Hauts-de-France : illustration d'une région qui se prépare au Brexit
Pascal Xicluna / agriculture.gouv.fr

Dans la perspective de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE), les régions concernées doivent anticiper pour faire face à ses multiples conséquences. C'est le cas des Hauts-de-France qui, de part sa localisation, sera impactée par le Brexit. Quels dispositifs sont mis en place et dans quel objectif ? Les réponses de Magali Pecquery, directrice adjointe de la Direction régionale de la région Hauts-de-France (DRAAF).

Dans quelle mesure la DRAAF sera-t-elle impactée ?

Notre façade maritime se trouve être zone frontalière avec la Grande-Bretagne. Du fait de sa sortie de l’UE, celle-ci deviendra un pays tiers et tous les produits importés seront traités comme ceux du reste du monde, soumis à des contrôles douaniers, qui ne sont pas de notre compétence, et à des contrôles sanitaires et phytosanitaires, qui eux, relèvent de la compétence du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation.

La charge de travail des postes SIVEP (services d’inspection vétérinaires et phytosanitaires aux frontières) sera accrue. Ces services ont une compétence nationale mais sont rattachés administrativement à la DRAAF.

Quelles seront les marchandises soumises à ces inspections ?

En moyenne, nous évaluons entre 300 000 et 400 000 lots en provenance de Grande-Bretagne par an.

Ce sont à la fois des produits d’origine animale destinés à l’alimentation humaine (viandes, poissons et produits de la mer, conserves, surgelés…), des produits d’origine animale non destinés à la consommation (des trophées de chasse par exemple), des produits bruts d’origine animale (des ballots de laine brute par exemple), des produits destinés à l’alimentation animale, des produits végétaux bruts (des plants végétaux, du bois, certains fruits et légumes, céréales non transformées, produits végétaux destinés à l’alimentation animale)... Le panorama est vaste !

Quel impact sur les équipes sur place ?

Nous avons renforcé le poste existant de Dunkerque, créé deux postes à Calais, un sur le port, un à l’arrivée du tunnel, et un poste à Boulogne, au plus près des sites de transformation des produits de la pêche, qui arrivent en camion depuis Calais.

Début février, nous avions recruté 25 agents. Depuis, nous en avons recrutés en quatre vagues pour arriver aujourd’hui à 145. Ils bénéficient de deux mois de formation, y compris de périodes de pratique auprès des autres SIVEP de France.
Ce chiffre de 145 recrutements, dont 25 vétérinaires, s’explique par le fait que nos sites fonctionneront 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Ces agents seront opérationnels pour la date prévue de sortie du Royaume-Uni.

Dès que le Brexit sera acté, nous analyserons les flux réels, afin d’ajuster la répartition des agents sur les différents postes si nécessaire, ou de recruter encore s’il le faut pour faire face aux exigences réglementaires.

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