Groupe de personnes posant devant des infrastructures d'agrivoltaïsme

01 avril 2026 Info +

Porter la voix de la France et soutenir les filières à l’export

Présents au sein des services économiques des ambassades de la France dans l’Union européenne comme dans les pays tiers, les conseillers pour les affaires agricoles du ministère de l’Agriculture jouent un rôle important dans la défense des intérêts français à l’étranger. Un métier d’initiative, de diplomatie et de collectif, comme en témoigne Philippe Mérillon, conseiller des affaires agricoles pour l’Italie, la Grèce, la Slovénie et la Croatie.

« C’est toujours intéressant de vivre dans un autre pays, d’approfondir ses connaissances sur ce pays et sur les autres États de la zone de compétence, et surtout de remettre en question ses certitudes : ce qui semble évident quand on est à Paris ne l’est pas forcément ailleurs, ce qui permet d’enrichir son regard et ses analyses ! » Depuis janvier 2024, Philippe Mérillon est le conseiller des affaires agricoles pour l’Italie, la Grèce, la Slovénie et la Croatie. Intégré aux équipes du service économique régional (SER) de l’ambassade de France à Rome, il est un relais sur place pour les entreprises agroalimentaires françaises qui souhaitent exporter vers ces quatre pays.

Ce volet d’appui aux entreprises, en partenariat avec Business France, est une partie importante du poste, mais le conseiller agricole opère surtout sur un champ plus diplomatique. « On a une responsabilité d’explication des positions françaises sur les enjeux agricoles, détaille Philippe Mérillon. On doit bien comprendre les positions de nos pays de résidence pour pouvoir les expliquer à Paris… et inversement, dans l’espoir de nouer des alliances ». Cette dimension de portage des politiques françaises, en particulier dans le cadre des négociations au niveau européen, explique que le poste nécessite une expérience certaine. « Il faut bien connaître les réseaux du ministère, et ceux du pays où l’on est installé, pour faire l’intermédiation, être crédible, avoir de l’influence, porter les besoins de la France ».

Comme tous ses collègues ailleurs dans le monde, Philippe Mérillon a des relations quotidiennes avec les directions du ministère de l’Agriculture (DGPE, DGAL, DGER, DGAMPA), FranceAgriMer, Business France, mais aussi avec les interprofessions agricoles, en particulier celles de l’élevage, de la viticulture et des fruits et légumes : le marché italien représente pour elles un important débouché à l’export.

photo de groupe de plusieurs représentants agricoles

Un pilotage dynamique

La force du réseau des conseillers agricoles et sa professionnalisation résident justement dans le dynamisme de son pilotage et de son animation par la DGPE, en partenariat avec les autres directions du ministère. L’intégration des conseillers agricoles dans les équipes de la DG Trésor en poste à l’étranger renforce en outre leur expertise sur les enjeux économiques transverses. Enfin, la cohésion du réseau est assurée par un groupement des conseillers agricoles, piloté actuellement par le conseiller agricole en poste à Canberra.

On attend aussi du conseiller agricole qu’il puisse identifier, dans les pays relevant de sa zone de compétence, les bonnes pratiques réplicables en France. « Par exemple, les Italiens sont très forts pour accompagner leurs entreprises à l’étranger, avec une approche collective et une grande agilité, explique Philippe Mérillon. J’ai donc eu une demande de la DGPE de faire une fiche sur ce système, afin de s’en inspirer ». Une pratique de benchmarking qui s’est beaucoup développée ces dernières années.

Une variété de sujets et d’interlocuteurs

La dimension régionale du poste, la variété des interlocuteurs et des sujets à traiter, allant de l’économie au sanitaire, en passant par l’enseignement agricole et la recherche, le tout en autonomie mais en s’appuyant sur un réseau solide : voilà ce qui rend le métier passionnant, et en fait une étape particulière dans une carrière. Philippe Mérillon le confirme : « J’ai eu la chance de tirer parti de tout ce que le ministère offre à ses agents : un parcours diversifié, avec la possibilité de faire des choses très différentes, et où chaque étape est enrichie par les précédentes ».

Son parcours

  • 1984 : IEP Bordeaux.
  • 1987 : Formation d’administrateur des affaires maritimes.
  • 1987 : Directeur départemental adjoint des affaires maritimes de la Manche.
  • 1992 : Conseiller pêche au cabinet du ministre chargé de la mer.
  • 1993-2002 : Chef du bureau des marchés des produits de la mer puis du bureau Orient/Asie, et du bureau des fruits et légumes.
  • 2002 : Conseiller agricole en Espagne.
  • 2006 : Chef du service de la stratégie agro- alimentaire et du développement durable.
  • 2009 : Chef du service RH du ministère.
  • 2013 : Directeur de la DRAAF Languedoc-Roussillon.
  • 2016 : Directeur général adjoint de FranceAgriMer.
  • 2018 : Directeur, secrétaire général adjoint du ministère.
  • 2024 : Conseiller agricole régional (Italie, Grèce, Slovénie, Croatie).

Le saviez-vous ?

Le réseau des conseillers pour les affaires agricoles : des acteurs clés de la diplomatie économique agricole à l’international.
Avec 43 conseillers en poste à l’étranger, la France dispose du deuxième plus grand réseau agricole mondial. Rattachés aux services économiques de 26 ambassades (hors représentations permanentes), ces conseillers couvrent plus de 120 pays stratégiques, dans l’Union européenne et dans les pays tiers. Les conseillers aux affaires agricoles promeuvent à l’international les politiques publiques développées et mises en œuvre par le ministère en charge de l’agriculture. Ils constituent un réseau d’influence et de diplomatie pour la France, et sont des acteurs clés de promotion des produits agricoles et agroalimentaires français à travers le monde.