Résultats du sondage relatif aux pratiques agricoles en matière de désherbage
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Comme annoncé lors du comité d'orientation stratégique et de suivi du plan Écophyto, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a fait réaliser par l'institut IPSOS un sondage sur les pratiques de désherbage des agriculteurs et les enjeux liés à l’arrêt du glyphosate.

Méthodologie

Entre octobre 2019 et janvier 2020, 604 agriculteurs ont été interrogés, répartis sur l'ensemble du territoire métropolitain et dans 4 filières de production : grandes cultures, viticulture, arboriculture et autres cultures (horticulture, maraîchage, élevage et polyculture-élevage) selon une méthodologie permettant à l'échantillon être représentatif des exploitations françaises.

Ainsi le profil « type » de l'agriculteur de l'échantillon a en moyenne 50 ans, 26 ans d'expérience et une exploitation de 98 hectares. Il est, dans 97% des cas, propriétaire ou copropriétaire de son exploitation, exerce une agriculture raisonnée ou conventionnelle et dans la majorité des cas (47%), n'est engagé dans aucun cahier des charges.

Principaux résultats

  • État des lieux

Actuellement, un peu plus d'un tiers (35%) des exploitations se passent du glyphosate. Les deux tiers restants sont partagés à part quasi-égale entre celles ayant commencé à réduire et celles maintenant leur utilisation de glyphosate. Cette répartition varie selon les filières avec, comme plus utilisatrices, les grandes cultures et la viticulture.

Pour l'ensemble des filières, cet usage du glyphosate est ponctuel (67%), localisé sur une partie de la parcelle (74%) et en fonction de la situation (91%), comme la gestion d'une tache de vivaces par exemple.

Pour les grandes cultures et autres cultures (horticulture, maraîchage, élevage et polyculture-élevage), le glyphosate est avant tout utilisé pour nettoyer la parcelle avant la mise en culture. Pour la viticulture et l'arboriculture, la destruction des plantes invasives et la gestion de l'enherbement sous le rang sont les deux principaux enjeux.

Pour les exploitations y ayant recours, le glyphosate est considéré comme d'importance capitale et, pour 86% d'entre elles, l'arrêt complet du glyphosate d'ici 2022 n'est pas envisageable.

  • Les alternatives

Les principales solutions envisagées par les exploitations utilisant du glyphosate sont globalement les mêmes que celles utilisées par les exploitations ayant réduit ou arrêté le recours au glyphosate : travail du sol, rotation des cultures, désherbage mécanique. Néanmoins on observe une sous-considération du désherbage mécanique ou manuel et de la gestion par les animaux par les exploitations ayant recours au glyphosate, qui envisagent davantage un recours à d'autres herbicides conventionnels.

Les leviers de la transition

Le coût des alternatives représente le frein numéro 1 pour la majorité des alternatives. Au-delà d'un soutien financier, les agriculteurs sont également très demandeurs d'informations, notamment relatives à la rentabilité, aux coûts et à la charge de travail, pour les convaincre de tester les alternatives.

La majorité des exploitations agricoles estiment avoir besoin d'accompagnement dans leur transition. Les chambres d'agriculture, coopératives et négoces sont les acteurs les plus sollicités par les agriculteurs ayant recours au glyphosate.

On note cependant que les différents dispositifs d'accompagnement mis en place (aides financières, groupe 30 000, centre de ressources...) sont très peu utilisés.

Suites données

Les résultats de ce sondage ont été partagés avec les membres de la task force présidée par le Préfet Pierre-Etienne Bisch. Ils vont permettre d'alimenter le plan d'actions pour la sortie du glyphosate, notamment les réflexions concernant les outils d'accompagnement.