26 mars 2026 Publication

Formation professionnelle et enseignement supérieur forêt-bois. Renforcer l'image et l'attractivité d'une filière stratégique

  • Michel Hermeline (CGAAER)
  • Vincent Piveteau (CGAAER)
  • Olivier Rey (IGESR)
  • Regis Rigaud (IGESR)
  • Joseph Segarra (IGESR)

La forêt et la filière bois sont au cœur des grands enjeux de la transition écologique et de la souveraineté industrielle et énergétique. Leur avenir dépend de professionnels correctement formés et de cursus de formation attractifs. La mission confiée au CGAAER et à l’IGÉSR avait pour objet de dresser un panorama de l’offre de formation sur l’ensemble de la filière, en intégrant formation professionnelle et enseignement supérieur, et de formuler des propositions d’améliorations.

Lettre du CGAAER n°203 - mars 2026

Rapport de mission interministérielle de conseil n°24071

Septembre 2025

Enjeux

La filière forêt-bois est une filière économique stratégique sur le plan de la souveraineté nationale. Elle est essentielle pour réussir la transition environnementale. La France abrite encore tous les maillons de la chaine de valeur sur son territoire. Malgré ces atouts, l’appareil de formation semble toujours chercher ses marques. Les formations ont souvent une faible attractivité, voire une image controversée, et restent peu lisibles, notamment dans le supérieur. Une vision « filière » de l’appareil de formation est nécessaire, mais reste à construire.

Méthodologie

La mission s’est appuyée sur l’analyse des travaux de parlementaires, d’inspections ou d’experts conduits au cours des dernières années. Elle a conduit de nombreux entretiens avec les acteurs des politiques de formation et de l’appareil de formation, des acteurs économiques, de la recherche et du développement, aux niveaux national et régional. La mission a pu également bénéficier des premiers résultats du programme « compétences et métiers d’avenir » de France 2030.

Résumé

Si depuis quelques années davantage de jeunes sont diplômés dans la filière forêt-bois, les employeurs ne trouvent pas, sur certains segments, de salariés formés selon leurs attentes. Cet apparent paradoxe s’explique par une maîtrise insuffisante de certaines compétences professionnelles, un manque d’attractivité de la filière et une concurrence d’autres secteurs d’activité qui captent des diplômés. La mission propose des mesures de renforcement du pilotage de la formation sur toute la chaine de valeur, avec des actions coordonnées et une implication renforcée des professionnels.

L’attractivité des métiers de la forêt et du bois, qui reste beaucoup trop faible auprès des publics féminins, se joue dès les enseignements scolaires. Ceux-ci gagneraient à intégrer la notion de ressource naturelle renouvelable, en s’appuyant sur la forêt et le bois. Une image rénovée des métiers, valorisant la digitalisation et insistant sur le rôle positif en faveur des transitions, est également indispensable. Les initiatives de communication coordonnées entre tous les acteurs de la filière et la puissance publique doivent être amplifiées. L’enseignement supérieur doit retrouver une bonne visibilité, tout en s’appuyant sur une recherche dynamique. La mission propose ainsi la création d’un diplôme national en ingénierie forestière et un soutien renforcé des dispositifs de recherche comme le Groupement de recherche sciences du bois, pour y former et recruter des futurs enseignants. Les bachelors forêt-bois méritent d’être développés. L’intégration des sciences du bois dans toutes les filières de formation d’ingénieurs de la construction, de la mécanique, du génie civil et de la chimie apporterait une valeur ajoutée certaine, sans oublier les liens avec les écoles d’architecture. Une bonne adéquation des formations aux besoins des entreprises passe désormais par une implication renforcée des professionnels dans la mise à jour des diplômes. À cet égard, la mission prône la mise en place d’une commission professionnelle consultative (CPC) couvrant l’ensemble du secteur de la forêt et du bois (par regroupement d’attributions dispersées actuellement dans plusieurs CPC). L’émergence de véritables pôles forêt-bois dans les territoires est à encourager en s’appuyant sur l’exemple de quelques initiatives exemplaires. Une évaluation des Campus des métiers et des qualifications est également à prévoir. Le renouvellement des matériels d’exploitation forestière, le déploiement de simulateurs ou les apprentissages hors établissement restent indispensables pour l’efficacité des formations. La mission recommande la mise en place d’une stratégie coordonnée à l’échelle nationale d’ateliers sylvicoles régionaux. Enfin, la mission propose des pistes pour renforcer la coordination interministérielle en incluant les ministères en charge de la formation.

À télécharger