Fièvre aphteuse : la foire aux questions
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Maladie d’origine virale, la fièvre aphteuse (foot and mouth disease en anglais) est l’une des maladies animales les plus contagieuses. De ce fait, elle peut entraîner des pertes économiques considérables. C’est une maladie de catégorie A de la Loi Santé Animale européenne (règlement (UE) 2016/429) soumise à déclaration obligatoire et dont les mesures de gestion sont déclinées dans un plan d’intervention d’urgence (PISU).
Présentation générale de la maladie
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La fièvre aphteuse (FA) est une maladie virale strictement animale (non transmissible aux humains) qui n’affecte que les animaux à onglons pairs : les bovins, les porcins, les moutons et les chèvres. Les autres espèces animales ne sont pas concernées. La fièvre aphteuse n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des animaux infectés, ni par la consommation de produits issus d’animaux contaminés.
La fièvre aphteuse est considérée comme l’une des maladies animales les plus contagieuses. Elle est fortement préjudiciable à la santé des animaux et conduit à des pertes de production importantes car les animaux ont du mal à s’alimenter, se déplacer. Compte tenu de la gravité et de la contagiosité de cette maladie, elle est classée en droit européen comme maladie de catégorie A, soit une maladie habituellement absente de l’Union européenne et contre laquelle des mesures doivent être prises pour un objectif d’éradication immédiate. -
La FA est présente en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie centrale, Inde et Chine. Elle a été observée en Allemagne, Slovaquie et Hongrie début 2025. Début 2026, elle a été détectée à Chypre et en Grèce. La France est à ce jour indemne de cette maladie.
Signes cliniques
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La période d'incubation de la FA peut être très courte (2 jours). Elle a été établie à 14 jours par le Code terrestre de l’Organisation mondiale de la santé animale. À l’issue de cette période d’incubation, apparaissent des vésicules (aphtes) au niveau de la bouche, des pieds (d’où le nom de la FA en anglais « Foot-and-Mouth Disease) et de la mamelle. Ces lésions peuvent induire des pertes d’onglons, notamment chez les porcs, et les aphtes sont souvent responsables d’une hypersalivation. On observe aussi des difficultés locomotrices, ainsi que des baisses de production de lait.
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Lorsque ces signes sont observés, l’éleveur alerte son vétérinaire qui se rend sur place pour les constater. En cas de suspicion de FA, le vétérinaire alerte à son tour les services de l’État (Direction départementale en charge de la protection des populations, DDecPP) qui contactent la cellule d’alertes FA de l’ANSES. Si la suspicion est retenue, la DDecPP, organise avec le vétérinaire sanitaire les prélèvements et l’envoi rapide des échantillons au laboratoire national de référence (LNR ANSES). Si le laboratoire confirme la maladie auprès de la DDecPP, des mesures seront prises dans l’élevage et dans une zone réglementée qui est mise en place autour du foyer.
Consulter la liste des laboratoires officiels et reconnus en santé animale.
Propagation / transmission
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La FA se transmet par contact direct avec des animaux infectés ou des matériaux contaminés (vêtements, chaussures, matériels), par inhalation d’aérosols infectieux ou par ingestion (chez les porcs par consommation d’aliments contaminés non cuits, chez les veaux par consommation de lait non traité). Le virus est retrouvé dans la salive mais aussi dans le lait.
La contagion à distance est possible via les mouvements d’animaux infectés mais aussi par le vent dans des conditions météorologiques particulières.
En Europe, on considère que la faune sauvage ne joue pas de rôle majeur. -
Les périodes précédant des mouvements importants d’animaux, comme par exemple les évènements festifs ou religieux (Pâques, Aïd el Kébir…) sont particulièrement à risque si les animaux transportés et/ou rassemblés proviennent de zones infectées.
La consommation de déchets de cuisines (eaux grasses) par les porcins a plusieurs fois été à l’origine d’épizooties de FA. Cette pratique est interdite en Union européenne. -
Le virus n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des animaux infectés, ni par la consommation de produits issus d’animaux contaminés.
Une personne se rendant sur une exploitation d’élevage ou à proximité d’une pâture contaminés ne risque donc pas de se contaminer.
Par contre, une personne en contact avec les animaux peut porter le virus sur ses vêtements ou ses chaussures et propager l’infection. -
Le virus n’est pas transmissible aux animaux domestiques autres que les ruminants (bovins, moutons et chèvres) et les porcins. La fièvre aphteuse n’est pas transmissible aux chiens, chats, chevaux par exemple. Ils ne contribueront donc pas à la propagation du virus.
Il n’y a donc pas de raison d’interdire les mouvements des animaux (autres que les ruminants et porcins), ni les activités équestres par exemple. En revanche les véhicules présents sur des sites infectés ou ayant préalablement servi au transport d’animaux sensibles doivent être nettoyés et désinfectés avant toute réutilisation du véhicule.
Mesures de gestion
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La lutte contre la FA passe d’abord par la gestion appropriée des suspicions de maladie en élevage de ruminants et de porcs : suspension immédiate des mouvements et réalisation de prélèvements.
En cas de confirmation de l’infection, les mesures de gestion des foyers détectés sont :- dépeuplement de tous les animaux sensibles du foyer. Du fait des caractéristiques épidémiques de cette maladie, l’arrêt de la propagation à d’autres élevages et l'éradication de la FA ne sont possibles qu'en appliquant un dépeuplement total des ruminants et des porcins des foyers, en plus des mesures de limitation des mouvements et de biosécurité. Étant donné son impact important sur la santé animale, la FA est classée, en droit européen, comme maladie de catégorie A, et le règlement UE 2020/687 (article 12) impose un dépeuplement total.
