Peste des petits ruminants (PPR) : la foire aux questions
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La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie inscrite sur la liste des maladies de catégorie A de la Loi Santé Animale européenne (règlement UE 2016/429) due à un virus à ARN du genre Morbillivirus et touchant tous les petits ruminants domestiques et sauvages. C'est une maladie d'évolution rapide dont les mesures de gestion sont déclinées dans un plan d’intervention d’urgence (PISU).
Présentation générale de la maladie
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La peste des petits ruminants (PPR) est une maladie virale strictement animale (non transmissible aux humains) qui n’affecte que les moutons et les chèvres et exceptionnellement des espèces sauvages (antilopes). Les autres espèces animales ne sont pas concernées. La PPR n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des petits ruminants infectés, ni par la consommation de produits issus de petits ruminants contaminés, ni par piqûres d’insectes.
La PPR est fortement préjudiciable à la santé des petits ruminants et conduit à des pertes de production importantes, jusqu’à la mort d’une partie des animaux du cheptel infecté. Elle est classée en droit européen comme maladie de catégorie A, soit une maladie habituellement absente de l’Union européenne et contre laquelle des mesures doivent être prises pour un objectif d’éradication immédiate. -
La PPR est présente en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie centrale, Inde et Chine. Une épizootie majeure est survenue en Grèce et en Roumanie au cours de l’été 2024. Des émergences de la PPR ont été observées en Géorgie en 2016, en Bulgarie en 2018, en Géorgie, Grèce, Roumanie et Bulgarie en 2024 et dans plusieurs pays du Sud Est de l’Europe en 2025 et 2026.
La France est à ce jour indemne de cette maladie.
Symptômes
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La période d'incubation de PPR est variable, et a été établie à 21 jours par le Code terrestre de l’Organisation mondiale de la santé animale. À l’issue de cette période d’incubation, plusieurs signes généraux peuvent apparaître : fièvre, difficultés respiratoires. Des écoulements au niveau du nez, des yeux ou de la bouche et/ou oculaire, des lésions buccales (avec ou sans croûtes), de la salivation et des diarrhées sévères peuvent aussi être observées. Dans certains cas seuls des avortements sont notés.
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Lorsque ces symptômes sont observés, l’éleveur alerte son vétérinaire qui se rend sur place pour les constater. En cas de suspicion de PPR, le vétérinaire alerte à son tour les services de l’État (Direction départementale en charge de la protection des populations, DDecPP) qui organisent avec le vétérinaire les prélèvements et l’envoi rapide des échantillons au laboratoire national de référence (LNR). Si le laboratoire confirme la maladie, des mesures seront prises dans l’élevage et dans une zone réglementée qui est mise en place autour.
Consulter la liste des laboratoires officiels et reconnus en santé animale.
Propagation / transmission
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La PPR se transmet principalement par contacts étroits entre animaux. La transmission à longue distance s’effectue par le mouvement d’animaux contaminés, de véhicules mal nettoyés et désinfectés, et de personnes transportant le virus sur leurs vêtements, leurs chaussures ou sur leurs équipements.
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Les périodes précédant des mouvements importants d’animaux, comme par exemple les évènements festifs ou religieux (Pâques, Aïd el Kébir, …) sont particulièrement à risque si les animaux transportés et/ou rassemblés proviennent de zones infectées.
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Le virus n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des petits ruminants infectés, ni par la consommation de produits issus de petits ruminants contaminés.
Une personne se rendant sur une exploitation d’élevage ou à proximité d’une pâture ne risque donc pas de se contaminer.
Par contre, une personne en contact avec les animaux peut porter/transporter du virus sur ses vêtements ou ses chaussures et propager l’infection. -
Le virus n’est pas transmissible aux animaux autres que les petits ruminants. La PPR n’est pas transmissible aux chiens, chats, chevaux ou bovins par exemple. Ils ne contribueront donc pas à la propagation du virus.
Il n’y a donc pas de raison d’interdire les mouvements des animaux (autres que les petits ruminants), ni les activités équestres par exemple. En revanche les véhicules ayant préalablement servi au transport d’animaux sensibles doivent être nettoyés et désinfectés avant toute réutilisation du véhicule.
Mesures de gestion
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La lutte contre la PPR passe d’abord par la gestion appropriée des suspicions de maladie en élevage de petits ruminants : suspension immédiate des mouvements et réalisation de prélèvements.
En cas de confirmation de l’infection, les mesures de gestion des foyers détectés sont :- dépeuplement de tous les petits ruminants du foyer. Du fait des caractéristiques épidémiques de cette maladie, l’arrêt de la propagation à d’autres élevages et l'éradication de la PPR ne sont possibles qu'en appliquant un dépeuplement total des petits ruminants des foyers, en plus des mesures de limitation des mouvements et de biosécurité. Étant donné son impact important sur la santé animale, la PPR est classée, en droit européen, comme maladie de catégorie A, et le règlement UE 2020/687 (article 12) impose un dépeuplement total.
