Charles Monville, la passion de l’élevage

Charles Monville, « coup de cœur du public » des Trophées de l’agriculture durable 2013, élève plusieurs milliers de poulets par an, en agriculture biologique. Un « rêve d’enfant » qu’il a concrétisé en 2010, après une reconversion professionnelle.

Charles Monville, la passion de l’élevage © Cheick Saidou / Min.agri.fr
Après plusieurs années passées chez Nature et Découvertes, en tant que directeur régional, Charles Monville a changé de cap en devenant éleveur. Une envie remontant à son enfance passée dans un petit village près de Rouen. « Tout petit et jusqu’à l’âge de 18 ans, j’allais chercher le lait et les œufs à la ferme à côté de chez moi. » C’est sur le plateau de Saclay, à Bièvres, dans l’Essonne, qu’il a franchi le pas en 2010, après avoir effectué un stage chez un ami d’enfance, Nicolas Petit, éleveur de poulet bio dans le Gers, et passé les diplômes requis pour devenir responsable d’exploitation agricole.

Sur ses 4 hectares de terres, il élève 6 à 7 000 poulets de chair par an, ainsi que des poules pondeuses de race Marans, le tout en agriculture biologique. Pour les fêtes de fin d’année, cet agriculteur produit même des chapons et des poulardes. Charles Monville attache une grande importance à préparer lui-même les mélanges de céréales destinés à l’alimentation de ses volailles, grâce aux cellules installées dans son bâtiment agricole. Véritable passionné, il s’occupe aussi de l’abattage de ses volailles, aidé par quelques personnes employées spécialement pour cette tâche. Un aspect de son métier qu’il apprécie moins, même si, « une fois les volailles plumées, la qualité de la chair ressort, et on peut se féliciter du travail effectué  ».

Du producteur au consommateur

L’exploitation de Charles Monville réserve bien des surprises. Afin d’avoir un contact direct avec sa clientèle, il a décidé de vendre ses produits sur sa ferme, dans un véritable petit magasin. La vente en circuit court lui permet d’échanger avec ses clients – lui qui est « seul sur l’exploitation une partie de la semaine » – et de leur faire découvrir ce qu’il appelle « le goût du poulet fermier  ». Un concept qui est loin de déplaire à ses fidèles acheteurs comme Danièle, membre de l’AMAP Les Jardins de Cérès à laquelle appartient Charles Monville. «  Je ne vois pas pourquoi j’irais chercher mes produits ailleurs, alors que je peux les avoir ici. D’autant plus que je peux vérifier la façon dont ils sont élevés, et c’est important pour moi  », explique-t-elle.

Une ferme 100 %« écolo »

Charles Monville a aussi fait le choix d’installer une cuve de récupération d’eau d’une capacité de 10 000 litres sous son terrain et des panneaux photovoltaïques sur sa toiture pour lui permettre de nettoyer, chauffer et allumer le bâtiment agricole. Il a également planté des arbres fruitiers pour recréer de la biodiversité et des zones d’ombres. L’avenir de la ferme ? «  Continuer dans le respect de l’équilibre de la nature à travers une démarche de développement durable, car, pour moi, c’est l’avenir de notre système agricole  », raconte-t-il. Et pourquoi pas se diversifier avec un autre type d’élevage comme celui des agneaux, mais toujours en plein air.

Le coup de cœur du public

Pour faire connaître les Trophées de l’agriculture durable au plus grand nombre, le ministère de l’agriculture a souhaité pour la première fois, en 2013, faire participer ses lecteurs à travers un concours Facebook. Charles Monville, éleveur de volailles bio dans l’Essonne, a alors été élu « coup de cœur du public » avec plus de 600 votes sur 2 000 environ. Une opération qui a permis de sensibiliser le public aux problématiques liées à l’agro-écologie à travers la mise en avant d’hommes et de femmes qui travaillent au quotidien pour promouvoir une agriculture à la fois productive et respectueuse de l’environnement.

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