18 décembre 2025 Info +

Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) : démêler le vrai du faux

Pour éradiquer la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la France applique une stratégie basée sur trois piliers : la limitation des mouvements de bovins, le dépeuplement total des élevages infectés, et la vaccination de tous les bovins dans la zone touchée. Cette stratégie a fait ses preuves dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, où la situation est désormais stabilisée. Alors que la maladie est apparue en Occitanie, de nombreuses fausses informations circulent au sujet de la DNC. Voici les éléments pour démêler le vrai du faux :

« D'autres pays européens ont trouvé une meilleure stratégie, avec un abattage sélectif. »

Les faits : Les autres pays européens confrontés à la DNC, comme l’Espagne et l’Italie, appliquent eux aussi la stratégie d’abattage de tous les bovins présents dans un foyer confirmé de DNC. L’objectif est le même qu’en France : éradiquer la DNC, compte tenu de l’impact sur la santé animale qu’elle peut avoir sur des millions de bovins si le virus circulait sur une grande partie du territoire. En Suisse, il n’y a pas eu d’abattage car le pays n’a pas eu de foyer de DNC.

« Il suffirait d’éliminer uniquement les animaux qui présentent des symptômes. »

Les faits : Même s’ils semblent en bonne santé, les bovins d’un groupe infecté peuvent être porteurs silencieux du virus pendant plusieurs semaines. Ils peuvent contribuer à le transmettre sans qu’on puisse le détecter.
Si l’on abat uniquement les animaux présentant des symptômes, on prend le risque de laisser se propager la maladie, car la présence du virus sera maintenue par les animaux infectés sans symptômes qui pourront à leur tour contaminer les élevages voisins.

« Quand une bête est malade, inutile d’abattre tout le troupeau si le troupeau est vacciné. »

Les faits : Il est impossible de savoir précisément la date à laquelle le virus a infecté le premier bovin du cheptel. Si ce contact est antérieur à l’acquisition de la protection vaccinale, alors plusieurs animaux sont potentiellement infectés. Or, les tests sanguins ne permettent pas de détecter les bovins qui ne présentent pas de symptômes mais néanmoins infectés. Le seul moyen de lutter contre la maladie demeure le dépeuplement de tous les bovins dès lors que la présence du virus est avérée dans le troupeau.

« Pourquoi ne pas plutôt abattre l’animal malade, puis tester les autres afin de conserver les animaux dont le test revient négatif ? »

Les faits : cette stratégie fonctionnerait s’il était certain qu’un test négatif prouve que la bête n’est pas malade. Or la présence du virus est intermittente dans le sang et des bovins infectés peuvent n’avoir aucun symptôme. C’est-à-dire que le test peut être négatif alors que le bovin est tout de même infecté et contaminant. Se fonder sur de tels tests fait donc courir un très grand risque que le virus continue de circuler au sein du troupeau et vers des troupeaux voisins.

« Il existe des traitements, il n'y a donc pas besoin d'abattre les animaux. »

Les faits : La DNC est une maladie virale : ni l'ivermectine (antiparasitaire), ni les antibiotiques (antibactériens), ni la propolis (antiseptique) ne sont efficaces contre un virus.

« On pourrait placer les vaches en quarantaine au lieu de les abattre. »

Les faits : Même avec des traitements insecticides répétés, des moustiquaires et autres moyens de lutte contre les insectes, il n'existe pas de mesure permettant de supprimer totalement les insectes d'un élevage.

« La viande des animaux abattus se retrouve dans notre alimentation. »

Les faits : Les cadavres de bovins issus des foyers de DNC restent strictement hors des circuits alimentaires. Ils sont collectés, stérilisés, puis incinérés, le plus souvent en cimenterie.

« Le vaccin est dangereux pour les animaux et pour l’Homme. »

Les faits : Le vaccin contre la DNC est un vaccin dit « vivant atténué », reconnu pour sa qualité, son innocuité et son efficacité. Il a été utilisé avec succès dans plusieurs pays, en Europe du Sud ou dans les Balkans, où il a contribué à l'éradication de la maladie. Le vaccin utilisé en France est identique à celui utilisé actuellement en Suisse et en Sardaigne. Il ne présente aucun danger pour l’Homme et pour l'environnement, et n'a aucun impact sur la qualité de la viande ou du lait.

« Les carcasses d’animaux abattus sont source de propagation de la maladie pendant leur stockage, transport et équarrissage. »

Les faits : Les mouches piqueuses et les taons ne se nourrissent de sang que sur des animaux vivants, ces insectes ne sont donc pas attirés par les cadavres. De plus, les véhicules de transport des carcasses sont désinsectisés avant et pendant le remplissage de la benne. Enfin, lors du transport, le véhicule est bâché.

« Des vétérinaires ont été radiés pour avoir refusé l'abattage d'un troupeau. »

Les faits : Le conseil national de l’ordre des vétérinaires a confirmé qu’aucun vétérinaire n’a été radié pour avoir refusé un abattage.

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