Prévention du mal-être en agriculture : le 14ᵉ Comité national de pilotage réaffirme une mobilisation interministérielle
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Le mardi 30 juin 2026, le ministère de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire a accueilli le 14ᵉ Comité national de pilotage (CNP) du Plan de prévention du mal-être en agriculture, présidé par son coordinateur national interministériel, Olivier Damaisin.
Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, a ouvert la réunion par un discours dans lequel elle a réaffirmé son engagement dans la prévention et la lutte contre le mal-être des agriculteurs. Alors que le monde agricole traverse une période particulièrement exigeante, marquée par des difficultés multiples, notamment économiques et climatiques, la ministre a salué le travail et le courage des agriculteurs et a rappelé la nécessité de mieux reconnaître l'engagement quotidien de celles et ceux qui nourrissent le pays.
« Nous ne gagnerons pas la bataille de la souveraineté alimentaire sans nous préoccuper du moral et de la santé des agriculteurs et de leurs salariés. »
Ministre de l'Agriculture, de l'Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire

Plus de 60 participants ont pris part aux échanges, en présentiel et en visioconférence : services de l'État, Mutualité sociale agricole (MSA), organisations professionnelles agricoles, syndicats, associations, partenaires bancaires et mutualistes, ainsi que de nombreux professionnels mobilisés au quotidien dans la prévention du mal-être en milieu rural et agricole.
Un devoir politique et moral
La ministre a également rappelé que le taux de suicide chez les agriculteurs est supérieur de 43 % à celui des assurés des autres régimes de sécurité sociale, une situation que la canicule actuelle et ses conséquences sur les élevages et les cultures pourraient encore aggraver. Elle a salué le travail des 93 coordinateurs départementaux et des plus de 10 500 sentinelles agricoles de la MSA qui repèrent et accompagnent chaque jour les agriculteurs en difficulté. À ce titre, la ministre a appelé à mieux organiser la remontée de données sur la santé mentale des agriculteurs, afin de mieux orienter l'action publique.
Violences faites aux femmes : un fil rouge de la séance
Chaque année, près de 400 000 femmes déclarent être victimes de violences conjugales. Roxana Maracineanu, ancienne ministre et secrétaire générale de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences (MIPROF), a annoncé, à l’occasion de ce comité, la signature d’une convention avec l'Ordre des vétérinaires afin de mieux détecter les violences intrafamiliales, ces professionnels étant souvent en première ligne dans les fermes, au contact direct des agriculteurs. Les Centres d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), la MSA et l'association Solidarité Paysans ont complété ces échanges en présentant leurs actions de proximité, du livre blanc sur les femmes en agriculture au Pack nouveau départ.
Faire de la santé mentale une priorité nationale
Sylviane Gollard, secrétaire générale de la délégation ministérielle à la santé mentale et à la psychiatrie, appelée à devenir prochainement une délégation interministérielle, a dressé le bilan de la grande cause nationale 2025-2026 et a rappelé la nécessité d’avoir une approche interministérielle. La Direction générale du travail a également présenté le Plan Santé au travail 2026-2030, construit autour de la prévention, de la préservation de la santé au travail et des risques émergents, avec la santé mentale et la santé des femmes comme priorités transversales.
Écoute et accompagnement des agriculteurs
La Caisse centrale de la Mutualité sociale agricole (CCMSA) a constaté un doublement du nombre d’appels reçus par Agri’écoute depuis la relance de sa campagne de communication et a annoncé la prochaine mise en place d’un accueil en créole aux Antilles. Un agriculteur en difficulté, ou l'un de ses proches, peut également composer le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et disponible 24 heures sur 24. Pierre Rebeyrol, adjoint au directeur Compétitivité de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE), a par ailleurs présenté le dispositif France Services Agriculture, qui devra, à partir du 1er janvier 2027, accompagner cédants et repreneurs. Il est également revenu sur les évolutions du dispositif d'Aide à la relance des exploitations agricoles (AREA), qui aide les exploitations en difficulté à restructurer leurs dettes.
Une situation économique qui appelle à la vigilance
Les difficultés économiques et financières auxquelles sont confrontées les exploitations constituent l'un des principaux facteurs de mal-être. Xavier Clémence, de la Direction des affaires civiles et du Sceau au ministère de la Justice, a fait état, pour 2025, de 673 règlements amiables agricoles (+39 %), 1 278 défaillances d'entreprises agricoles (+21 %) et 445 liquidations judiciaires (+13,5 %). Des chiffres qui traduisent une réalité vécue par un nombre croissant de familles, et qui rappellent l'importance d'agir tôt, avant que les difficultés ne deviennent insurmontables.
Poursuivre l'action, ensemble
Olivier Damaisin a clôturé les échanges en remerciant l'ensemble des participants pour la qualité et la transparence des débats. Il a insisté sur la nécessité de « remettre de l'humain » au cœur de l'action publique, rappelant l'engagement constant de la mission interministérielle et de l'ensemble des professionnels et partenaires mobilisés aux côtés des agriculteurs. Le prochain Comité national de pilotage devrait se tenir autour de la mi-septembre 2026.
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