitime.
Et si, plus tard, dans le monde professionnel, on se rend compte que l’environnement ne permet pas de s’épanouir pleinement, il ne faut pas hésiter à changer de structure. Il existe toujours plusieurs voies. L’important, c’est d’aller au bout de ses choix et de ne pas s’auto-censurer.
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