- nettoyage, désinfection du site d’élevage et du matériel (dont véhicules).
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Même s’ils semblent en bonne santé, les animaux d’un groupe infecté peuvent être en incubation. Or, ces animaux peuvent excréter le virus de la FA (excrétion pré-symptomatique). Par ailleurs, la maladie se propageant très vite à l’intérieur d’un cheptel, il n’y a rapidement plus d’animaux sans signes cliniques.
Seul le dépeuplement total du foyer permet d’éteindre rapidement la circulation du virus. L’expérience des pays qui ont mis en œuvre cette méthode montre que c’est la plus efficace, associée aux autres mesures de lutte que sont le contrôle des mouvements et éventuellement la vaccination. -
Le dépeuplement se fait rapidement et sur place, pour éviter de déplacer le virus en déplaçant les animaux infectés. Il est fait sous supervision de vétérinaires, sous l’autorité des services de l’État, afin de maîtriser le risque sanitaire et les conditions de mise à mort des animaux. Les animaux vivants infectés émettent des aérosols contaminés, leur mise à mort rapide est donc nécessaire.
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Les véhicules de transport des cadavres d’animaux sont étanches et les roues/bas de caisse et le dessus sont désinfectés à la fin du remplissage. Le transport est direct jusqu’à l’usine d’équarrissage. Ces mesures permettent de maitriser le risque de propagation de la maladie pendant le transport
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Les cadavres d’animaux issus des foyers de FA ont le statut de sous-produits animaux. Ils sont collectés et d’abord transformés en farines animales par une entreprise spécialisée et agréée pour cette activité. Le traitement permettant la transformation en farines animales est équivalent à une stérilisation. Les farines sont destinées à être éliminées par incinération, le plus souvent en cimenterie.
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Une zone réglementée est instaurée autour du foyer par arrêté préfectoral.
Cette zone réglementée comprend :- une zone dite « de surveillance », dans un rayon de 10 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent des mesures de prévention (renforcement de la surveillance vétérinaire, désinsectisation), ainsi que des restrictions sur le déplacement des bovins visant à éviter que la maladie ne soit diffusée dans d’autres élevages par transport de bovins.
- une zone dite « de protection », dans un rayon de 3 kilomètres autour du foyer, où s’appliquent les mêmes règles que dans la zone de surveillance, avec des mesures plus strictes concernant le déplacement des animaux. Si 21 jours s’écoulent après le dépeuplement du dernier élevage infecté, sans détection d’autres foyers, alors la « zone de protection » devient une « zone de surveillance ».
Soutien aux éleveurs
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Dans les zones touchées par le virus, les éleveurs vivent une situation très difficile, en particulier quand leur cheptel est touché. Des cellules dédiées sont prévues par la Mutualité sociale agricole pour l’accompagnement social.
Les Chambres d’agriculture mettent également en place des guichets d'assistance aux éleveurs (réseau Réagir).
L’État apporte un soutien financier via une indemnisation des éleveurs touchés par la maladie.
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Un foyer est dépeuplé afin d’éviter la propagation de la maladie à d'autres élevage. Le propriétaire des animaux reçoit une indemnisation de l'État pour chacun des animaux abattus sur ordre de l'administration. Deux experts indépendants sont chargés d'évaluer la valeur de remplacement en fonction de l’âge, de la génétique, du potentiel de production... Un acompte peut être versé dans les jours suivant le dépeuplement, sans attendre l’évaluation de ces experts.
De plus, la période d’improductivité de l’exploitation est également indemnisée via la prise en compte du déficit momentané de production.
Vaccination
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Des vaccins contre la FA existent et ils sont principalement utilisés dans les pays où la maladie est enzootique.
La France et l’Union Européenne disposent chacune d’une banque d’antigènes permettant de produire du vaccin. Un certain nombre de sérotypes sont présents dans ces banques.
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Les vaccins autorisés en France par l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire (ANMV) sont des vaccins inactivés (= virus tué) qui sont reconnus pour leur qualité, leur innocuité et leur efficacité. Le virus de la FA est classé en 7 sérotypes (O, A, C, ASIA1, SAT1, SAT2, SAT3). L’infection ou la vaccination contre un sérotype protège spécifiquement contre ce sérotype. Il convient donc de déterminer en premier lieu la souche virale en cause pour savoir quel vaccin utiliser.
Le vaccin ne présente aucun danger pour l'humain, ni pour l'environnement, et n'a aucun impact sur la qualité de la viande ou du lait.
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Une vaccination préventive suppose de vacciner un très grand nombre d’animaux contre des souches préalablement identifiées. Dans la mesure où on ne sait pas quelle souche et donc quel sérotype serait introduit en Europe, il a été jugé inefficace de procéder à une vaccination préventive. Celle-ci a été interdite dans l’Union Européenne en 1991.
Références utiles
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OMSA page fièvre aphteuse
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Guide pratique de diagnostic et de gestion des épizooties (MAASA)
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Commission européenne de lutte contre la fièvre aphteuse (EUFMD)
Voir aussi
Les maladies animales de catégorie A ou maladies faisant l’objet d’un plan d’intervention sanitaire d’urgence (PISU)
27 mai 2026Santé / Protection des animaux