Installer de nouveaux agriculteurs : un projet de territoire de la Biovallée
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr
Dans la Drôme, le projet Biovallée, porté par trois communautés de communes, s’est fixé l’objectif de 50% d’exploitations certifiées agriculture biologique à l’horizon 2040. Dans ce but, la communauté de commune du Val-de-Drôme s’est portée acquéreuse de terres agricoles pour l'installation de 4 agriculteurs.

 « Lorsque que l’on n’est pas issu du monde agricole, l’accès à la terre est difficile », explique Jean Serret, président de la Communauté de commune du Val-de-Drôme. « Mais, sur notre territoire, on a la volonté de développer des petites productions à forte valeur ajoutée qui garantissent un revenu décent. En rachetant cette exploitation de 8 hectares, nous permettons l’installation d’un maraîcher, de deux éleveuses ovines et d’une productrice de plantes à parfums, aromatiques et médicinales ».

Un accès à la terre « sous conditions environnementales »

Les terres sont louées dans le cadre d’un « bail environnemental » afin de garantir des modes d'exploitation respectueux de l’environnement dans le temps. L’objectif de la communauté de communes est de développer l’activité agricole tout en veillant à préserver les ressources naturelles pour garantir une qualité de vie aux habitants.

« Toute la production est vendue localement, en restauration collective et dans le magasin de la ferme qui propose également les productions des agriculteurs alentour. Les habitants peuvent ainsi se fournir en produits alimentaires – légumes, yaourts, fromages – mais aussi en huiles essentielles, eaux florales et cosmétiques transformés sur place », indique Jean Serret.

Un projet qui bénéficie à tous les habitants…

« Nous participons à Agri-court – la plateforme départementale d’approvisionnement de la restauration collective – afin de faire rayonner la ferme à l’échelle du territoire. Ce projet s’intègre complètement dans les objectifs de la Biovallée : donner aux habitants une qualité de vie grâce à une agriculture de qualité à l’échelle de la Drôme », conclut Jean Serret.

… avec la participation de l’Union européenne

Le rachat des terres et des bâtiments a coûté 450 000 euros dont 200 000 euros sont issus d’une enveloppe européenne. L’Union européenne finance de nombreux projets pour l’attractivité et le dynamisme des territoires, via le « second pilier » de la Politique agricole commune (PAC), avec un fonds dédié : le Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader).

Ce fonds contribue à développer les projets en milieu rural et à préserver les ressources naturelles sur lesquelles s’appuie l’activité agricole. Ainsi, le Feader soutient l'installation des jeunes agriculteurs, les zones Natura 2000, les Mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), l'Indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN) pour les zones défavorisées (montagne) et l'agriculture biologique.