Vœux CGAAER 2021

crédit ci-après
Xavier Remongin / agriculture.gouv.fr
En formulant auprès de tous des vœux tant personnels que professionnels pour 2021, Alain Moulinier a rappelé que la crise sanitaire qui a bouleversé l'année écoulée, nous a montré que plus le monde est relié, plus l’idée de frontières étanches entre « les partenaires du vivant », comme le dit si bien Erik Orsenna, est une idée fausse.

La pandémie a provoqué une véritable crise de la mondialisation, mettant en évidence la dépendance dans laquelle se trouvent de très nombreuses chaînes de valeur. Pourtant, cette crise a aussi mis en évidence la nécessité absolue de la coopération internationale.

Malgré les confinements successifs, l’activité du CGAAER est restée très soutenue, analogue à celle d’une année normale avec près de 200 missions réalisées. On note une augmentation des missions interministérielles. La caractéristique principale de 2020 est l’accomplissement de nombreuses missions consacrées à la gestion de la crise COVID, ainsi qu'à la définition et à la mise en place des mesures du plan de relance.

L’éventail de nos missions en 2020 fut aussi large que d’habitude. On peut citer les missions liées à la souveraineté alimentaire, à la transition agro-écologique et au changement climatique, à la diminution de l’usage des produits phytopharmaceutiques, à la meilleure prise en compte du bien-être animal, à l'amélioration de l’attractivité de l’enseignement agricole, à la gestion des fonds communautaires, sans oublier les plus de 60 audits conduits sur le FEAMP, l'étude prospective Agri2050 et la participation à plusieurs missions parlementaires...

Pour 2021, notre plan de charge devrait rester fourni. Il s’agira tout d’abord d’accompagner la mise en œuvre opérationnelle du plan de relance.

Nous préserverons notre organisation en mode projet sur des sujets sensibles comme la mise en œuvre du Brexit, la sortie du glyphosate, la prévention du suicide des agriculteurs, la gestion partagée des ressources en eau…

Nous poursuivrons naturellement les missions d’audit, d’évaluation de politiques publiques, de jurys de concours, de suivi interministériel des DDI, qui concourent à la bonne marche de notre administration.

Pour conclure, trois leçons peuvent être tirées de la crise sanitaire qui se poursuit encore en 2021.

La première est que les émissions de CO2 sur notre planète enregistrent une baisse record, de l’ordre de 7 %. Certes, il faut relativiser puisque ce reflux sera certainement suivi d’un rebond avec la reprise économique que nous espérons tous. Cette diminution de 7 % correspond à ce à quoi il faudrait parvenir chaque année pour rester sur une trajectoire de 2°C. Ce n’est pas une réduction de l’activité qui nous mettra durablement sur la bonne trajectoire, mais un changement du mode de fonctionnement de nos sociétés, changement dans lequel l’agriculture, l’alimentation et la forêt tiennent une place majeure.

La deuxième leçon est la démonstration de toute la pertinence du concept de « One Health ». Ce concept nous incite à raisonner système, à faire tomber les cloisons entre les différentes disciplines et à favoriser les coopérations internationales.

La troisième leçon tient au travail formidable réalisé par les chercheurs pour mettre au point des vaccins. Moins d’un an après l’apparition du SARS-COV-2, le monde dispose déjà de deux vaccins affichant une efficacité de plus de 90 %. Cet exploit montre que nous devons renouer avec la confiance dans le savoir. Les solutions existent et elles sont, toutes, filles de la recherche.

Alain Moulinier

Vice-président du Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux