Former les jeunes qui feront l’agriculture de demain
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Au lycée Charles Baltet, à Saint-Pouange (Aube), les équipes du campus Terres de l’Aube accompagnent chaque jour des centaines de jeunes qui se préparent aux métiers du vivant. Entre pédagogie active, projets collectifs et vie en internat, l’enseignement agricole y affirme une mission essentielle : former à la fois des futurs professionnels et des citoyens éclairés.
À Saint-Pouange, la journée commence au milieu des six cents brebis de l’exploitation agricole du lycée. En cours de zootechnie, les élèves manipulent, questionnent, observent. Les groupes sont réduits, l’attention totale. Ici, on favorise la pédagogie active et l’apprentissage sur le terrain. « Notre rôle est de transmettre du concret. On sait qu’on forme les futurs chefs d’exploitation, salariés ou techniciens de demain », explique Mégane Lefour, enseignante en zootechnie. Comme ses collègues, elle adopte une pédagogie différenciée, centrée sur les enjeux actuels du vivant. « On est dans un monde en transition. Les pratiques évoluent. Je ne leur enseigne pas ce qu’on m’a enseigné il y a vingt ans », confie-t-elle.
Les projets menés par les élèves – toujours en lien avec le territoire – renforcent cette approche. Le programme de sciences participatives COLCOPEA, consacré au rôle des insectes bousiers dans la biodiversité des sols, en est un bon exemple. « On réfléchit ensemble à l’impact de nos pratiques, en lien constant avec le terrain. Les élèves s’épanouissent parce qu’ils comprennent le sens de ce qu’ils apprennent », résume Mégane.
Accompagner des citoyens en devenir
Dans le nouveau foyer du lycée (voir ci-contre), inauguré à l’initiative des jeunes, l’apprentissage se poursuit autrement. Plus de 70 % des élèves vivent à l’internat, une spécificité qui change la relation éducative. Les CPE (conseillers principaux d’éducation), Fabienne Quencez et Thomas Barsou, les accompagnent au quotidien. « L’internat change tout. C’est là que les jeunes gagnent en autonomie, reprennent confiance, construisent leur identité », explique Fabienne.
Le travail d’équipe y est essentiel : vie scolaire, enseignants et direction échangent en continu. « Le quotidien n’est pas toujours facile, mais c’est ce qui fait la richesse du métier. Voir un jeune progresser, c’est notre plus grande réussite », poursuit-elle.
La proximité, marqueur fort de l’enseignement agricole, crée un climat éducatif particulier. « Il y a une vraie dimension humaine. On aide les jeunes à grandir, on les accompagne pour qu’ils deviennent des adultes responsables, mais aussi des citoyens éclairés », souligne Thomas.
L’éducation socioculturelle (ESC), discipline emblématique de l’enseignement agricole, prolonge cette approche. En développant le lien social, l’accès à la culture et l’ouverture d’esprit, l’ESC contribue, elle aussi, à former une génération engagée.
Un pilotage au service du territoire et des équipes
En fin de journée, Stephen Bonnessoeur, directeur du campus Terres de l’Aube, nous confie le cœur de son métier : piloter un établissement agricole, c’est avant tout coordonner des équipes, des projets et des partenariats. « Mon travail, c’est de créer les conditions pour que chacun puisse agir, tout en restant en lien étroit avec le territoire : exploitants, collectivités, entreprises… ce sont eux qui ancrent nos formations dans le réel ».
Le campus Terres de l’Aube en chiffres
321 collégiens, lycéens et étudiants
76 % d’internes
36 enseignants (15 hommes, 21 femmes)
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