Alain Moulinier, nouveau vice-président du CGAAER, une "maison" qu'il connait bien
© Xavier Remongin / Min.Agri.Fr

Alain Moulinier a été nommé vice-président du CGAAER, le conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux, le 6 août 2016. Une "maison" qu'il connaît bien puisqu'il y a présidé successivement deux sections ces huit dernières années : "forêts, eaux et territoires" et "économie, filières et entreprises". Une marque de confiance dont il se montre évidemment très fier, tant il mesure la capacité de cette "belle institution" à se mobiliser sur des sujets extrêmement diversifiés, et parfois même "exotiques".

  • Pouvez-vous rappeler les missions du CGAAER ?

Présidé par Stéphane Le Foll, le CGAAER contribue à la conception et à l'élaboration des politiques publiques du ministère. Il compte 140 membres (ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, inspecteurs généraux de la santé publique vétérinaire et inspecteurs généraux de l'agriculture). Au total, avec le personnel intervenant en appui, il emploie 170 personnes. Il est organisé en sept sections, chacune correspondant à une thématique sectorielle ou à une méthodologie. Les missions du CGAAER couvrent ainsi un large spectre : audit, inspection, conseil, médiation, expertise, évaluation, prospective...

  • Comment définiriez-vous votre rôle de vice-président ?

Il s'agit tout d'abord d'animer le conseil, avec l'appui des sections, en sachant qu'au CGAAER tous les membres exercent à parité. Ensuite, je dois veiller à établir un lien constant avec le ministre et son cabinet, mais aussi avec le secrétariat général et l'ensemble des directions de l'administration centrale. Au CGAAER, nous nous plaçons en anticipation de tous les sujets que l'on va nous demander de traiter. Le programme annuel de travail que nous proposons est arbitré par la directrice de cabinet, qui est notre commanditaire. Enfin, en tant que vice-président, je dois maintenir des relations permanentes avec les autres conseils généraux (celui de l'économie ou de l'écologie et du développement durable par exemple), et avec les inspections générales des autres ministères. Nous intervenons en effet sur de nombreuses missions interministérielles (écologie / développement durable, enseignement supérieur / recherche, aménagement des territoires/ ruralités, développement industriel...).

Ce programme de travail représente seulement la moitié des missions qui nous sont confiées, sur des sujets dit "structurants". L'autre moitié est requise en réponse à l'actualité "chaude", faisant constamment émerger de nouvelles thématiques.

  • Au vu des faits marquants du premier semestre 2016, quels sont les axes de travail prioritaires pour ces prochains mois ?

La dernière assemblée générale du CGAAER a eu lieu le 7 septembre, en présence de Stéphane Le Foll. Le ministre a souligné toute l'utilité de notre action, plus particulièrement lors de la préparation de la COP21, sur la question de la compétitivité ou encore pour faire face à des crises sectorielles sanitaires (l'influenza aviaire par exemple) ou économiques (contractualisation laitière dans le contexte de la fin des quotas par exemple).

Pour ces prochains mois, il a défini quatre sujets prioritaires :

  • Nous allons tout d'abord nous pencher sur la gestion des risques et aléas (économiques, climatiques, sanitaires) et donc sur les dispositifs assurantiels. Les agriculteurs ne sont pas suffisamment armés pour faire face aux crises. Les instruments nationaux et communautaires apparaissent insuffisants. C'est l'un des enjeux de l'évolution de la future PAC. Nous rendrons des premiers éléments à la fin de l'année pour nourrir cette réflexion.
  • Par ailleurs, nous allons nous concentrer sur la mise en oeuvre du projet agro-écologique pour la France. Deux missions sont en cours concernant le développement des groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) et sur les modalités de pilotage de ce projet. Les recommandations qui en découleront serviront de point d'appui pour l'élaboration d'un plan d'action général.
  • Troisième axe d'intervention : l'appui du comité de rénovation des normes en agriculture (CORENA) installé en mars 2016 par le Premier ministre et présidé par Pierre-Etienne Bisch. Notre rôle consiste à anticiper les futures réglementations communautaires et nationales et à proposer des simplifications, dans le cadre de groupes de travail réunissant toutes les administrations et les professionnels concernés.
  • Quatrième et dernière commande ministérielle : la coopération avec le ministère de l'agriculture du Sénégal, qui souhaite développer son appareil de développement agricole, en structurant notamment la représentation professionnelle et interprofessionnelle. Le CGAAER interviendra conjointement avec les chambres d'agriculture françaises, pour approfondir cette réflexion, qui a émergé lors du déplacement de Stéphane Le Foll en Afrique de l'ouest en juillet dernier.

Parallèlement à ces quatre dossiers phares, d’autres sujets de fond restent toujours d'actualité : la compétitivité dans les secteurs de l'agriculture, de l'agroalimentaire et dans la filière forêt, les relations entre agriculture et environnement (avec notamment la problématique de l'eau et le plan Ecophyto), ou l’émergence du numérique dans l’enseignement.

  • Par quels moyens de communication valorisez-vous l'action du CGAAER ?

En 2015, nous avons produit 235 rapports d'audit, d'inspection, de conseil d'évaluation ou de présidence de jury. Notre volonté est de diffuser le plus largement possible nos travaux, pour alimenter le débat public. Ces rapports sont d'ailleurs disponibles sur Intranet et sur le site Alim'agri. Actuellement, ils sont enregistrés au fil de l'eau, leur classement est simplement chronologique. Nous souhaitons faciliter l'accès à ces documents en structurant la recherche par thématique et/ou par mot-clé.

Nous éditons par ailleurs une lettre d'information électronique tous les mois, pour présenter ces travaux. Elle compte 10 000 abonnés : des agents du ministère, mais aussi des professionnels du monde agricole et du secteur agroalimentaire, des universitaires... et quiconque en fait la demande.

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