Plateaux techniques pour l’agroéquipement
25/11/2016
Nicolas Petit
Le CGE, l’IGAENR et le CGAAER ont été chargés en septembre 2015 d’une mission de cartographie et d’analyse des besoins en matière de plateaux techniques pour agroéquipements, mission pouvant initier une meilleure structuration de l’offre française

légende et crédit ci-après
© Emmanuel Piron
Rapport de mission interministérielle de conseil n°15104 CGAAER - IGAENR - CGE

Juin 2016

Mots clés : Agriculture numérique, agroéquipement, bancs d’essai, essais, homologation, plateaux techniques, R&D, réception, robotique

Enjeux

Le marché mondial des agroéquipements est dominé par les grands tractoristes. Son développement devrait se poursuivre.

La France, hors plusieurs usines des tractoristes, compte quelques entreprises de taille intermédiaire (ETI) spécialisées disposant d’un leadership international, et une grosse centaine de producteurs locaux. Globalement, son offre industrielle n’est pas à la hauteur des atouts que son agriculture lui confère.

La révolution technologique (numérique, robotique, agronomique) que le secteur aborde avive l’utilité d’un dispositif efficient de soutien de l’évolution de l’offre des agroéquipementiers, dispositif dont les plateaux techniques pour agroéquipements font partie.

Méthodologie

La mission s’inscrivait dans l’approfondissement de deux des recommandations du rapport Bournigal d’octobre 2014 (Définir ensemble le futur du secteur des agroéquipements). Composée de trois membres respectivement issu du CGAAER, de l’IGAENR et du CGE, elle a procédé, de novembre 2015 à mai 2016, par enquête et entretiens auprès de l’ensemble des parties prenantes du dispositif des plateaux techniques, pouvoirs publics, établissements de recherche et d’enseignement, centres techniques, agroéquipementiers, acteurs du développement agricole, pour que soient mieux identifiés et exprimés les enjeux, les intérêts, les possibilités et les difficultés quant aux évolutions à envisager.

Résumé

La première partie du rapport établit un état des lieux.
Après une brève présentation du secteur de l’agroéquipement, elle précise ce qu’est un plateau technique et décrit ses activités, avec une distinction fondamentale entre tests et essais.
Les plateaux techniques, ensuite recensés, relèvent de deux catégories.

D’une part, ceux consacrés aux caractéristiques mécaniques, énergétiques et électroniques des composants et équipements, utilisés par l’ensemble de l’industrie mécanique et non spécifiques aux agroéquipements. Le CETIM et l’UTAC sont les acteurs centraux dans cette catégorie. Les outils spécialisés d’autres opérateurs sont également accessibles, d’où une offre globalement complète. Seul le champ de la robotique peut présenter un manque de moyens d’essais.

D’autre part, ceux consacrés à des process correspondant à des pratiques culturales, catégorie composée de deux plateaux de l’IRSTEA consacrés à l’épandage et à la pulvérisation. Les deux présentent un besoin de jouvence et une utilisation industrielle inférieure à ce qu’elle pourrait être. Alors que les nouvelles pratiques culturales (agriculture de précision et biocontrôle) peuvent nécessiter un renouvellement des moyens d’essai dans cette catégorie, la profession peine à exprimer collectivement ce besoin.

La deuxième partie traite en neuf chapitres les questions conditionnant l’avenir du dispositif global et formule dix recommandations.

Les quatre premiers chapitres traitent les questions pointées par la lettre de mission : le besoin des agroéquipementiers en matière de plateaux techniques, dont l’expression est inférieure à ce qu’elle devrait être ; la mise en réseau des plateaux techniques, avec deux recommandations de coordination pour optimiser le dispositif ; la couverture des besoins process, avec une recommandation d’initiative collective de la profession ; et enfin les suites à donner à la fermeture de la plateforme d’Antony, avec deux recommandations pour que ses diverses activités soient bien relayées.

Le cinquième chapitre, relatif au passage à la réception européenne des agroéquipements, pointe un danger de désarmement de la collectivité nationale, tant administratif que technique, face aux risques de non-respect des exigences que la réglementation européenne est censée conforter et de perte de compétitivité hors prix du secteur industriel. D’où une recommandation pour casser le cercle vicieux de ce désarmement.

Les quatre derniers chapitres traitent de l’insertion des plateaux techniques dans l’ensemble recherche-formation-développement. Pour chacun des aspects abordés, un fort risque de sous-criticité du dispositif en place est pointé, et une recommandation de concertation pour y remédier est formulée.

La conclusion formule une recommandation clé de voûte pour que les acteurs publics et privés concernés fassent système tant qu’il est encore temps : la mise en place d’un comité stratégique de filière en soutien de la nécessaire mobilisation des acteurs eux-mêmes.

Lien vers le rapport


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