Bilan et orientations du dispositif de Validation des acquis de l’expérience
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En quoi la validation des acquis de l'expérience (VAE) participe-t-elle de l’atteinte des objectifs programmatiques de la loi n°2025-268 du 24 mars 2025 d'orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations en agriculture ? La réforme du dispositif de VAE, intervenue le 21 décembre 2022, tient-elle ses promesses ? Constate-t-on, depuis sa mise en œuvre, un accroissement des VAE accordées dans les domaines de compétences du ministère chargé de l’agriculture ?
Rapport de mission de conseil n°25081
Mars 2026
Enjeux
Fin 2022, le dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE) a été réformé avec une ambition nouvelle, atteindre 100 000 validations par an, elle-même portée par un service public national, France VAE, déployé à l’été 2025. Cet objectif rejoint directement ceux poursuivis par la loi d'orientation pour la souveraineté alimentaire du 24 mars 2025.
Dans ce contexte, le bilan de la mise en œuvre de la réforme et son appropriation par les parties prenantes (bénéficiaires, certificateurs, gestionnaires et organismes accompagnateurs) constitue un enjeu. Ce bilan renseigne sur la capacité du nouveau service public à constituer véritablement une troisième voie de certification et, ce faisant, sur celle du ministère chargé de l’agriculture à tirer pleinement parti de ces évolutions.
Méthodologie
Outre une analyse documentaire approfondie, les travaux s'appuient sur :
- l’analyse des données nationales de France VAE sur le champ du ministère chargé de l’agriculture depuis son déploiement à l’été 2025, complétées par trois enquêtes réalisées auprès des bénéficiaires du dispositif, des correspondants VAE et des accompagnateurs publics France entière pour établir le diagnostic,
- l'audition d'une centaine d'experts et de praticiens du domaine pour formuler des recommandations transversales.
Résumé
France VAE constitue, depuis l’été 2025, le passage obligé pour tout parcours de VAE. Le déploiement de la plateforme a incontestablement dynamisé la demande de projets de validation, mais le financement de l’accompagnement des parcours par le compte personnel de formation a mis à mal la promesse d’universalité. Bien que n’étant plus nécessairement visibles dans les statistiques, un nombre notable de candidats ne parviennent pas à franchir l’étape de la recevabilité, faute d’accompagnement.
S’il est trop tôt pour apprécier ses pleins effets sur le nombre de validations effectives, la réforme simplifie le processus pour les bénéficiaires. En revanche, la simplification attendue est aujourd’hui inaboutie pour les gestionnaires. L’interopérabilité des systèmes d’information constitue une condition prioritaire au développement des parcours.
Dans un marché ouvert, le réseau des établissements publics d'enseignement agricole (EPLEFPA) peine à s'imposer, malgré des tarifs inférieurs de 25 % à la moyenne du marché et une expertise reconnue. L’offre de service souffre d’un manque de visibilité et d’une stratégie ne facilitant pas l’émergence d’un modèle économique performant. Les jurys peuvent gagner en efficience. Une planification optimisée apparaît incontournable pour répondre à la trajectoire d’environ 1200 candidats présentés, estimée en année pleine depuis le déploiement de France VAE.
En conséquence, des actions pour développer des candidatures présentant les meilleures chances de succès sont préconisées. Elles reposent sur une information exploitant les données essentielles des parcours achevés et un partenariat avec les financeurs publics, ciblé sur les publics et certifications prioritaires. D’autres actions sont recommandées pour renforcer l’offre de service et simplifier la gestion des candidatures. Les coûts afférents pourraient être financés en tout ou partie par une participation aux frais de jurys. Dans ces conditions, la mission estime atteignable un nombre de validations de l’ordre de 2000 à 3000 par an d’ici 2030, correspondant au triple ou au quadruple du nombre de validations jusqu’ici observé.