22 mars 2024 Publication

Ostéopathie animale : évaluation du dispositif de l’épreuve d’aptitude et de l’enseignement dispensé par les établissements de formation

  • Hanane BOUTAYEB
  • Pierre LECOULS

Le CGAAER a été chargé de réaliser un état des lieux du secteur de l’ostéopathie animale, d’évaluer l’épreuve d’aptitude à laquelle doivent se soumettre les personnes non vétérinaires souhaitant pratiquer l’ostéopathie animale, de recenser les établissements l’enseignant et d’apprécier leurs référentiels de formation.

Bandeau la Lettre du CGAAER n°182 février mars 2024

Rapport de mission ministérielle de conseil n° 23025

Juillet 2023

Enjeux

Pour pratiquer des actes d’ostéopathie animale, les non vétérinaires, formés plusieurs années dans des établissements privés d’enseignement ou de formation continue, dont le nombre est croissant, doivent réussir une épreuve d’aptitude pilotée par l’Ordre des vétérinaires. Or, l’épreuve est jugée par certains trop sélective (taux de réussite de l’ordre de 50%) et complexe à mettre en œuvre. Par ailleurs, les écoles se livrent à une rude concurrence et accueillent de plus en plus d’étudiants dans cette formation d’un coût élevé et attractive auprès des jeunes. Effectuer une analyse démographique, évaluer le dispositif de l’épreuve d’aptitude, apprécier les référentiels de formation ainsi que la qualité de l’information accessible aux postulants apparaissent nécessaires.

Méthodologie

La mission a examiné les documents directement accessibles ou fournis par les interlocuteurs rencontrés. De nombreux entretiens ont été menés avec les administrations et organisations professionnelles concernées, des praticiens de l’ostéopathie, des établissements d’enseignement ou des étudiants. Un sondage a été réalisé auprès des 21 écoles recensées. La mission a visité 4 écoles et assisté à une épreuve pratique d’admission.

Résumé

Deux types de personnes sont autorisés à exercer des actes d’ostéopathie animale : les vétérinaires et les personnes qui ont réussi l’épreuve d’aptitude et qui sont inscrites au répertoire national d’aptitude (RNA) et au registre d’exercice tenus par l’Ordre des vétérinaires.

En juin 2023, 839 ostéopathes non vétérinaires sont inscrits au RNA et environ 800 vétérinaires déclarent cette compétence à l’Ordre. L’évaluation de l’adéquation entre les besoins du terrain et l’offre en compétences ostéopathiques nécessiterait un dispositif dédié à la collecte de données et à l’analyse socio-économique du secteur ou un observatoire l’assurant. Des informations reçues, certaines catégories d’animaux et zones géographiques apparaissent d’ores et déjà saturés par l’offre qui s’accroît à proportion du nombre d’établissements de formation à l’ostéopathie animale. Parmi les 21 écoles recensées mi-2023, 11 ont été créées les 5 dernières années. Toutes ces écoles accueillent au total 2 000 apprenants.

L’épreuve d’aptitude n’est majoritairement pas remise en question. Elle permet de s’assurer que les candidats, issus d’écoles de niveaux hétérogènes, disposent d’un socle pertinent de connaissances y compris déontologiques. Le dispositif doit toutefois évoluer notamment pour être en capacité d’évaluer un nombre croissant de candidats dans un délai raisonnable. Il doit également permettre de disposer d’indicateurs de réussite, partagés avec les écoles, dont la publication soit juridiquement inattaquable.

Les établissements d’enseignement présentent une forte hétérogénéité dans leur organisation, dans leur fonctionnement et en termes de résultats de leurs élèves à l’épreuve d’aptitude. La mission préconise que des référentiels communs de compétences et de formation soient élaborés, démarche préalable à une plus grande homogénéisation des enseignements.

Une hausse du niveau de la formation de ces établissements pourrait passer par l’adoption du statut d’établissement d’enseignement supérieur privé libre, complétée d’une certification de service institutionnelle d’adhésion volontaire. La mission considère qu’un recrutement en post Bac+2 en formation scientifique serait une mesure intéressante.

Le ministère est invité à travailler davantage avec les organismes institutionnels d’information des jeunes (ONISEP, CIDJ) pour que ceux qui souhaitent s’investir dans les formations d’ostéopathie animale puissent faire leur choix de façon éclairée.

Ces dispositions bénéficieraient aux apprenants, issus de l’enseignement ou en reconversion professionnelle, qui ont intérêt à ce que les formations dispensées leur offrent un maximum de chances de réussite.

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