Un « verger zéro phyto » pour l'enseignement agricole
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr

Au lycée agricole de Valence, dans la Drôme, tout le monde connaît le « verger zéro phyto ». Pas seulement parce qu'il est au beau milieu de la cour de l'établissement, mais aussi parce que la plupart des enseignants – toutes filières et disciplines confondues – l'utilisent comme support pour aborder le sujet de la transition agroécologique.

« C'est une toute petite parcelle de 1 000 m², située au cœur du lycée, que l'on a décidé de cultiver sans aucuns produits phytopharmaceutiques, raconte Guillaume Fichepoil, chef de l'exploitation agricole de l'établissement. Mais en trois ans, elle a été très riche en termes de pédagogie. » Amorcée en 2016, cette aventure s'inscrit dans le cadre du projet AP3A (accompagner en partenariat, apprenants et agriculteurs vers une transition agroécologique en cultures pérennes) mis en place par le lycée avec la chambre d’agriculture de la Drôme, l’Institut national de la recherche agronomique de Gotheron et le lycée agricole d'Aubenas (Ardèche). « L'idée, c'est de proposer des situations concrètes qui à la fois répondaient à des problématiques posées par l'exploitation agricole et à la fois qui permettaient aux élèves de s'initier aux expérimentations systèmes, une façon innovante d'aborder un sujet en posant un regard global et pluriel sur une parcelle », explique Amélie Genay, la cheffe de projet.

Mais au printemps 2018, les pruniers, malades, doivent être arrachés. Il faut repartir sur une feuille blanche. Un mal pour un bien qui va permettre à la parcelle de devenir le support de nouvelles actions pédagogiques : réalisation de diagnostics et réflexion autour de l'écosystème à recréer avec les terminales S, mise en place d'ateliers de co-conception de maquettes avec les stagiaires en BP REA (responsable d'exploitation agricole) et les étudiants en BTSA APV (agronomie, productions végétales). Un travail qui réunit parfois enseignants, élèves, agriculteurs, scientifiques et techniciens autour d'une même table.

« Avec cette méthodologie, résume Guillaume Fichepoil, l'innovation peut très bien arriver par les élèves : ils nous permettent souvent de faire le pas de côté que l'on ne fait pas seul ». « Oui, c'est une démarche très différente, qui change de la pédagogie descendante », conclut Amélie Genay.