26 février 2025 Info +

Avant-propos des ministres Agnès Pannier-Runacher et Annie Genevard

Agnès Pannier-Runacher Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche

Agnès Pannier-Runacher
Ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche

Véritable trésor national, façonnée par des générations de forestiers à travers les siècles, la forêt est au coeur d’un cercle vertueux, essentiel à la fois pour notre économie, notre environnement et, plus largement, la société toute entière.

La forêt, c’est à la fois un lieu d’accueil du public, un refuge pour la biodiversité, un puits de carbone naturel, et notre fournisseur en bois, matériau écologique par excellence, alternative à de nombreux produits de consommation et matériaux de construction. Toutefois, aujourd’hui, nos forêts sont frappées de plein fouet par le dérèglement climatique : dépérissements, incendies et attaques de parasites la mettent en danger.

Pour y faire face, un effort massif est engagé et doit être poursuivi pour l’atténuation mais aussi l’adaptation de nos forêts face aux effets du changement climatique. C’est le sens de l’action de la France en faveur d’une gestion durable et ambitieuse de ses forêts. Un travail, partenarial, est enclenché avec tous les acteurs concernés : l’ONF(1), gestionnaire de la forêt publique, les communes et coopératives forestières, le CNPF(2) et les propriétaires privés, l’IGN(3), les instituts de recherche, ainsi que la filière forêt-bois avec toutes ses composantes.

Le monde forestier a besoin de visibilité. C’est l’objet de la planification écologique, qui fixe un cadre, un cap. Grâce au renouvellement forestier, je veux adapter nos forêts et les rendre plus résilientes face aux menaces, qu’elles soient de nature sanitaire ou liées au risque incendie. Pour qu’elles survivent, je veux diversifier les essences au sein de nos forêts – cela les rend plus résilientes et favorise la biodiversité.

La forêt, c’est le trait d’union invisible qui relie nos grands-parents et nos petits-enfants. Si nous agissons avec attention, ce que nous plantons aujourd’hui résistera au temps et constituera la forêt française du 21e siècle. C’est ensemble, par la mobilisation de tous les acteurs, passionnés, engagés, que nous pourrons répondre aux immenses défis qu’affrontent nos forêts.

(1) Office national des forêts
(2) Centre national de la propriété forestière
(3) Institut géographique national


Annie Genevard, ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

Annie Genevard
Ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire

La forêt française est un atout formidable pour notre pays. Forte de sa diversité, elle rend de nombreux services : stockage de carbone, production de produits biosourcés pour l’énergie et la construction, refuge et habitat pour la biodiversité, espace de récréation prisé des citoyens, qu’ils soient des amoureux de la nature ou de sports en extérieur. C’est dans le respect de cette multifonctionnalité, inscrite dès les premiers articles du Code forestier, que nous relevons ensemble les nombreux défis qui se présentent à nous : protéger la biodiversité forestière tout en adaptant nos massifs au changement climatique, alors que le dépérissement, les attaques sanitaires – notamment de scolytes – et le risque incendie progressent.

La dynamique engagée par le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire depuis 2021 dans le domaine forestier porte déjà ses premiers résultats en forêt publique comme privée : ce ne sont pas moins de 46 000 hectares qui ont été renouvelés pour plus de 200 millions d’euros d’aides mobilisées par France Relance puis France 2030. En 2024, le fonds pérenne de renouvellement forestier a pris la suite dans le cadre de France Nation Verte avec l’objectif ambitieux d’adapter en 10 ans les 10 % de forêts les plus vulnérables au changement climatique. Ce renouvellement forestier s’inscrit résolument dans une ambition de gestion durable de la forêt avec des critères d’éligibilité aux dispositifs disposant de l’obligation de mise en place de plans de gestion durable et de diversification des plantations autour d’essences adaptées à la nouvelle donne climatique. En forêt publique, le chêne est ainsi la première essence plantée et l’ONF mène des expérimentations sur des "îlots d’avenir" en forêt domaniale.

L’engagement du Gouvernement ne s’arrête pas à la politique de renouvellement. C’est l’ensemble de la filière qui est accompagné, les pépiniéristes pour produire plus de plants et diversifier les productions, les collectivités territoriales avec l’aide à l’achat de matériel de défense des forêts contre les incendies (DFCI), et les entreprises du bois pour relocaliser la transformation en France et décarboner notre économie en substituant des produits polluants par des produits issus de la forêt.

Il n’y aura pas de neutralité carbone pour notre pays en 2050 sans mobilisation de la forêt, des forestiers et des entrepreneurs du bois. En investissant massivement dans la filière forêt-bois, le Gouvernement montre sa détermination à affronter le défi climatique et à réindustrialiser notre pays en nous appuyant sur des matériaux biosourcés et écologiques.

Il nous appartient désormais, avec le ministère de la Transition écologique, de maintenir cet effort dans le temps. En 2025, malgré les lourdes contraintes budgétaires, l’accompagnement pour assurer l’avenir de nos forêts se poursuivra.

Unis par une ambition commune, nos ministères déploieront donc toute leur énergie pour faire face aux grands enjeux de la filière, afin que la forêt française puisse bénéficier à nos enfants et nos petits-enfants comme elle bénéfice aujourd’hui aux femmes et hommes qui la chérissent.

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