- nettoyage, désinfection du site d’élevage et du matériel (dont véhicules).
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Même s’ils semblent en bonne santé, les petits ruminants d’un groupe infecté peuvent être porteurs silencieux du virus pendant plusieurs jours. Ils peuvent contribuer à le transmettre sans qu’on puisse le détecter avec certitude, même avec des analyses de laboratoire.
Ne dépeupler au sein d’un foyer que les animaux présentant des symptômes fait prendre un risque de propagation de la maladie, car la présence du virus sera maintenue par les animaux infectés sans symptômes.
Seul le dépeuplement total du foyer permet de d’éteindre rapidement la circulation du virus. L’expérience des pays qui ont mis en œuvre cette méthode montre que c’est la plus efficace, associée aux autres mesures de lutte que sont le contrôle des mouvements. -
La PPR est une maladie virale, et il n'existe pas de médicament pour éliminer ce virus. Une fois la maladie introduite dans un troupeau, elle se propage, une partie des malades ne survivront pas. Tous les petits ruminants atteints sont dangereux car ils sont hautement contagieux pour tous les troupeaux voisins de petits ruminants.
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Le dépeuplement se fait rapidement et sur place, pour éviter de déplacer le virus en déplaçant les petits ruminants infectés. Il est fait sous supervision de vétérinaires, sous l’autorité des services de l’État, afin de maîtriser le risque sanitaire et les conditions de mise à mort des animaux. Les animaux vivants infectés sont la source principale de virus, leur mise à mort rapide est donc nécessaire.
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Les véhicules de transport des cadavres de petits ruminants sont étanches les roues/bas de caisse et le dessus sont désinfectés à la fin du remplissage. Le transport est direct jusqu’à l’usine d’équarrissage. Ces mesures permettent de maitriser le risque de propagation de la maladie pendant le transport des cadavres.
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Les cadavres de petits ruminants issus des foyers de PPR ont le statut de sous-produits animaux. Ils sont collectés et d’abord transformés en farines animales par une entreprise spécialisée et agréée pour cette activité. Le traitement permettant la transformation en farines animales est équivalent à une stérilisation. Les farines sont destinées à être éliminées par incinération, le plus souvent en cimenterie.
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Une zone réglementée est instaurée autour du foyer par arrêté préfectoral.
Cette zone réglementée comprend :- une zone dite « de surveillance », dans un rayon de 20 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent des mesures de prévention (renforcement de la surveillance vétérinaire, désinsectisation), ainsi que des restrictions sur le déplacement des petits ruminants visant à éviter que la maladie ne soit diffusée dans d’autres élevages par transport de petits ruminants.
- une zone dite « de protection », dans un rayon de 5 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent les mêmes règles que dans la zone de surveillance, avec des mesures plus strictes concernant le déplacement des animaux. Si 21 jours s’écoulent après le dépeuplement du dernier élevage infecté, sans détection d’autres foyers, alors la « zone de protection » devient une « zone de surveillance ».
Soutien aux éleveurs
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Dans les zones touchées par le virus, les éleveurs vivent une situation très difficile, en particulier quand leur cheptel est touché. Des cellules dédiées sont prévues par la Mutualité sociale agricole pour l’accompagnement social.
Les Chambres d’agriculture mettent également en place des guichets d'assistance aux éleveurs (réseau Réagir).
L’Etat apporte un soutien financier via une indemnisation des éleveurs touchés par la maladie.
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Un foyer est dépeuplé afin d’éviter la propagation de la maladie à d'autres élevage. Le propriétaire des animaux reçoit une indemnisation de l'État pour chacun des animaux abattus sur ordre de l'administration. Deux experts indépendants sont chargés d'évaluer la valeur de remplacement en fonction de l’âge, de la génétique, du potentiel de production... Un acompte peut être versé dans les jours suivant le dépeuplement, sans attendre l’évaluation de ces experts.
De plus, la période d’improductivité de l’exploitation est également indemnisée via la prise en compte du déficit momentané de production.
Vaccination
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Un vaccin existe et est disponible dans la banque européenne de vaccin. Il s’agit d’un vaccin vivant atténué reconnu pour sa qualité, son innocuité et son efficacité.
Il ne présente aucun danger pour l'humain, ni pour l'environnement, et n'a aucun impact sur la qualité de la viande ou du lait.
Références utiles
Voir aussi
Les maladies animales de catégorie A ou maladies faisant l’objet d’un plan d’intervention sanitaire d’urgence (PISU)
27 mai 2026Santé / Protection des animaux