Le biocontrôle au cœur du PARSADA
Partager la page
Défini depuis 2014 dans le code rural et de la pêche maritime, le biocontrôle s’inscrit aujourd’hui dans une nouvelle dynamique, au cœur des grands programmes de financement. Le biocontrôle repose sur un ensemble de mécanismes naturels, que ce soit au travers des interactions entre espèces (macro et micro-organismes), de substances naturelles végétales ou minérales ou encore de médiateurs chimiques. Il fait l’objet d’une Stratégie nationale de déploiement du biocontrôle (SNDB).
Par ses origines et ses propriétés, le biocontrôle s’inscrit donc naturellement dans les projets du Plan d’action stratégique pour l’anticipation du potentiel retrait européen des substances actives et le développement de techniques alternatives pour la protection des cultures (PARSADA). Le PARSADA contribue pleinement aux objectifs de réduction de l’usage et des risques globaux des produits phytopharmaceutiques fixés par la Stratégie Ecophyto 2030 et aux objectifs d’alimentation saine et durable pour tous fixés par la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) ; et bénéficie de financements au titre de la planification écologique.
Une grande diversité de leviers de biocontrôle étudiés
Sur les 45 projets lauréats du PARSADA, 35 projets portent sur des leviers de biocontrôle dans différentes proportions. Pour certaines filières, le biocontrôle est une solution-clé, étant notamment étudié dans tous les projets des filières vignes et semences. Dans la globalité, plus de la moitié des projets de chaque filière inclut au moins une solution de biocontrôle. Certains projets en font même leur objet principal d’étude.
Une grande diversité de solutions de biocontrôle sont représentés dans les projets PARSADA. On dénombre ainsi 19 leviers, répartis dans les 4 catégories d’agents et produits de biocontrôle (macro-organismes, micro-organismes, médiateurs chimiques et substances naturelles). Deux leviers en particulier sont très représentés dans les projets PARSADA :
-
Les plantes de services : il s’agit de plantes semées qui peuvent concurrencer les adventices, repousser des bioagresseurs en émettant des composés organiques volatils (COV), attirer et héberger des auxiliaires de culture. En ce sens, les plantes de service entrent dans la définition technique du biocontrôle. Toutefois, n’étant pas utilisées comme agents de lutte biologique directe, elles ne sont pas intégrées à la définition réglementaire du biocontrôle. Il demeure cependant nécessaire de se conformer à la réglementation générale sur les semences et l’introduction d’espèces exotiques le cas échéant.
-
Les phéromones : il s’agit de composés organiques, souvent volatils, qui permettent la communication entre des individus de la même espèce principalement. Utilisées comme solution de biocontrôle, elles permettent notamment de piéger les ravageurs ou de perturber leur reproduction. L’un des exemples les plus connus d’utilisation de phéromones en biocontrôle est la méthode de confusion sexuelle appliquée contre les tordeuses de la vigne.
Les projets du PARSADA visent à compléter les connaissances sur ces différents leviers et développer de nouvelles solutions face aux contextes agricoles et sanitaires en perpétuelle évolution. Pour connaître le détail des leviers de biocontrôle étudiés dans les projets PARSADA, consultez le numéro Spécial biocontrôle du PARSADA-infos.
Retrouvez également toute l’actualité du PARSADA ici.
Une complémentarité thématique et fonctionnelle avec le Grand Défi Biocontrôle et Biostimulation pour l’Agroécologie
Lancé au Salon de l’agriculture le 1er mars 2024, pour une durée de 6 ans dans le cadre de France 2030 et répondant à la Stratégie Ecophyto 2030, le Grand défi biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie (GDBBA), animé par l’Association biocontrôle et biostimulation pour l’agroécologie (ABBA), soutient la recherche et le déploiement d’alternatives aux produits de synthèse, pour la protection des cultures et leur fertilisation.
Ses grands objectifs sont de diversifier des modèles d’affaires, notamment en accompagnant la genèse de nouveaux acteurs, de lever le plafonnement dans l'utilisation des méthodes innovantes, de permettre la mobilisation de tous les mécanismes basés sur des fonctions naturelles bénéfiques à l'agriculture. Ses orientations générales sont de favoriser les stratégies de rupture et de reconception et de mobiliser tous les acteurs concernés dans une démarche participative.
Pour cela, un réseau de projets complémentaires appelé « infrastructure distribuée » est progressivement mis à disposition des acteurs de la recherche, du développement et de l'innovation, et plus largement de tous les acteurs de la production agricole. Il inclut des structures et des services d'accompagnement, des plateformes technologiques et des territoires de démonstration. Ce dispositif est complété par un appel à projets ciblant d'une part la création de nouvelles entités et de nouvelles activités porteuses d'approches novatrices et disruptives incluant le soutien à des innovations organisationnelles ou techniques en émergence et d'autre part la démultiplication de méthodes existantes, ayant fait leurs preuves sur le terrain, mais dont le taux de pénétration du marché reste limité. Le cahier des charges est disponible sur le site de Bpifrance.
La complémentarité est alors évidente : les nouvelles solutions issues du PARSADA devront faire leur chemin vers l'application, via les entreprises, les réseaux d'acteurs ou les organismes de conseil. Le GDBBA facilite cette évolution par ses structures de recherche et développement, par son action d'accompagnement, par ses territoires de démonstration et par son soutien à l'émergence de nouvelles activités.
Par exemple, le projet PARSADA intitulé MOBACCLIM, qui vise à mettre en place des actions de lutte biologique contre des insectes et des adventices, trouve une pleine complémentarité avec la composante DURABICS (ou « Réseau d’infrastructures pour l’essor des stratégies les plus durables de biocontrôle et biostimulation ») de l’infrastructure distribuée du GDBBA qui soutient l'innovation organisationnelle sur le même sujet.
La filière cerise est également fortement concernée par cette complémentarité. Elle fait l’objet de trois projets PARSADA (DROSOPHILA SUZUKII, OPTIMISTII et QUANDINSKII) qui visent à lutter contre la mouche asiatique Drosophila suzukii qui cause des ravages dans les cultures. Ces projets PARSADA, construits en lien fort avec les structures professionnelles, ont obtenu le soutien du GDBBA pour mettre en place le territoire de démonstration TerCo CFR (ou « Territoire de Co-Innovation Cerise-Fruits-Rouges » en région Auvergne Rhône Alpes), dont l'objectif est de permettre l’appropriation par les producteurs des nombreux leviers de gestion des insectes aujourd’hui en développement, dans une démarche de gestion intégrée.
Voir aussi
Qu’est-ce que le biocontrôle ?
29 juillet 2026Santé / Protection des végétaux
Quels sont les produits de biocontrôle ?
29 juillet 2026Santé / Protection des végétaux
Le biocontrôle, des solutions pour réduire l'utilisation des produits phytopharmaceutiques conventionnels
05 août 2026Transitions et adaptation