Covid-19 : maintenir le contrôle sanitaire des denrées importées

Le rôle d’un poste de contrôle frontalier (PCF) est de réaliser des contrôles sanitaires et phytosanitaires sur les denrées d’origine animale, les végétaux et produits végétaux et sur les animaux vivants qui entrent sur le territoire de l’UE. Depuis la crise du Covid, l’enjeu pour la Cheffe du poste de contrôle frontalier du Havre, Sophie Andreïs, a été de réussir à maintenir cette mission essentielle pour la sécurité sanitaire et alimentaire des Français.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées du fait de la crise Covid-19 ?

Au Havre, notre activité est restée stable du 15 mars au 15 avril 2020 par rapport au mois précédent (1 237 dossiers contrôlés). On a cependant enregistré une baisse d’activité de 22% en 2020 par rapport à la même période de 2019 du fait notamment de la diminution des arrivages de Chine due à l’épidémie.

Au regard de nos missions, il était impératif dès le début de la crise que des agents puissent continuer à travailler en présentiel afin de contribuer au maintien de la qualité sanitaire de l’approvisionnement alimentaire de la population. La principale difficulté pour le PCF du Havre a été de poursuivre l’activité de contrôle avec un effectif sur site restreint à 8 personnes, malgré une activité globalement stable.

Quelles sont les principales adaptations mises en place pour permettre la continuité d’activité du poste de contrôle frontalier du Havre ?

Le plan de continuité d’activité du Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières (SIVEP) a instauré, dès le 16 mars, la dématérialisation des procédures, l’arrêt de certaines missions non prioritaires et la limitation des contrôles dans les entrepôts, ces inspections se faisant sur le site du PCF. Grâce à ce plan ainsi qu’à la grande motivation et la disponibilité de tous les agents du PCF du Havre, nous avons pu assurer la continuité de service.

Outre la mise à disposition d’équipements de protection pour les agents, les déplacements des personnes de l’équipe et des professionnels ont été limités au maximum, des distances de 1 mètre ont été matérialisées au sol dans les lieux d’accueil et une partie des contrôles documentaires ont été réalisés en télétravail pour soutenir les agents présents sur le lieu de travail.

Quels changements de pratiques liés à la crise pourront être pérennisés ?

La mise en place de la dématérialisation, qui avait été initiée avant le confinement, a été nécessaire pour assurer la continuité de service. Cela fera partie des procédures qui seront pérennisées et développées.
Pouvez-vous nous parler d’une initiative originale et solidaire mise en place par l’équipe dans ce contexte de crise ?

L’équipe du PCF du Havre est très soudée. Outre la livraison de « douceurs » par des agents pour les personnes présentes, dans le respect des gestes barrières, une agente a assuré la confection de masques en tissus pour le reste de l’équipe, dès le début du confinement.

Le SIVEP

Le Service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire aux frontières de la Direction générale de l'Alimentation (DGAL) du ministère de l'Agriculture pilote et coordonne l’activité des postes de contrôle frontaliers (PCF) situés dans des ports et aéroports français ou dans certains points de contrôle routiers comme le Marché Saint-Charles de Perpignan ou Rungis.

Au sein de ces PCF sont notamment réalisés :

  • le contrôle phytosanitaire des végétaux, afin de s’assurer de l’absence d’organismes nuisibles pour les cultures et l’environnement ;
  • le contrôle sanitaire des denrées alimentaires d’origine animale et des animaux vivants, afin de s’assurer de l’absence d’organismes pathogènes pour la santé humaine et/ou la santé animale.

Du 15 mars au 15 avril 2020, 6 178 envois ont été contrôlés dans les PCF français, dont 4 672 envois de végétaux, 34 d’animaux vivants et 1 472 de produits d’origine animale.

Par exemple, ces contrôles ont permis l’entrée de 1 050 envois de produits de la pêche, de près de 22 000 tonnes d’agrumes, de 9 000 tonnes de tomates ou encore de 400 tonnes de semences de maïs et de tournesol.