Les systèmes d'information pour la diffusion des connaissances liées à la transition agro-écologique
01/09/2020
Didier Kholler, Véronique Vissac-Charles
Une mission du CGAAER a été chargée d'étudier les systèmes d’information actuellement à l’œuvre pour la diffusion des connaissances liées à la transition agro-écologique et d'en améliorer l'efficacité.

Crédit ci-après
Cheick Saidou / agriculture.gouv.fr
Rapport de mission d'expertise et conseil n° 19082

Septembre 2020

Mots-clés : agro-écologie, communication, connaissance, développement agricole, développement rural, diffusion de l'information, diffusion de l'innovation, recherche et développement, système d'information

Enjeux

Pour accompagner la transition des systèmes agricoles et alimentaires, le développement agricole est chargé d'assurer la production de connaissances, de technologies et de méthodes, et d’en permettre l'appropriation par les acteurs concernés.

La capitalisation et la diffusion de ces connaissances sont donc essentielles à la performance des politiques de développement agricole. Cependant, les connaissances requises par la transition agro-écologique présentent des caractéristiques nouvelles, reposant sur des approches pluridisciplinaires, la transversalité et la collaboration entre les acteurs.

Dans ce contexte, les nombreuses sources d’informations, indispensables à la richesse des débats techniques, doivent être rendues cohérentes et lisibles pour que les acteurs de terrain tirent le meilleur parti des résultats générés par les programmes publics de recherche et de développement. La pluralité de l'information ne doit pas en effet pas aboutir à un foisonnement déstructuré, au risque de complexifier et de renchérir le coût d'accès à l'information pertinente, de décourager les démarches individuelles d'évolution et de retarder la massification de la transition des systèmes agricoles.

Une mission du CGAAER a ainsi été chargée d'étudier les différents systèmes d'information actuellement à l’œuvre en matière de transition agro-écologique, puis d'en déduire des recommandations visant à faire évoluer le dispositif en place, pour un meilleur ciblage et une meilleure coordination.

Méthodologie

La mission a donné lieu, entre les mois de février et juin 2020, à une série d'entretiens avec une centaine d'interlocuteurs : responsables ministériels, acteurs de la recherche-développement, partenaires des pouvoirs publics pour le développement agricole et rural.

Ces échanges ont été complétés par l'envoi d'un questionnaire à des responsables de sites ou de plate-formes d'information, dans le but de recueillir les éléments pertinents sur le service qu'ils proposent, en termes de contenus, de publics visés, de fréquentation et de suivi d'activité.

Résumé

Les contenus des différents sites numériques d'information actuellement disponibles en matière de transition agro-écologique, renseignés par les acteurs de la recherche et du développement, sont ouverts et variés, dans la mesure où ils rendent compte pour un grand nombre de sujets, de l'ensemble des options étudiées, envisagées, ou simplement explorées...

Il en résulte un dispositif d'information et de communication foisonnant, où même les sites les plus liés aux pouvoirs publics (EcophytoPIC, R&D Agri, AgroSyst,…) peinent à adopter des méthodes et des contenus qui garantissent des relais de diffusion simples, concrets et adaptés à leur finalité politique.

L'évolution à engager pour y remédier doit accorder une plus grande place à l'objectif de communication en tant que tel, en respectant les principes de ciblage stratégique du discours, de déclinaison des messages et d'analyse critique des impacts. On en déduira, comme dans toute communication, que l'essentiel n'est pas dans la technicité et l'exhaustivité de l'information, mais plutôt dans le sens que lui donne le locuteur et dans les possibilités d'appropriation qui en résultent pour le destinataire.

Dans la mesure où l'objectif des pouvoirs publics en matière de transition agro-écologique est de modifier en grand nombre les pratiques agricoles, c'est vers les agriculteurs eux-mêmes que les messages doivent être orientés avec, en tant que de besoin, l'appui des conseillers agricoles. Il est proposé que le travail d'animation des sites liés à la transition agro-écologique, intègre cette priorité.

Concrètement, deux outils seraient conservés en tant que sites de diffusion prioritaires pour les ministères : le site EcophytoPIC qui est déjà ancien et dispose d'une bonne visibilité, et un nouveau site R&D Agro-écologie qui prendra la suite de R&D Agri, sur un périmètre allant au-delà du CASDAR.

Par ailleurs, la coordination des pratiques et la complémentarité des catalogues seraient plus simples si les personnes en charge de l'animation des deux sites étaient regroupées en une seule équipe. Celle-ci devra disposer de la part des administrations centrales de moyens de fonctionnement adaptés à l'extension des missions et d'un mandat explicite qui se traduirait par des directives formelles, régulièrement évaluées. Elle en tirera de la légitimité pour intervenir de son propre chef auprès de tous les acteurs de la R&D agricole dès lors qu'ils auront bénéficié de financements publics.

Un travail éditorial commun aux deux sites de diffusion pourra donc s'engager, d'autant que la production et la mise en forme des livrables relèvera le plus possible des contributeurs eux-mêmes. En effet en application des conventions de financement signées avec l’État, l'équipe d'animation commune bénéficierait auprès des équipes projet de contacts prioritaires pour discuter précocement et régulièrement de la forme et de la teneur des livrables attendus.

L'équipe d'animation disposerait ainsi d'une réelle marge de manœuvre pour orienter les publications, fixer les thématiques prioritaires et susciter la participation des usagers. C'est d'ailleurs les retours des usagers qui seront les plus utiles à l'analyse des impacts, dans la mesure où ils répondent directement à l'objectif gouvernemental de pédagogie par l'exemple et de diffusion des nouvelles pratiques.

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